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Actualités - Chronologie

Les arabes convaincus de la nécessité de ressouder leurs rangs

La crise entre l’Irak et l’ONU, qui a provoqué un sursaut de l’opinion publique arabe pour la première fois depuis la guerre du Golfe en 1991, a montré la nécessité de ressouder les rangs arabes, estiment des intellectuels du Golfe. Pour Sayed Zahra, rédacteur en chef adjoint du quotidien bahreini «Akhbar al-Khaleej», «la crise a dessillé les yeux des gouvernements arabes sur les véritables intentions de l’Amérique qui sont de diviser l’Irak et d’assurer la suprématie militaire d’Israël». M. Zahra souligne notamment que l’Arabie Séoudite, allié important de Washington dans le Golfe, a appelé le Conseil de Sécurité à s’engager «avec la même fermeté à relancer le processus de paix» au Proche-Orient, une fois qu’il aura adopté l’accord signé entre l’Irak et l’ONU. Selon lui, «la crise ne manquera pas de relancer le débat sur la nécessité d’une restauration de la solidarité arabe, ébranlée par Saddam Hussein». La crise, née du refus de l’Irak d’ouvrir ses sites présidentiels aux inspecteurs de l’ONU, «a mis à nu la politique américaine de deux poids deux mesures et favorisé la résurgence de l’hostilité publique arabe», estime pour sa part M. Ahmed Qdidi, conseiller auprès du président de l’université de Qatar. «Lors de l’invasion irakienne du Koweit en 1990, qui avait provoqué un séisme dans le monde arabe déjà fragilisé, l’argument américain tenait. Mais une fois le Koweit libéré, les masses arabes ont fini par donner raison aux radicaux, dont Saddam Hussein, et se rendre compte que les Etats-Unis n’avaient jamais été un arbitre impartial dans le conflit israélo-arabe», ajoute-t-il. «Cette profonde désillusion vis-à-vis de l’arbitrage américain a connu son apogée avec les menaces d’une frappe américaine contre le peuple irakien», ajoute M. Qdidi, en soulignant toutefois que «les Arabes n’approuvent pas la dictature de Saddam Hussein». Source d’instabilité Les pays arabes ont été dans leur majorité hostiles à une frappe militaire américaine contre l’Irak, mais unanimes pour exiger que Bagdad se conforme aux résolutions internationales sur son désarmement. Pour la première fois depuis 1991, des manifestations de soutien au président Saddam Hussein se sont déroulées notamment en Egypte, en Jordanie, au Yémen et dans les territoires palestiniens bien qu’elles aient été dans la plupart des cas réprimées. Les manifestants ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et les médias, même officiels, ont diffusé ces images. «La crise a dévoilé que l’Amérique, qui prétendait défendre la sécurité dans le Golfe, était en fait la principale source d’instabilité dans la région», souligne M. Zahra. Le responsable du quotidien bahreini en veut pour preuve «l’accueil réservé à l’émissaire américain David Newton au Caire et à Manama». Dépêché par Washington dans les principaux pays arabes pour expliquer la politique américaine, M. Newton s’est fait huer à Bahrein lors d’une réunion publique. «Ce camouflet est aussi un désaveu de la politique des régimes arabes envers Washington», estime M. Zahra. M. Chafiq Ghabra, professeur de sciences politiques à l’université du Koweit, n’est pas du même avis. «Les soubresauts ponctuels de quelques milliers d’Arabes s’expliquent par la menace injustifiée d’une frappe contre le peuple irakien et ne donnent pas une carte blanche au dictateur Saddam Hussein», dit-il. (AFP)
La crise entre l’Irak et l’ONU, qui a provoqué un sursaut de l’opinion publique arabe pour la première fois depuis la guerre du Golfe en 1991, a montré la nécessité de ressouder les rangs arabes, estiment des intellectuels du Golfe. Pour Sayed Zahra, rédacteur en chef adjoint du quotidien bahreini «Akhbar al-Khaleej», «la crise a dessillé les yeux des gouvernements arabes sur les véritables intentions de l’Amérique qui sont de diviser l’Irak et d’assurer la suprématie militaire d’Israël». M. Zahra souligne notamment que l’Arabie Séoudite, allié important de Washington dans le Golfe, a appelé le Conseil de Sécurité à s’engager «avec la même fermeté à relancer le processus de paix» au Proche-Orient, une fois qu’il aura adopté l’accord signé entre l’Irak et l’ONU. Selon lui, «la crise...