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Actualités - Chronologie

Bras de fer modérés-conservateurs iraniens autour d'un journal

Le bras de fer larvé entre modérés et conservateurs en Iran tourne désormais à une bataille autour de la presse, principalement du quotidien «Jaméh», interdit et qui a reparu d’abord sous le nom de «Tous» puis sous celui de «Aftab-é-Emrouz», ce qui provoque l’ire des intégristes. Ceux-ci ont organisé une manifestation d’intimidation devant les locaux du journal pour en exiger la fermeture définitive, quel que soit le titre qu’il se choisit. Les manifestants, qui se réclamaient du groupe intégriste Hezbollah, se sont dispersés après avoir lancé «des avertissements aux responsables» du journal. Ils ont aussi mis en garde le ministre de la Culture Ataollah Mohadjerani contre «la poursuite de la parution du journal sous un nouveau nom». Le quotidien «Jaméh» (Société), qui a choisi pour nouveau titre «Tous», du nom d’un village iranien, est sous le feu des conservateurs qui l’accusent de «violation de la loi» en paraissant sous un nouveau nom après sa fracassante interdiction par la justice iranienne la semaine dernière. Les manifestants rassemblés devant les locaux du journal à Téhéran ont empêché ses journalistes d’y entrer ou d’en sortir. A son arrivée, au journal, le rédacteur en chef du journal, Machallah Chamsolvaézine, a été brutalement molesté et insulté par des manifestants. Les forces de l’ordre présentes ont convié M. Chamsolvaézine à monter dans un véhicule de la police, mais ce dernier a quitté les lieux à bord d’une voiture appartenant visiblement à des amis. Après plusieurs slogans hostiles au ministre de la Culture, la police est intervenue et a demandé aux manifestants «de ne pas insulter les responsables, faute de quoi ils seraient dispersés». Un journaliste iranien de l’agence américaine Associated Press a été violemment pris à partie par des manifestants en colère. Finalement, des représentants des manifestants ont affirmé à la presse qu’ils mettaient fin à leur mouvement «par respect de la loi». Les manifestants ont obtenu gain de cause puisque la justice iranienne a interdit de publication «Tous», nom que s’est donné «Jaméh». Nouveau quotidien La justice avait confirmé en appel la fermeture de «Jaméh», accusé d’avoir publié des «informations mensongères et perturbé l’ordre public». Le quotidien «Tous» avait le même personnel rédactionnel et présente la même mise en page que «Jaméh». Cette interdiction survenait également au lendemain d’une attaque du chef du pouvoir judiciaire, l’ayatollah Mohammad Yazdi, contre la publication de «Jaméh» sous le titre de «Tous». Le chef de la justice a affirmé que la publication du journal sous un nouveau nom était «illégale» et demandé au ministère de la Culture de réagir à cette violation de la loi. Hier, «Tous» est sorti sous un nouveau nom: «Aftab-é-Emrouz» (soleil d’aujourd’hui), avec une mise en page presque identique et la même équipe rédactionnelle. Mohammad-Hassan Sazéghara, directeur général du nouveau quotidien, est le même que celui de «Jaméh» et de «Tous». Le nouveau quotidien est publié par «Jaméh-Rouze Publishing Co», imprimerie appartenant au journal «Jaméh», considéré comme favorable au président Mohammad Khatami. Par ailleurs, la presse s’est enrichie hier d’un nouveau quotidien en persan, «Arya» (Aryen), qui se veut apolitique et populaire. Le directeur d’«Arya», Mohammad-Reza Zohdi, journaliste de la presse écrite depuis une dizaine d’années, affirme que son journal «n’a pas de tendance politique particulière». «Nous voulons être avant tout un journal ayant pour mission d’informer les gens», a indiqué M. Zohdi, ajoutant vouloir «refléter les points de vue de toutes les tendances et factions politiques du pays afin de permettre aux lecteurs de juger d’eux mêmes». Au total, les autorités iraniennes ont annoncé avoir autorisé la publication de près de 1.000 titres, soit presque le double de ce qui existait avant l’arrivée au pouvoir du nouveau président Mohammad Khatami en mai 1997. l La France a libéré Massoud Hendi, un Iranien impliqué dans l’assassinat en 1991 près de Paris de l’ancien premier ministre iranien Chapour Bakhtiar et condamné en 1994 à dix ans de réclusion, à trois semaines de la visite à Téhéran du chef de la diplomatie française Hubert Védrine. Le ministère des Affaires étrangères à Paris n’a pas précisé les raisons qui ont motivé cette libération anticipée. Le ministère de la Justice a indiqué que Massoud Hendi avait été libéré le 30 juillet après avoir bénéficié d’une remise de peine, mais sans aucune mesure de grâce. Selon son frère, l’activiste iranien est arrivé à Téhéran «après avoir été gracié» par les autorités françaises. Chapour Bakhtiar, dernier premier ministre du chah d’Iran, avait été assassiné le 6 août 1991.
Le bras de fer larvé entre modérés et conservateurs en Iran tourne désormais à une bataille autour de la presse, principalement du quotidien «Jaméh», interdit et qui a reparu d’abord sous le nom de «Tous» puis sous celui de «Aftab-é-Emrouz», ce qui provoque l’ire des intégristes. Ceux-ci ont organisé une manifestation d’intimidation devant les locaux du journal pour en exiger la fermeture définitive, quel que soit le titre qu’il se choisit. Les manifestants, qui se réclamaient du groupe intégriste Hezbollah, se sont dispersés après avoir lancé «des avertissements aux responsables» du journal. Ils ont aussi mis en garde le ministre de la Culture Ataollah Mohadjerani contre «la poursuite de la parution du journal sous un nouveau nom». Le quotidien «Jaméh» (Société), qui a choisi pour nouveau titre...