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Actualités - Chronologie

Cinquante ans pour lever la honte des stérilisations forcées du nazisme

La honte indicible des jugements prononcés par la justice nazie à l’encontre des «faibles d’esprit», les obligeant à subir une stérilisation, pourrait être enfin levée plus d’un demi-siècle après la Seconde Guerre mondiale. Selon le ministère de la Justice, le Conseil des ministres doit adopter dans le courant du mois de mars un projet de loi annulant ces jugements qui doit être soumis au Parlement avant fin septembre, terme de l’actuelle législature. «La discrimination s’est prolongée jusqu’aujourd’hui», constate amèrement Klara Novak, 75 ans, elle-même victime de ces pratiques d’eugénisme, fondatrice et présidente de la Fédération des victimes de l’euthanasie et des stérilisations forcées, installée à Detmold (ouest). Mme Novak est l’une des 350.000 victimes des stérilisations forcées après la prise du pouvoir par Hitler. 50.000 étaient toujours en vie en 1996, selon l’Office fédéral des statistiques. La première «loi relative à la pureté de la race» a été édictée en juillet 1933, six mois seulement après l’accession de Hitler au pouvoir. Il s’agissait, par le moyen de stérilisations forcées, d’empêcher «les faibles d’esprit et autres éléments de moindre valeur génétique» de donner naissance à des enfants. Des «tribunaux pour la pureté de la race» avait été constitués, sélectionnant selon une procédure expéditive 350.000 «faibles d’esprit», ainsi que des aveugles et des sourds. Quelque 5 à 6.000 femmes et 600 hommes n’avaient pas survécu à l’intervention chirurgicale. «Il est grand temps que nous soyons traités de la même façon que les autres victimes du nazisme», souligne Mma Novak. Sous prétexte que d’autres pays pratiquaient aussi des stérilisations forcées, le programme d’euthanasie des nazis n’a pas été considéré pendant des décennies en Allemagne comme «une loi typique du national-socialisme». En 1988 encore, une tentative de l’opposition écologiste d’obtenir l’annulation des jugements des «tribunaux pour la pureté de la race» avait échoué. L’actuel ministre de la Justice, Edzard Schmidt-Jortzig, estime désormais que ces juridictions relevaient de «tout sauf de l’Etat de droit», comme le déclare son projet de loi. Dans aucun autre pays, il n’y a eu autant de stérilisations forcées, a-t-il noté. Klara Novak ne peut toujours pas expliquer aujourd’hui pourquoi les nazis l’avaient déclarée schizophrène à l’âge de 19 ans. A l’époque, ils lui avaient simplement laissé le choix entre la stérilisation et l’asile psychiatrique. Comme elle avait déjà goûté six mois plus tôt à la psychiatrie nazie, elle avait rapidement fait son choix. «L’examen d’admission était tel que les patients ne retrouvaient plus jamais la raison», se souvient la vieille femme. La levée des jugements nazis ne doit rien changer à l’indemnisation des victimes. Après la guerre n’avaient été dédommagés que ceux qui avaient été stérélisés pour des motifs raciaux, politiques ou religieux, puis plus tard ceux qui purent prouver qu’ils avaient été classés indûment parmi les malades mentaux ou les handicapés congénitaux. Les autres n’avaient reçu qu’en 1980 une indemnisation unique de 5.000 marks (2.800 dollars); ils étaient 14.000. Quelque 9.000 autres victimes reçoivent en plus une rente mensuelle de 100 marks (56 dollars) que le ministère des Finances est prêt à porter à 120 marks en juillet. L’annulation des jugements nazis ne doit donc avoir qu’une portée symbolique. (AFP)
La honte indicible des jugements prononcés par la justice nazie à l’encontre des «faibles d’esprit», les obligeant à subir une stérilisation, pourrait être enfin levée plus d’un demi-siècle après la Seconde Guerre mondiale. Selon le ministère de la Justice, le Conseil des ministres doit adopter dans le courant du mois de mars un projet de loi annulant ces jugements qui doit être soumis au Parlement avant fin septembre, terme de l’actuelle législature. «La discrimination s’est prolongée jusqu’aujourd’hui», constate amèrement Klara Novak, 75 ans, elle-même victime de ces pratiques d’eugénisme, fondatrice et présidente de la Fédération des victimes de l’euthanasie et des stérilisations forcées, installée à Detmold (ouest). Mme Novak est l’une des 350.000 victimes des stérilisations forcées...