A Dubaï, même dans les prisons, les affaires continuent
le 01 août 1998 à 00h00
A Dubaï, principale place commerciale dans le Golfe, les affaires continuent même dans les prisons de cet émirat de la fédération des Emirats arabes unis. Les détenus dans les prisons de l’émirat ou «hôtes», comme les autorités les désignent, ont accès au téléphone et au télécopieur, à des salles de conférences et même à des secrétaires mises à leur disposition pour maintenir l’ambiance d’affaires. «Près du tiers de nos prisonniers sont incarcérés à cause de problèmes financiers et nous pensons qu’il est logique de leur permettre d’arranger leurs affaires pour pouvoir trouver la liberté plutôt que de rester inactifs», affirme le chef de la prison de Dubaï, le brigadier Abbas Ali. «Si un «hôte» ne peut pas communiquer avec le monde extérieur comment peut-il honorer ses dettes?», s’est interrogé ce responsable. Au total, quelque 1.250 hommes et 250 femmes sont incarcérés dans les prisons de Dubaï, dans des locaux séparés. La plupart d’entre eux sont condamnés dans des affaires de fraude, vols et consommation de drogue. Pour le moment, près de 60 détenus ont profité du nouveau centre d’affaires offert par l’administration de la prison. Les «hôtes» doivent payer pour le téléphone et le fax mais les secrétaires sont à la charge de la prison. «Certains ont des affaires à l’extérieur qui nécessitent d’être gérées. Nous ne devons pas laisser ces personnes risquer la banqueroute et nous ne voulons pas affamer leurs familles. C’est mauvais pour eux et pour l’économie», a encore déclaré le chef de la prison. Ordinateurs et salles de sport Les lois de Dubaï prévoient la libération des prisonniers condamnés dans des affaires financières, une fois leurs dettes réglées, quelque soit la durée de leur peine. Cette attitude souple peut paraître étrange dans une région réputée par ses lois strictes inspirées de la charia (loi islamique). «L’islam nous recommande d’aider toute personne, spécialement celles en difficulté. Ces personnes ont tout perdu et si on ne les aide pas qui peut le faire», a souligné ce responsable. Les facilités accordées aux prisonniers s’inscrivent dans le cadre d’un projet de plusieurs millions de dirhams lancé la semaine dernière pour construire une prison cinq étoiles où les «hôtes» auront des télévisions privées, l’air conditionné et des ordinateurs. «Les nouveaux locaux auront des chambres pour deux ou quatre pensionnaires, des postes de télévision et une climatisation centrale. Elle comportera un bloc pour hommes et un bloc pour femmes, et sera équipée d’ordinateurs, d’une bibliothèque et de salles de sport», selon le chef de la prison. Une salle sera ouverte pour exposer et vendre aux écoles et aux résidents dans les Emirats les produits fabriqués par les détenus, a-t-il encore précisé. (AFP)
A Dubaï, principale place commerciale dans le Golfe, les affaires continuent même dans les prisons de cet émirat de la fédération des Emirats arabes unis. Les détenus dans les prisons de l’émirat ou «hôtes», comme les autorités les désignent, ont accès au téléphone et au télécopieur, à des salles de conférences et même à des secrétaires mises à leur disposition pour maintenir l’ambiance d’affaires. «Près du tiers de nos prisonniers sont incarcérés à cause de problèmes financiers et nous pensons qu’il est logique de leur permettre d’arranger leurs affaires pour pouvoir trouver la liberté plutôt que de rester inactifs», affirme le chef de la prison de Dubaï, le brigadier Abbas Ali. «Si un «hôte» ne peut pas communiquer avec le monde extérieur comment peut-il honorer ses dettes?», s’est...
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