Khartoum reconnaît le pluralisme politique mais préfère l'unité des rangs
le 13 mars 1998 à 00h00
Le dirigeant islamiste Hassan Tourabi, président de l’Assemblée nationale soudanaise, a reconnu que le projet de la nouvelle constitution accordait aux citoyens le droit de former des partis politiques mais a marqué sa préférence pour «l’unité des rangs». «Quiconque veut former un parti, laissez-le faire mais sans utiliser la force», a dit M. Tourabi à l’ouverture des débats parlementaires sur le projet, dans des propos rapportés par la presse gouvernementale. «Nous réagirons par la force contre quiconque utilisera la force pour créer un parti», a-t-il averti. M. Tourabi a néanmoins marqué sa préférence pour ce qu’il a appelé «l’unité des rangs», expliquant que c’était le but poursuivi par le gouvernement actuel. «Mais le peuple veut le pluralisme et chacun peut faire ce qu’il veut et former un parti sans utiliser la force», a-t-il dit. Il a accusé la presse soudanaise de se focaliser «uniquement sur les questions du pluralisme et de l’unité, sans prêter attention aux grandes lignes du projet». Les partis politiques ont été interdits après le coup d’Etat militaro-islamiste de 1989. M. Tourabi a critiqué le multipartisme qui précédait: «Ce n’était pas une démocratie, mais une partitocratie dans laquelle la démocratie était corrompue par des élections que seuls les riches remportaient». L’Assemblée nationale (Parlement) a entamé cette semaine l’examen du projet de Constitution et des critiques ont été émises à propos des amendements apportés par la présidence de l’Etat au projet original, selon la presse. Certains députés ont ainsi critiqué les modifications apportées à un alinéa sur les associations politiques, restreignant leur champ d’activités aux domaines social, professionnel et culturel. D’autres députés ont estimé que l’article concernant la nomination d’un premier ministre aurait dû être conservé afin que le Parlement ait une autre personne à interpeller que le président. Des députés ont également estimé que l’amendement d’un article sur l’élection des gouverneurs des Etats était inacceptable. Le document original prévoyait que les gouverneurs soient élus directement mais le texte amendé stipule qu’ils sont élus parmi trois candidats désignés par le président. Les députés membres de la commission constitutionnelle, qui avait élaboré le projet avant qu’il revienne devant les députés après l’approbation du Congrès national, seule organisation politique du pays, et les amendements de la présidence, ont également souligné que le projet ne contenait plus que 145 articles, contre 206 au départ. L’ancien conseilleur légal de la présidence Ahmed Ibrahim Taher, qui vient d’être nommé ministre des Relations fédérales, a affirmé que les amendements présidentiels étaient mineurs et que des articles redondants avaient été fusionnés. Le quotidien «al-Charia al-Siassiya» affirme que les amendements ont été effectués à l’occasion d’une réunion au palais présidentiel entre M. Tourabi, le premier vice-président Ali Osman Mohammed Taha, et l’adjoint au ministre de la Justice Hafez Cheikh Zaki, également un islamiste. (AFP)
Le dirigeant islamiste Hassan Tourabi, président de l’Assemblée nationale soudanaise, a reconnu que le projet de la nouvelle constitution accordait aux citoyens le droit de former des partis politiques mais a marqué sa préférence pour «l’unité des rangs». «Quiconque veut former un parti, laissez-le faire mais sans utiliser la force», a dit M. Tourabi à l’ouverture des débats parlementaires sur le projet, dans des propos rapportés par la presse gouvernementale. «Nous réagirons par la force contre quiconque utilisera la force pour créer un parti», a-t-il averti. M. Tourabi a néanmoins marqué sa préférence pour ce qu’il a appelé «l’unité des rangs», expliquant que c’était le but poursuivi par le gouvernement actuel. «Mais le peuple veut le pluralisme et chacun peut faire ce qu’il veut et former un...
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