La campagne présidentielle s’est officiellement ouverte ce week-end en Arménie pour élire un successeur à Levon Ter-Petrossian, démissionnaire le 3 février après avoir été accusé d’être trop souple face à l’Azerbaïdjan sur le Nagorny Karabakh. La campagne sera très courte: il ne reste qu’une semaine avant le premier tour, prévu pour le dimanche 15 mars. Douze candidats sont sur les rangs, mais trois seulement ont des chances de l’emporter, selon les analystes: Robert Kotcharian, premier ministre et président par intérim, Vazguen Manoukian, qui arriva second derrière Levon Ter-Petrossian lors de l’élection contestée de septembre 1996, et Karen Demirtchiane, ancien dirigeant du PC arménien à l’époque soviétique. Selon Guevorg Pogossian, sociologue, la société arménienne est aujourd’hui «bien moins polarisée qu’elle ne l’était lors de l’élection de 1996» et beaucoup d’électeurs — sur 2,217 millions d’inscrits — sont encore indécis. Le problème du Karabakh Les principaux critères de choix entre les candidats seront leur position sur le plateau séparatiste du Nagorny Karabakh — officiellement rattaché à l’Azerbaïdjan mais peuplé en majorité d’Arméniens — et leur orientation économique, selon lui. Pour le Nagorny Karabakh, où Levon Ter-Petrossian a été accusé d’accepter des concessions inadmissibles dans les négociations avec l’Azerbaïdjan sous l’égide de l’OSCE, les trois favoris demandent le droit à l’autodétermination pour ce petit territoire dont la communauté internationale n’a jamais reconnu l’indépendance autoproclamée. Kotcharian, 43 ans, qui fut «président» du Nagorny Karabakh avant de devenir premier ministre d’Arménie, a adopté incontestablement la ligne la plus dure, avec le soutien de mouvements nationalistes notamment. «L’Azerbaïdjan et la communauté internationale croyaient qu’avec des pressions on contraindrait l’Arménie à des concessions», dit-il. «La position arménienne faisait semblant d’être constructive mais elle déviait de l’essence véritable du conflit: l’Arménie ferait mieux d’avoir une position plus dure dans les négociations de ne pas endosser tout le fardeau du processus». Les autres candidats De son côté, Vazguen Manoukian, 51 ans, qui avait bénéficié d’un soutien populaire après la victoire contestée de Ter-Petrossian à l’élection de 1996, souligne qu’il «luttera point par point pour la liberté et l’indépendance du Nagorny Karabakh». Tout en soulignant son «désaccord» avec l’approche de Ter-Petrossian, Manoukian, qui fut premier ministre en 90-91 puis ministre de la Défense, souligne qu’il est prêt à continuer les négociations engagées sous l’égide de l’OSCE et qu’il y a «beaucoup de place pour un compromis». Enfin, M. Demirtchiane, 65 ans, qui fut premier secrétaire du comité central arménien jusqu’en 1988 avant de quitter le monde politique pour celui des affaires, souligne que «la communauté internationale doit reconnaître le droit du peuple du Nagorny Karabakh à l’autodétermination et résoudre la question par la voie du compromis». M. Demirtchiane est resté populaire car il symbolise la relative prospérité de l’époque soviétique. Au plan économique, tous les candidats reconnaissent qu’il y a beaucoup à faire pour remettre sur la voie de la prospérité cette république du Caucase, une des plus pauvres de l’ex-URSS, où la moitié de la population est au chômage. Tous promettent de tout faire pour stimuler l’économie nationale et l’emploi. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La campagne présidentielle s’est officiellement ouverte ce week-end en Arménie pour élire un successeur à Levon Ter-Petrossian, démissionnaire le 3 février après avoir été accusé d’être trop souple face à l’Azerbaïdjan sur le Nagorny Karabakh. La campagne sera très courte: il ne reste qu’une semaine avant le premier tour, prévu pour le dimanche 15 mars. Douze candidats sont sur les rangs, mais trois seulement ont des chances de l’emporter, selon les analystes: Robert Kotcharian, premier ministre et président par intérim, Vazguen Manoukian, qui arriva second derrière Levon Ter-Petrossian lors de l’élection contestée de septembre 1996, et Karen Demirtchiane, ancien dirigeant du PC arménien à l’époque soviétique. Selon Guevorg Pogossian, sociologue, la société arménienne est aujourd’hui «bien...