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Actualités - Chronologie

Drogue, prostitution , immigration clandestine... La Mafia chinoise prend racine au Japon

Discrètement mais sûrement, la mafia chinoise renforce ses bases au Japon, son champ d’action s’étendant du trafic de drogue à la prostitution en passant par les immigrés clandestins qu’ils font venir dans l’achipel, soulignent les médias japonais. Dans un pays qui reste fier d’être l’un des plus sûrs du monde, les organisations criminelles chinoises, connues sous le nom générique de «Têtes de serpent», ne font pas encore beaucoup parler d’elles. Mais, selon des informations convergentes des grands organes de la presse japonaise, il ne fait pas de doute que leur puissance va croissante. «Les vols, le racket, les enlèvements et les meurtres commis par les membres des syndicats du crime sont courants dans la communauté chinoise» du Japon, explique M. Mo Bangfu, un résident chinois spécialisé dans l’étude des organisations mafieuses. «La communauté chinoise est empoisonnée par les résidents illégaux, les emplois illégaux, la recrudescence du nombre de crimes à caractère haineux qui sont l’œuvre des mafias chinoises», ajoute-t-il dans les colonnes du magazine bimensuel Japan Echo. Parmi ces triades chinoises, la redoutée 14K, une organisation de Hong Kong, compte quelque 1.000 personnes actives au Japon dans des groupes affiliés mais indépendants les uns des autres, affirme le grand quotidien Asahi Shimbun qui cite des informations de la police japonaise. Installée dans des villes comme Tokyo, Osaka (Ouest), Fukuoka (Sud) et Sapporo (Nord), l’organisation 14K est spécialisée dans le trafic de drogue, d’armes et de marchandises contrefaites, les mariages blancs entre des Japonais et des Chinoises qui veulent émigrer au Japon. La 14K contrôlerait à elle seule cinq branches principales et une cinquantaine de groupes plus petits au Japon, selon ce même quotidien. Les premiers gangsters de la 14 K seraient arrivés au Japon au milieu des années quatre-vingt. Les triades chinoises ont investi le quartier du Kabuki-cho dans le secteur de Shinjuku à Tokyo où des centaines de bars et d’autres lieux de divertissements nocturnes attirent chaque soir des milliers de clients. La présence de la mafia chinoise dans ce quartier serait déjà si forte qu’elle représenterait une rude concurrence pour les syndicats du crime japonais, les Yakuza, qui traditionnellement font tourner l’industrie du sexe très prolifique au Japon, selon des sources chinoises informées. Dans d’autres cas, les gangsters chinois mettent sur pied des alliances stratégiques avec les Yakuza pour renforcer leur efficacité. Les Chinois illégaux au Japon, en situation de fragilité extrême puisqu’ils risquent l’expulsion ou la prison s’ils sont découverts, sont des cibles tout particulièrement vulnérables pour les triades chinoises, selon ces sources. Les gangsters peuvent facilement exercer sur eux chantage et menaces de représailles s’ils refusent de payer les sommes demandées, puisque leurs victimes ne peuvent demander la protection de la police. Selon Mo Bangfu, il y a 230.000 Chinois légaux au Japon contre plus de 70.000 illégaux dont les visas de séjour ne sont plus valides ou qui sont arrivés clandestinement sur le territoire japonais. Les enquêtes de la police ont mis à jour des documents qui attestent du haut niveau de sophistication de l’organisation des mafias chinoises. L’an dernier, elle a découvert l’existence d’une «banque» clandestine chinoise qui fonctionnait depuis 1993 pour l’envoi de fonds vers Hong Kong. En novembre 1996, elle a mis la main dans la préfecture de Saitama dans la banlieue de Tokyo sur des documents détaillés sur le fonctionnement d’une «société d’actionnaires» engagée dans le racket des Pachinko, ces billards électriques très populaires au Japon.(AFP)
Discrètement mais sûrement, la mafia chinoise renforce ses bases au Japon, son champ d’action s’étendant du trafic de drogue à la prostitution en passant par les immigrés clandestins qu’ils font venir dans l’achipel, soulignent les médias japonais. Dans un pays qui reste fier d’être l’un des plus sûrs du monde, les organisations criminelles chinoises, connues sous le nom générique de «Têtes de serpent», ne font pas encore beaucoup parler d’elles. Mais, selon des informations convergentes des grands organes de la presse japonaise, il ne fait pas de doute que leur puissance va croissante. «Les vols, le racket, les enlèvements et les meurtres commis par les membres des syndicats du crime sont courants dans la communauté chinoise» du Japon, explique M. Mo Bangfu, un résident chinois spécialisé dans...