De grandes compagnies chimiques étrangères produisant des pesticides ont fait tester dans des laboratoires de Grande-Bretagne le degré de tolérance de leurs produits sur des cobayes humains, selon des sources concordantes à Londres. Habituellement, les tests consistant à ingérer des pesticides sont effectués sur des animaux, notamment des rats ou des souris, rappelle le quotidien britannique «The Guardian». Dans ce cas précis, les cobayes sont des étudiants, ont été payés 600 livres (996 dollars) pour se prêter aux tests, ajoute-t-il. Deux compagnies au moins, la Chemical Corporation of Commerce, en Californie, et la française Rhône-Poulenc ont fait procéder à de telles expérimentations en Grande-Bretagne, rapporte le journal, sur la base d’un rapport obtenu aux Etats-Unis. Rhône-Poulenc a reconnu avoir commandité une telle expérimentation sur des sujets humains en 1992 «afin de tester le niveau de détection minimal d’un insecticide, l’aldicarb, chez une personne». «Ce niveau est bien en dessous du niveau 1 d’apparition des symptômes», a indiqué la compagnie, précisant n’avoir pas renouvelé l’expérience depuis. Selon le «Guardian», le programme, mené par le laboratoire de recherches Invernesk, en Ecosse, a consisté à faire boire à neuf femmes et trente-huit hommes du jus d’orange contenant une certaine dose de pesticide. Parmi les effets constatés, un des cobayes a abondamment transpiré pendant quatre heures, un autre a été pris de vertiges et un troisième aurait souffert de violents maux de tête. La compagnie américaine aurait de son côté fait effectuer trois expériences par les laboratoires Medeval, à Manchester (Angleterre), pour tester les effets de ses pesticides sur le système nerveux humain. Des nausées et saignements de nez ont été constatés. Interrogés, les deux laboratoires ont refusé de commenter ces informations. Si elles ne sont pas formellement illégales en Grande-Bretagne, ces expériences humaines inquiètent l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA). «Ces tests humains peuvent être utilisés par les fabricants de pesticides pour affaiblir la récente législation américaine, qui s’appuie sur les effets inconnus de ces produits pour exiger de fortes garanties de protection, en particulier à l’égard des enfants», a déclaré un porte-parole de l’agence, cité par le «Guardian». Selon lui, un comité scientifique de l’EPA doit se réunir vendredi et pourrait décider de refuser désormais à prendre en compte les résultats de tout test effectué sur des cobayes humains. (AFP)
De grandes compagnies chimiques étrangères produisant des pesticides ont fait tester dans des laboratoires de Grande-Bretagne le degré de tolérance de leurs produits sur des cobayes humains, selon des sources concordantes à Londres. Habituellement, les tests consistant à ingérer des pesticides sont effectués sur des animaux, notamment des rats ou des souris, rappelle le quotidien britannique «The Guardian». Dans ce cas précis, les cobayes sont des étudiants, ont été payés 600 livres (996 dollars) pour se prêter aux tests, ajoute-t-il. Deux compagnies au moins, la Chemical Corporation of Commerce, en Californie, et la française Rhône-Poulenc ont fait procéder à de telles expérimentations en Grande-Bretagne, rapporte le journal, sur la base d’un rapport obtenu aux Etats-Unis. Rhône-Poulenc a reconnu avoir...
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