L’écrivain français Roger Garaudy, poursuivi pour contestation de crimes contre l’humanité dans un livre intitulé «Les mythes fondateurs de la politique israélienne», a été condamné vendredi à 120.000 francs (20.000 dollars) d’amende par un tribunal correctionnel de Paris. Son éditeur, Pierre Guillaume, a été relaxé. Dans cet ouvrage, l’écrivain, auteur de nombreux ouvrages politiques, qui a annoncé qu’il allait faire appel de ce jugement, qualifie de «mythe» l’extermination de six millions de juifs par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale, estimant qu’il sert à justifier «toutes les exactions de l’Etat d’Israël en Palestine». M. Garaudy, 84 ans, résistant pendant la Deuxième Guerre mondiale, expulsé des instances dirigeantes et du parti communiste français en 1970 pour ses critiques sur l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, est un héros dans certains milieux intellectuels arabes depuis la publication de son livre fin 1995. Il s’est converti à l’Islam en 1982 après avoir milité dans les années 1970 comme chrétien (protestant puis catholique) et œuvré pour le rapprochement des Eglises et des marxistes. M. Garaudy a été déclaré coupable par le tribunal de «contestation de crimes contre l’humanité» et de «diffamation raciale», mais il a été relaxé du délit de «provocation à la discrimination, la haine ou la violence raciales». Le tribunal repproche àà M. Garaudy de s’être «approprié» les arguments des négationnistes au lieu de se contenter de les exposer, comme il prétendait l’avoir fait. «Loin de se borner à une critique du sionisme (...) Roger Garaudy s’est livré à une contestation virulente et systématique des crimes contre l’humanité commis contre la communauté juive», a estimé le tribunal. Le tribunal a également rejeté l’argument selon lequel M. Garaudy serait «antisioniste» et non «antisémite». Il explique que l’auteur «bien qu’il s’en défende, présente sous forme d’une critique politique (...) d’Israël ce qui n’est qu’une mise en cause de l’ensemble des Juifs». Dix associations ont obtenu un franc symbolique de dommages-intérêts. La lecture du jugement s’est déroulée en l’absence de M. Garaudy, dans une salle protégée par un cordon de gendarmes contre une trentaine de militants présumés du Bétar, organisation de jeunesse juive, venus pour en découdre et criant «A mort les nazis». Le défenseur de Roger Garaudy, Me Jacques Vergès, notamment défenseur en 1987 de Klaus Barbie, ancien chef de Gestapo de Lyon, a affirmé que ce jugement était «une première étape, une première victoire». «C’est une première satisfaction puisque les sanctions par rapport aux sanctions habituelles sont beaucoup moins lourdes. Nous allons faire appel, puis nous irons en cassation et en Cour européenne des droits de l’homme, c’est une question de principe», a-t-il précisé. Le Conseil représentatif des institutions juives de Frances (CRIF) a pris acte vendredi de la condamnation de Roger Garaudy, mais «regrette amèrement le silence de dirigeants et intellectuels musulmans éclairés». Le CRIF estime que le soutien apporté à Roger Garaudy par des avocats et intellectuels du monde arabe, notamment égyptiens, jordaniens et palestiniens «représente une grave régression» à l’égard d’Israël et des Juifs. De nombreuses manifestations de soutien ont été organisées ces derniers mois en faveur de Roger Garaudy dans les pays arabes, notamment au Qatar, en Egypte, en Jordanie, dans les territoires palestiniens et en Libye. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’écrivain français Roger Garaudy, poursuivi pour contestation de crimes contre l’humanité dans un livre intitulé «Les mythes fondateurs de la politique israélienne», a été condamné vendredi à 120.000 francs (20.000 dollars) d’amende par un tribunal correctionnel de Paris. Son éditeur, Pierre Guillaume, a été relaxé. Dans cet ouvrage, l’écrivain, auteur de nombreux ouvrages politiques, qui a annoncé qu’il allait faire appel de ce jugement, qualifie de «mythe» l’extermination de six millions de juifs par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale, estimant qu’il sert à justifier «toutes les exactions de l’Etat d’Israël en Palestine». M. Garaudy, 84 ans, résistant pendant la Deuxième Guerre mondiale, expulsé des instances dirigeantes et du parti communiste français en 1970 pour ses critiques...