La campagne électorale en Inde a une star: Sonia Gandhi, veuve de l’ex-premier ministre assassiné Rajiv Gandhi. Mais à Pilibhit, district rural du nord du pays, l’on ne parle que d’une Gandhi: Maneka. C’est l’autre belle-fille d’Indira Gandhi. Elle est veuve elle aussi, de Sanjay, frère de Rajiv, qui se tua dans un accident de voltige aérienne en 1980. Mais elle a été rejetée par la «dynastie». Membre indépendant du Parlement fédéral depuis 1996, écologiste, ancien ministre de l’Environnement (1990-91), elle tente de se faire réélire député en Uttar Pradesh (nord). Dans un sari blanc bordé de noir, assise sur un sofa, flanquée de deux secrétaires, cette femme aux cheveux gris et courts d’une quarantaine d’années (elle ne veut pas révéler son âge) écoute patiemment les doléances d’une vingtaine de villageois. Elle n’a presque plus de voix après un mois de campagne électorale et ses yeux sont rougis, les nerfs à vif. Une femme, Kira Kali, se plaint qu’une banque lui doit de l’argent. Maneka dicte immédiatement une lettre à l’établissement, exigeant une réponse. Alors que Sonia, 51 ans, qui n’a aucune expérience politique, parcourt le pays en avion et en hélicoptère, dénonçant devant des centaines de milliers de personnes le sectarisme des nationalistes hindous, appelant à la stabilité politique, discutant réformes macro-économiques, Maneka, dans sa circonscription, parle alimentation en eau, établissement d’une école, d’un arrêt de bus. Divergences Elle a cependant une chose en commun avec Sonia: les deux femmes ne s’aiment pas. «Je n’ai rien à faire de la campagne de Sonia ou de ses ambitions de devenir premier ministre, assène-t-elle. Ce que je sais, c’est que ce pays ne doit pas être dirigé par une dynastie». Maneka est le «mouton noir» de la «dynastie» Nehru-Gandhi dont Sonia est aujourd’hui l’héritière. Ancien mannequin, elle s’était mariée en 1976 avec Sanjay, celui des deux fils qu’Indira préparait à prendre sa suite à la tête de l’Inde. Mais quatre ans plus tard, Sanjay se tuait, autre tragédie d’une famille dont l’histoire en est parsemée (Indira et Rajiv furent assassinés). Peu après, des divergences irréconciliables avec Indira la conduisirent à partir. «Je ne me tourne pas vers le passé, dit-elle. Chacun d’entre nous doit faire ce qu’il ou elle estime être juste. Mes ambitions ne sont pas les mêmes que celles de Sonia Gandhi. Je crois en ce que je fais». «Ce que j’ai gagné de plus important dans ma vie c’est la confiance de ces villageois. C’est ce que je chéris le plus», ajoute-t-elle. Sonia Gandhi fait campagne pour le parti du Congrès dont l’histoire se confond avec la «dynastie», mais n’est pas elle-même candidate aux législatives. Maneka Gandhi semble bien placée pour remporter le siège de Pilibhit où l’on votait dimanche dernier. Les villageois en étaient certains. «Aucun politicien ne nous rend visite, avant ou après les élections. Seule Maneka le fait, explique Kannu Ram, 42 ans. Elle a promis le développement de notre village, elle l’a fait». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La campagne électorale en Inde a une star: Sonia Gandhi, veuve de l’ex-premier ministre assassiné Rajiv Gandhi. Mais à Pilibhit, district rural du nord du pays, l’on ne parle que d’une Gandhi: Maneka. C’est l’autre belle-fille d’Indira Gandhi. Elle est veuve elle aussi, de Sanjay, frère de Rajiv, qui se tua dans un accident de voltige aérienne en 1980. Mais elle a été rejetée par la «dynastie». Membre indépendant du Parlement fédéral depuis 1996, écologiste, ancien ministre de l’Environnement (1990-91), elle tente de se faire réélire député en Uttar Pradesh (nord). Dans un sari blanc bordé de noir, assise sur un sofa, flanquée de deux secrétaires, cette femme aux cheveux gris et courts d’une quarantaine d’années (elle ne veut pas révéler son âge) écoute patiemment les doléances d’une...