Prakash Shah sera les yeux et les oreilles de Kofi Annan
le 09 mars 1998 à 00h00
Le vétéran de la diplomatie indienne Prakash Shah, qui doit partir mercredi prochain à Bagdad, sera les «yeux et les oreilles» du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. «Mon rôle consiste à être le lien politique entre la direction irakienne et le secrétariat général de l’ONU», a expliqué M. Shah avant son départ pour Bagdad comme représentant spécial de M. Annan. M. Shah a toutefois précisé qu’il n’interviendrait pas en cas de problèmes liés aux deux principales activités de l’ONU en Irak: les inspections d’armes et la mise en place de l’accord humanitaire pétrole contre nourriture. «Je ne vais pas être un arbitre en tant que tel, mon rôle est de maintenir le dialogue pour essayer de résoudre les problèmes en faisant preuve de bonne volonté», a déclaré M. Shah. Il a expliqué que M. Annan avait décidé de créer le poste de représentant spécial après sa visite à Bagdad où il avait constaté «un manque de communication entre le secrétariat général et l’Irak». M. Shah doit rester pour une période initiale de six mois à Bagdad. Il devra «améliorer la communication» entre le gouvernement irakien et l’ONU à Bagdad «afin d’éviter que des difficultés ne se transforment en crise majeure menaçant la paix et la sécurité dans la région», a écrit M. Annan dans une lettre au Conseil de Sécurité. M. Shah, un homme à lunettes âgé de 58 ans, qui fut ambassadeur à l’ONU de 1995 à août 1997, s’est déjà rendu à Bagdad «trois ou quatre fois» pour des négociations sur le pétrole et le mouvement des non -alignés. Il a occupé le poste de directeur au ministère indien du Pétrole de 1975 à 1977, après avoir été en poste de 1971 à 1975 à Téhéran où il était chargé des affaires pétrolières pour le Golfe. Interrogé sur des objections américaines à sa nomination en raison des liens historiques entre l’Inde et l’Irak, il minimise sa nationalité en déclarant: «maintenant je travaille pour les Nations Unies comme un fonctionnaire de l’ONU». D’autres diplomates ont aussi noté que les objections américaines ne visaient pas directement M. Shah, dont le sang- froid et le professionnalisme sont largement reconnus au sein de l’ONU. M. Shah a commencé à être critiqué par les Etats-Unis en septembre 1996 quand l’Inde, le Bhoutan et la Libye furent les seuls Etats de l’Assemblée générale de l’ONU à voter contre le Traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBI). Une tactique pour freiner Butler Des diplomates ont déclaré que la nomination de M. Shah, après celle du Sri-Lankais Jayantha Dhanapala, pour superviser les inspections des sites sensibles, semblait être une tactique pour freiner Richard Butler, le chef de la commission spéciale de l’ONU chargée du désarmement de l’Irak (UNSCOM). M. Butler a été personnellement critiqué par M. Annan et des membres du Conseil de Sécurité pour son franc-parler durant les quatre mois de crise entre l’Irak et l’ONU. M. Shah a toutefois insisté sur le fait qu’il n’avait aucune autorité sur l’UNSCOM et le programme «pétrole contre nourriture». M. Annan a conclu le 23 février dernier un accord avec le gouvernement irakien sur l’ouverture des sites présidentiels aux inspections de l’ONU, évitant ainsi une intervention militaire américaine contre Bagdad. M. Annan a l’espoir de pouvoir faire pression sur les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU pour qu’ils obligent les Etats-Unis à lever l’embargo sur le pétrole irakien si Bagdad tient ses engagements. Selon les résolutions de l’ONU, les sanctions imposées à l’Irak depuis son invasion du Koweit en 1990 ne peuvent être levées que lorsque les inspecteurs auront certifié que l’Irak ne possède plus d’armes nucléaires, biologiques, chimiques et des missiles de longue portée. (AFP)
Le vétéran de la diplomatie indienne Prakash Shah, qui doit partir mercredi prochain à Bagdad, sera les «yeux et les oreilles» du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. «Mon rôle consiste à être le lien politique entre la direction irakienne et le secrétariat général de l’ONU», a expliqué M. Shah avant son départ pour Bagdad comme représentant spécial de M. Annan. M. Shah a toutefois précisé qu’il n’interviendrait pas en cas de problèmes liés aux deux principales activités de l’ONU en Irak: les inspections d’armes et la mise en place de l’accord humanitaire pétrole contre nourriture. «Je ne vais pas être un arbitre en tant que tel, mon rôle est de maintenir le dialogue pour essayer de résoudre les problèmes en faisant preuve de bonne volonté», a déclaré M. Shah. Il a expliqué que M....
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