Les divergences de vue sur l’euro entre Français, Espagnols et Italiens d’une part, et Allemands d’autre part, ne cessent de s’accroître alors qu’approche l’échéance décisive du 2 mai, selon le baromètre trimestriel Ipsos/AFP des «Tendances des opinions publiques en Europe». Deux mois avant le Sommet européen extraordinaire de Bruxelles qui désignera les pays qualifiés pour l’euro, cette enquête montre que les tendances observées en 1997 dans les grands pays de l’Union européenne n’ont fait que se renforcer au cours de l’hiver. C’est ainsi que les ressortissants des trois grands pays latins sont toujours plus favorables à la monnaie unique: 72% des Italiens émettent un jugement positif sur l’euro (+1 par rapport au mois de décembre), de même que 58% des Espagnols (+4) et 56% des Français (+2). En revanche, les Allemands y sont de plus en plus hostiles, 34% d’entre eux seulement (-5) ayant une bonne opinion de la monnaie unique alors que 58% (+6) expriment un avis négatif. De leur côté, les Britanniques, moins concernés puisque leur pays a décidé de ne pas participer au premier train de l’euro, demeurent partagés et indécis. Les «eurosceptiques» sont de nouveau légèrement majoritaires en ce début d’année (47% contre 44%), alors qu’ils étaient devenus minoritaires fin 1997 (43% contre 49%). Les trois mois écoulés ont également été marqués par la fin de l’état de grâce dont bénéficiaient depuis le printemps les deux nouveaux premiers ministres européens Lionel Jospin et Tony Blair. Bien qu’elle soit encore positive, leur cote de confiance est en effet revenue dans la norme, M. Jospin recueillant 48% d’opinions positives (-5) et 47% d’opinions négatives (+9), alors que M. Blair ne recueille respectivement que 50% (-11) et 42% (+9). La cote des premiers ministres français et britannique reste toutefois nettement supérieure à celle de leurs homologues espagnol José Maria Aznar (40%, +1) et italien Romano Prodi (39%, -1), et, surtout, à celle du chancelier allemand Helmut Kohl (19%, +1). A six mois des élections législatives prévues le 27 septembre, la situation de M. Kohl apparaît donc toujours aussi délicate, 25% des Allemands (+1) souhaitant la victoire de la coalition CDU-CSU au pouvoir alors que 38% (+3) souhaitent celle du Parti social-démocrate (SPD). Enfin, la perception du climat économique n’a guère évolué globalement en trois mois, 65% des ressortissants de ces cinq pays se déclarant toujours «inquiets» face à la situation de leur pays, même si 53% restent «confiants» dans les perspectives d’évolution de leur niveau de vie. Cette enquête a été réalisée au téléphone du 9 au 20 février, auprès de cinq échantillons représentatifs d’un millier de personnes âgées de 18 ans et plus (897 en Allemagne, 1.002 en Espagne, 936 en France, 1.004 en Italie et 995 au Royaume-Uni), soit un échantillon global de 4.834 personnes, construit selon la méthode des quotas.(AFP)
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