L’Iran, lourdement dépendant de sa production pétrolière, est de plus en plus sérieusement touché par la chute des cours du brut, alors que le pays connaît déjà une situation économique difficile. La monnaie iranienne, le rial, a perdu ces derniers temps entre 5 et 7 points par rapport aux principales devises fortes sur le marché parallèle, en réaction à la baisse des cours du pétrole. Le dollar, qui s’échangeait à 4.700 rials il y a deux mois, fait désormais trembler la barre symbolique des 5.000 rials et «la chute des prix du brut pourrait encore tirer la devise iranienne vers le bas dans les jours prochains», écrivait jeudi le quotidien anglophone «Iran News». Le gouverneur de la Banque centrale, Mohsen Nourbakhch, a déclaré cette semaine que le gouvernement pourrait être amené à réviser le budget de la prochaine année iranienne, qui débute le 21 mars, si les cours du brut continuaient à baisser. «Certaines modifications seront nécessaires si les prix du pétrole poursuivent leur déclin», a-t-il déclaré. Les exportations pétrolières représentent environ 80% des rentrées de devises fortes de l’Iran et comptent officiellement pour 36,5% de ses recettes budgétaires. M. Nourbakhch a ajouté que l’Iran devait faire face à un déficit budgétaire de deux milliards de dollars pour l’année en cours, un chiffre initialement évalué à 2,6 milliards. Le gouvernement avait initialement misé sur un prix de 17,5 dollars le baril dans son projet de budget, avant que le Parlement ne ramène en janvier ce chiffre à 16 dollars. De nombreux experts estiment toutefois que même ce chiffre revu en baisse reste «irréaliste» compte tenu de la tendance actuelle. «Nos responsables sont incapables de faire une évaluation correcte des réalités du marché pétrolier mondial», déplore «Iran News». Les cours du brut sont tombés à leur plus bas niveau en quatre ans après la décision de l’OPEP prise en novembre de relever le plafond de production de 10%. L’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, en visite en Arabie Séoudite — premier producteur de l’OPEP —, a déclaré mardi que la chute des cours était un des principaux points de ses entretiens avec les dirigeants séoudiens. Cette baisse des prix pétroliers aggrave une situation économique déjà difficile en Iran, où des mesures draconiennes ont été prises pour lutter contre l’inflation et rembourser la dette extérieure. Selon les chiffres officiels, l’inflation a été ramenée à 20% actuellement, contre plus du triple il y a deux ans, mais les mesures de rigueur ont provoqué l’arrêt de nombreux projets de développement et une forte chute des investissements. Selon le gouverneur de la Banque centrale, la croissance sera de 3% cette année, soit à peine la moitié de celle enregistrée au début des années 90, quand le pays empruntait massivement dans l’espoir que cela se traduirait par un décollage économique solide. Les autorités de Téhéran ont été amenées à donner un fort tour de vis en 1995 pour pouvoir payer une dette extérieure de près de 30 milliards de dollars. Selon M. Nourbakhch, les engagements financiers extérieurs du pays s’élèvent aujourd’hui à 26.4 milliards de dollars. Des mesures sont par ailleurs prises depuis plusieurs mois pour tenter de relancer les exportations non pétrolières de l’Iran, pénalisées par toutes sortes de dispositions législatives et douanières à la fois contraignantes et fluctuantes. «Nos responsables continuent d’être aveugles aux réalités économiques et semblent attendre qu’un miracle veuille bien arriver», déplore «Iran News». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Iran, lourdement dépendant de sa production pétrolière, est de plus en plus sérieusement touché par la chute des cours du brut, alors que le pays connaît déjà une situation économique difficile. La monnaie iranienne, le rial, a perdu ces derniers temps entre 5 et 7 points par rapport aux principales devises fortes sur le marché parallèle, en réaction à la baisse des cours du pétrole. Le dollar, qui s’échangeait à 4.700 rials il y a deux mois, fait désormais trembler la barre symbolique des 5.000 rials et «la chute des prix du brut pourrait encore tirer la devise iranienne vers le bas dans les jours prochains», écrivait jeudi le quotidien anglophone «Iran News». Le gouverneur de la Banque centrale, Mohsen Nourbakhch, a déclaré cette semaine que le gouvernement pourrait être amené à réviser le budget de...