Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'Angola craint un retour à la guerre civile

Le gouvernement angolais estime que le pays est plongé dans un climat de violence semblable à celui qui régnait à la veille de la reprise de la guerre civile, à la fin 1992. Dans une déclaration à la presse, le vice-ministre chargé des accords de paix, le général Higino Carneiro, a accusé l’UNITA (ex-rébellion armée) d’avoir attaqué et occupé la localité de Kazombo dans la province de Moxico (est) et a mis en demeure l’UNITA de faire sa «déclaration de démilitarisation totale» avant le 28 février, date décidée par le gouvernement et l’UNITA. «Si la situation se maintient, le gouvernement prendra, si nécessaire, des mesures de représailles», a-t-il dit. Les deux camps avaient fixé à la fin février le terme de l’application des clauses politiques et militaires prévues par les accords de paix de Lusaka (novembre 1994). La démilitarisation totale de l’UNITA est la condition fixée par le gouvernement pour une installation de l’ancien mouvement rebelle à Luanda. L’UNITA est représentée au gouvernement et au Parlement mais ne dispose pas de structures dans la capitale. Pour le général Carneiro, l’UNITA dispose encore d’un nombre important de soldats, pas moins de 5.000, prêts à reprendre les hostilités. Selon le ministre, qui faisait allusion à une recrudescence des accrochages dans tout le pays, «on se trouve une fois de plus dans une situation semblable à celle qui régnait en 1992», après les élections générales qui ont précédé la guerre civile. Incidents armés Depuis quelques semaines, les incidents se multiplient sur tout le territoire angolais. Des hommes en armes identifiés par les autorités comme d’anciens soldats de l’UNITA ont attaqué récemment Kiwuwu, dans la province de Malanje (nord) et Lumbala-Nguimbu, dans la province de Moxico (est). Mercredi dernier, un hélicoptère de l’ONU a été attaqué par balles dans une localité contrôlée par l’UNITA. Le mouvement de Jonas Savimbi a présenté ses excuses pour l’incident. Dans le sud du territoire, trois embuscades tendues à Kanjala (province de Benguela) ont fait sept morts et une dizaine de blessés. Samedi, un obus tiré par des inconnus a explosé dans l’aéroport de la municipalité de Damba (province de Uije, nord) et un groupe d’hommes armés a attaqué une localité à près de 6 kilomètres de la petite ville de Milunga, toujours à Uije. Dans l’enclave pétrolière de Cabinda (nord), la situation est également tendue depuis début janvier. Les indépendantistes du Front de libération de Cabinda (FLEC) affirment mener des attaques dans la région et font état de nombreux morts dans les accrochages avec l’armée gouvernementale. Sur le plan politique, le sommet attendu entre le président José Eduardo dos Santos et le chef de l’UNITA Jonas Savimbi dépend toujours d’un accord sur la sécurité de l’ancien chef rebelle. Les deux camps ne parviennent pas à trouver un compromis sur ce sujet. Jonas Savimbi a droit actuellement à une garde personnelle de 400 hommes mais le gouvernement souhaiterait que ce chiffre passe à quelque 150 dans un délai de cinq mois. L’UNITA souhaite obtenir un délai beaucoup plus long. Par ailleurs, le processus de réunification administrative par le passage à l’administration de l’Etat des territoires contrôlés par l’ancienne guérilla ne progresse pas. Les Nations Unies qui souhaitaient retirer leurs Casques bleus début 98 sont contraintes de maintenir un contingent de quelque 2.000 hommes dans le pays en raison de l’instabilité qui y règne. (AFP)
Le gouvernement angolais estime que le pays est plongé dans un climat de violence semblable à celui qui régnait à la veille de la reprise de la guerre civile, à la fin 1992. Dans une déclaration à la presse, le vice-ministre chargé des accords de paix, le général Higino Carneiro, a accusé l’UNITA (ex-rébellion armée) d’avoir attaqué et occupé la localité de Kazombo dans la province de Moxico (est) et a mis en demeure l’UNITA de faire sa «déclaration de démilitarisation totale» avant le 28 février, date décidée par le gouvernement et l’UNITA. «Si la situation se maintient, le gouvernement prendra, si nécessaire, des mesures de représailles», a-t-il dit. Les deux camps avaient fixé à la fin février le terme de l’application des clauses politiques et militaires prévues par les accords de paix de...