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Actualités - Chronologie

La trêve est restée lettre morte au Burundi

La trêve conclue entre le régime burundais et les leaders de la rébellion hutue est restée lettre morte sur le terrain, où plusieurs affrontements ont eu lieu depuis deux semaines, malgré une nouvelle session de pourparlers de paix. A Arusha (Tanzanie), où 17 délégations se sont retrouvées du 20 au 29 juillet, pour la deuxième fois en moins de deux mois, les chefs historiques des trois mouvements de la rébellion avaient assuré avoir ordonné à leurs troupes de cesser les hostilités, conformément à une déclaration commune adoptée le 21 juin, à la fin du 1er round de pourparlers. Au même moment, des affrontements éclataient avec l’armée dans le nord-ouest du pays, comme pour indiquer que certains de ces leaders ont perdu le contrôle sur leurs combattants. Selon des bilans de Radio-Burundi et de l’administration locale, non confirmés de manière indépendante, au moins 27 personnes ont été tuées depuis lundi, dans les provinces de Kayanza et de Muramvya, dans le nord-ouest, près de la forêt de la Kibira. Selon des sources humanitaires, l’insécurité a augmenté dans la province de Cibitoke (nord-ouest). Certaines organisations ont également suspendu les distributions alimentaires dans la province de Bururi (sud-ouest). «Il semble que les hommes qui ont signé l’appel au cessez-le-feu ne sont pas ceux qui contrôlent le terrain», indiquait à Arusha un membre de la délégation gouvernementale, demandant au médiateur tanzanien Julius Nyerere de rassembler toutes les tendances de la rébellion. Le Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD), fer de lance de la rébellion hutue, est affaibli depuis quelques mois par une scission entre sa branche politique et sa branche militaire, les Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD). Le leader historique du CNDD, Léonard Nyangoma, ancien ministre de l’Intérieur, a été désavoué par son chef d’état-major, Jean-Bosco Ndyikengurukiye, qui l’accuse en résumé de vivre en exil depuis très longtemps et d’avoir perdu le contact avec la réalité de la guérilla. En conséquence, juste après le premier round des pourparlers de paix, le CNDD-FDD, qui n’était pas invité à Arusha, avait déclaré nul et non avenu l’appel à la cessation des hostilités. L’impossible dilemme Peu après, c’est au sein du Palipehutu qu’ont éclaté des divergences. Une faction dissidente dirigée par le commandant Cassan Kabura, qui contrôle une partie de la province de Cibitoke (nord-ouest), a désavoué la délégation représentant son mouvement. Rejetant d’avance toute décision prise ou à prendre à Arusha en son absence, cette faction dissidente a revendiqué, la semaine dernière, des attaques dans la province de Bujumbura Rual, près de la capitale burundaise. Julius Nyerere, le médiateur du processus de paix, «se trouve pris dans un dilemme impossible: s’il fait venir ceux qui combattent, il légitime l’usage de la violence, s’il ne le fait pas, le cessez-le-feu ne fonctionnera jamais», indique un diplomate occidental. Des consultations informelles ont été tentées pour réunifier les différents mouvements rebelles, pour l’instant sans succès. «Au contraire, les dissidents semblent décidés à faire monter les enchères pour montrer leur importance», ajoute ce diplomate. Cette situation est d’autant plus dangereuse pour les pourparlers de paix qu’elle pourrait bien donner l’occasion aux extrémistes de la minorité tutsie, puissants au sein de l’armée, de répliquer pour torpiller toute chance d’accord qui remettrait en cause leur pouvoir. Le deuxième round des pourparlers s’est achevé mercredi soir sans avoir enregistré de progrès notable, excepté la décision des différentes délégations de se retrouver à la mi-octobre à Arusha. La guerre civile entre l’armée et la rébellion hutue a fait plus de 200.000 morts au Burundi depuis l’assassinat, en octobre 1993, du président hutu élu Melchior Ndadaye. (AFP)
La trêve conclue entre le régime burundais et les leaders de la rébellion hutue est restée lettre morte sur le terrain, où plusieurs affrontements ont eu lieu depuis deux semaines, malgré une nouvelle session de pourparlers de paix. A Arusha (Tanzanie), où 17 délégations se sont retrouvées du 20 au 29 juillet, pour la deuxième fois en moins de deux mois, les chefs historiques des trois mouvements de la rébellion avaient assuré avoir ordonné à leurs troupes de cesser les hostilités, conformément à une déclaration commune adoptée le 21 juin, à la fin du 1er round de pourparlers. Au même moment, des affrontements éclataient avec l’armée dans le nord-ouest du pays, comme pour indiquer que certains de ces leaders ont perdu le contrôle sur leurs combattants. Selon des bilans de Radio-Burundi et de l’administration...