Les onze pays favoris pour l’euro — dont l’Allemagne, la France et l’Italie — ont tous atteint l’objectif de réduire leur déficit public à 3,0% en 1997, condition indispensable pour se qualifier pour l’euro le 1er janvier 1999, constataient vendredi avec satisfaction les milieux européens. Les chiffres, meilleurs que prévus, annoncés simultanément vendredi matin par l’Italie (2,7%), l’Allemagne (2,7%), la France (3,0%) et la Finlande (0,9%) constituent une excellente nouvelle pour l’euro. Ils viennent s’ajouter à la série de bons chiffres annoncés ces derniers jours par l’Autriche (2,5%), la Belgique (2,1%), l’Espagne (2,6%) le Portugal (2,45%) et le Luxembourg (excédent de 1,7%). Les deux autres pays favoris pour l’euro, Pays-Bas et Irlande, devaient annoncer des chiffres pour le déficit public largement inférieurs à 3% encore vendredi ou dans les prochains jours. Selon les dernières estimations connues, les Pays-Bas auront un chiffre de déficit public situé autour de 1,4 à 1,5% en 1997, tandis que l’Irlande devrait enregistrer un excédent de 0,9%. Pour les experts européens, il se confirme donc de plus en plus qu’aussi bien la Commission européenne, le 25 mars prochain, que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, le 2 mai, qualifieront ces 11 pays pour démarrer l’euro le 1er janvier 1999. Les progrès réalisés en un an sont remarquables. Fin 1996, des 11 pays cités, seuls le Luxembourg, l’Irlande et les Pays-Bas étaient parvenus à limiter leur déficit public à 3% du Produit intérieur brut (PIB). La candidature des quatre autres pays de l’UE n’est plus d’actualité. La Grande-Bretagne a certes obtenu de très bons résultats en 1997 (déficit public réduit à 1,9%) mais a fait savoir, de même que le Danemark et la Suède, qu’elle ne participerait pas à la monnaie unique le 1er janvier 1999. La Grèce, dont le déficit public pour 1997 est estimé à 4,2%, a indiqué à plusieurs reprises que son objectif était de rejoindre ses partenaires européens dans l’euro aux alentours de 2001. L’endettement public En ce qui concerne le critère d’endettement public, les résultats sont moins favorables. Mais à part la Belgique et l’Italie, les chiffres des 11 pays favoris pour l’euro ont tendance à se rapprocher du ratio des 60% par rapport au PIB requis par le traité de Maastricht. Bruxelles et Rome, avec respectivement 122,2% et 121,6% d’endettement public en 1997, sont certes loin de l’objectif, mais leur endettement baisse constamment et les deux pays se sont engagés à revenir progressivement à 60% dans les prochaines années. Les résultats en matière d’inflation sont également très bons puisqu’ils se situent entre 1,2% et 2,1%, tandis que les taux d’intérêt à long terme sont historiquement bas dans la plupart des pays européens. Les marchés financiers, longtemps inquiets sur les chances de l’euro de voir le jour, seront donc maintenant encore plus rassurés. De toute façon, ils jouent depuis plusieurs mois les 11 pays favoris comme base de départ de l’euro le 1er janvier 1999. Les cours de change entre les monnaies de ces 11 pays restent en effet d’une remarquable stabilité, tout au long des derniers mois, malgré la crise financière asiatique. Ils se situent autour des taux centraux fixés par l’actuel Système monétaire européen qui seront sans doute retenus comme taux de change bilatéraux entre les monnaies faisant partie de l’euro. La Commission européenne dispose maintenant d’un peu moins d’un mois pour mettre au point ses recommandations sur la liste des pays aptes pour l’euro. Selon les milieux européens, elle va s’efforcer de vérifier que ces excellentes performances économiques s’inscrivent dans la durée, notamment pour l’Italie, comme l’a confirmé vendredi Yves Thibault de Silguy, commissaire européen chargé des questions monétaires, dans une interview à un journal italien. Mais sauf énorme surprise de dernière minute, les milieux européens s’attendent à ce que la Commission recommande l’Allemagne, la France, les trois pays du Bénélux, l’Autriche, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et la Finlande comme pays aptes à l’euro. D’autre part, la querelle entre la France et ses partenaires européens sur la présidence de la future Banque centrale européenne (BCE) reste le dernier nuage à l’horizon de l’euro. «Il n’y a aucune solution en vue. La situation est bloquée», a estimé un commissaire européen qui a tenu à garder l’anonymat. En effet, même si les décisions finales seront prises sur la base de recommandations de la Commission européenne, tout irait donc pour le mieux si les Quinze ne restaient profondément divisés sur le nom du futur président de la Banque centrale. L’actuel président de l’Institut monétaire européen (IME), le Néerlandais Wim Duisenberg, est le préféré de l’immense majorité des pays, mais la France maintient la candidature du président de la Banque de France, Jean-Claude Trichet. (AFP, Reteurs)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les onze pays favoris pour l’euro — dont l’Allemagne, la France et l’Italie — ont tous atteint l’objectif de réduire leur déficit public à 3,0% en 1997, condition indispensable pour se qualifier pour l’euro le 1er janvier 1999, constataient vendredi avec satisfaction les milieux européens. Les chiffres, meilleurs que prévus, annoncés simultanément vendredi matin par l’Italie (2,7%), l’Allemagne (2,7%), la France (3,0%) et la Finlande (0,9%) constituent une excellente nouvelle pour l’euro. Ils viennent s’ajouter à la série de bons chiffres annoncés ces derniers jours par l’Autriche (2,5%), la Belgique (2,1%), l’Espagne (2,6%) le Portugal (2,45%) et le Luxembourg (excédent de 1,7%). Les deux autres pays favoris pour l’euro, Pays-Bas et Irlande, devaient annoncer des chiffres pour le déficit public...