Fidel Castro, fraîchement réélu mardi par le Parlement à la tête de l’Etat cubain pour cinq ans, a rejeté toute idée de transition, refusant ainsi de s’engager sur les «nouveaux chemins» évoqués par le pape Jean-Paul II il y a tout juste un mois. Les opposants au régime communiste cubain «parlent d’une transition par Castro (...). La transition dont ils parlent c’est celle du socialisme au capitalisme. Nous devons le dire clairement: il n’y aura aucune transition de ce type dans ce pays», a lancé le «Lider Maximo». Fidel Castro a auparavant défié les Etats-Unis de tenter «d’en finir avec la révolution» cubaine en levant l’embargo imposé à l’île communiste depuis plus de 35 ans. Le «commandant en chef» cumulera jusqu’en 2003 les fonctions de président du Conseil d’Etat et de président du Conseil des ministres et demeure le pivot de la vie publique cubaine. Toujours flanqué de son frère Raul comme premier vice-président et de sa garde rapprochée des mêmes cinq vice-présidents, (VOIR PAR AILLEURS) il s’est promis de mener Cuba jusqu’à l’orée du troisième millénaire avec comme slogan «le socialisme ou la mort». Sur le total de 31 membres du Conseil d’Etat, 14 ont changé mais «la ligne politique est la même», a pris soin de préciser le vice-président Carlos Lage. Cuba «reste inébranlable sur ses principes», avait prévenu le «Lider Maximo» en prenant congé du pape à l’issue de sa visite historique de cinq jours dans l’île communiste du 21 au 25 janvier dernier. Quatre des principaux dirigeants de la dissidence (dont Vladimiro Roca, fils de Blas Roca, l’un des fondateurs du Parti communiste cubain) ne bénéficieront pas de la grâce demandée par le pape, a annoncé mardi le procureur général Juan Escalona. L’Union européenne avait demandé explicitement lundi la libération de ces opposants arrêtés en juillet dernier et détenus depuis sans jugement. Déjà, la libération de quelque 300 prisonniers (politiques et de droit commun) a été assortie d’un avertissement du ministre des Relations extérieures, Roberto Robaina: «La grâce n’a pas été décidée dans l’intention de stimuler la dissidence intérieure». Conjonction de facteurs favorables Pourtant, jugent les observateurs, jamais sans doute n’a été constatée (à l’intérieur comme à l’extérieur de Cuba) une telle conjonction de facteurs favorables au changement «pacifique et graduel» prêché par Jean-Paul II. Auréolé par sa victoire électorale, fort du succès de la visite papale et des ouvertures diplomatiques qui l’ont suivie, le «Lider Maximo» semble disposer des atouts nécessaires pour faire évoluer son régime, sans pour cela donner l’impression de céder à la pression, si ce n’est celle, inexorable, du temps qui passe. Fidel Castro a beau multiplier à 71 ans les discours-fleuve et les interventions marathon en direct à la télévision, les rumeurs faisant état d’une dégradation de son état de santé ne se sont jamais complètement tues. Au prix de la légalisation du dollar en 1993 et d’une ouverture croissante aux investissements étrangers, l’économie cubaine s’est stabilisée après la descente aux enfers du début de la décennie. A contrario, Washington a perdu son pari de donner le coup de grâce au régime castriste en durcissant son embargo contre une économie exsangue, privée des subventions de l’ancien camp socialiste est-européen. Aux Etats-Unis, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander de tirer la leçon de l’échec de la politique d’isolement menée pendant plus de 35 ans par neuf présidents républicains et démocrates. Les partisans d’une levée partielle ou totale de l’embargo ont d’autant plus de chance d’être écoutés que Washington affronte la fronde de ses alliés dont l’indignation ne désempare pas sur le chapitre de la loi Helms-Burton. Enfin, le lobby anticastriste de l’exil cubain à Miami (Floride) n’a pas trouvé de successeur à son leader charismatique Jorge Mas Canosa, décédé en novembre dernier. Son influence paraît d’autant plus en déclin que les diatribes de ses éléments les plus extrémistes contre le voyage du pape n’ont trouvé aucun écho. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Fidel Castro, fraîchement réélu mardi par le Parlement à la tête de l’Etat cubain pour cinq ans, a rejeté toute idée de transition, refusant ainsi de s’engager sur les «nouveaux chemins» évoqués par le pape Jean-Paul II il y a tout juste un mois. Les opposants au régime communiste cubain «parlent d’une transition par Castro (...). La transition dont ils parlent c’est celle du socialisme au capitalisme. Nous devons le dire clairement: il n’y aura aucune transition de ce type dans ce pays», a lancé le «Lider Maximo». Fidel Castro a auparavant défié les Etats-Unis de tenter «d’en finir avec la révolution» cubaine en levant l’embargo imposé à l’île communiste depuis plus de 35 ans. Le «commandant en chef» cumulera jusqu’en 2003 les fonctions de président du Conseil d’Etat et de président du...