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Actualités - Chronologie

Une méditerranée sans mammifères

Les activités humaines et tout spécialement la pollution marine constituent la première menace et la plus inquiétante pour les mammifères marins, selon des biologistes marins du monde entier qui viennent de tenir une réunion à Monaco. La pêche industrielle inquiète aussi les experts de près de 60 pays rassemblés dans la principauté pour la première conférence scientifique mondiale sur les mammifères marins. Mais ils estiment que la pollution a atteint de tels niveaux qu’elle risque de provoquer la disparition de certaines espèces. Quant à la chasse à la baleine et aux autres cétacés, elle ne préoccupe guère les scientifiques tant qu’elle reste à son niveau actuel: quelques centaines d’individus par an, selon la Commission baleinière internationale (CBI). «Cela choque parce qu’il s’agit de baleines. Mais actuellement, la chasse ne met pas en danger les populations, en particulier celles de petits rorquals, le prélèvement restant très faible», explique la biologiste française Anne Collet, du Centre de recherche sur les mammifères marins de La Rochelle (ouest de la France), qui a pris l’initiative d’organiser ce colloque. «Le vrai problème, c’est la pollution, en particulier celle par les métaux lourds. Le problème est d’autant plus grave et étendu que les mammifères marins se trouvent en bout de chaîne alimentaire», dit-elle. «Aujourd’hui, on ne maîtrise rien de la pollution. On ne sait vraiment pas faire. On commence juste à comprendre les effets des fortes pollutions sur les organismes des mammifères marins», ajoute-t-elle. Rien à manger Deux conséquences ont été clairement mises en évidence: la pollution diminue les défenses immunitaires des mammifères qui deviennent plus sensibles à des virus ou à des bactéries, et elle diminue la fertilité des femelles (elles ne conçoivent plus ou avortent spontanément). Sous l’effet conjugué de la pollution et de la pression de l’homme, certaines espèces très fragiles sont aujourd’hui au bord de l’extinction. C’est le cas du phoque moine en Méditerranée (Grèce, Turquie, Tunisie) et quelques dizaines en Atlantique (Mauritanie, Madère). En Mauritanie, les trois quarts sont morts d’une maladie inexpliquée. Personne ne sait vraiment comment les protéger, même si la Commission européenne a débloqué des financements pour les dauphins qui rendent furieux des pêcheurs grecs et turcs souvent misérables. Les espaces sauvages se font de plus en plus rares et l’homme est omniprésent: il occupe les refuges où des mammifères marins comme le phoque moine se reproduisaient, il pêche trop et avec des procédés qui ratissent tout sur leur passage. Le problème ne touche pas que les animaux mythiques comme les dauphins ou les baleines. Protéger une espèce et en oublier d’autres aboutira à une disparition d’ensemble, pensent les spécialistes. Le hareng et le merlu ne sont pas des poissons «médiatiques» mais ils nourrissent hommes et baleines et dauphins. «De toutes façons, s’il n’y a plus de merlu, de hareng ou de krill, il n’y aura plus de dauphins ni de baleines, puisqu’ils n’auront plus rien à manger», soulignent-ils unanimement. Certains pensent que, dans ces conditions, des animaux comme les dauphins auront disparu dans quelques décennies. Cela pourrait être vrai de la Méditerranée, mais pas du Pacifique où la pollution est bien moindre. (AFP)
Les activités humaines et tout spécialement la pollution marine constituent la première menace et la plus inquiétante pour les mammifères marins, selon des biologistes marins du monde entier qui viennent de tenir une réunion à Monaco. La pêche industrielle inquiète aussi les experts de près de 60 pays rassemblés dans la principauté pour la première conférence scientifique mondiale sur les mammifères marins. Mais ils estiment que la pollution a atteint de tels niveaux qu’elle risque de provoquer la disparition de certaines espèces. Quant à la chasse à la baleine et aux autres cétacés, elle ne préoccupe guère les scientifiques tant qu’elle reste à son niveau actuel: quelques centaines d’individus par an, selon la Commission baleinière internationale (CBI). «Cela choque parce qu’il s’agit de baleines. Mais...