Les hourras et les applaudissements qui ont accueilli mardi le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, qui rapportait de Bagdad un accord avec l’Irak, ont exprimé de manière éclatante la crédibilité retrouvée d’une organisation en proie au doute. «Le personnel des Nations Unies a organisé aujourd’hui un accueil de héros pour notre secrétaire général», a déclaré la présidente du syndicat du personnel, Rosemarie Waters. «Nous souhaitons lui exprimer notre admiration et notre grande fierté pour ce qu’il a fait», a-t-elle dit. Kofi Annan, parti à Bagdad pour une mission de la dernière chance afin d’éviter la guerre avec l’Irak, est revenu avec un accord conclu avec le président Saddam Hussein, ce que peu osaient espérer. Un membre du personnel, Roy Pembrooke, venu acclamer le secrétaire général, a affirmé qu’«il ne s’agit pas d’une victoire cosmétique. Cela lui donne plus de poids aux yeux de la communauté internationale». «C’est un succès éclatant qui redore le blason des Nations Unies sur le plan international», a déclaré le secrétaire général adjoint de l’ONU, Bernard Miyet. Il est vrai que l’organisation, dont le siège s’élève sur les bords de l’East River, était plongée dans le doute sur son utilité, après des années de revers et de critiques qui ont succédé à l’ambition déçue d’instaurer un nouvel ordre mondial lors de la chute du communisme, au début des années 90. Sa mauvaise image dans l’opinion publique a été nourrie, parfois à tort, par son impuissance à empêcher les génocides dans la région des Grands Lacs ou l’incapacité des Etats membres à s’entendre sur une réforme du Conseil de Sécurité après des années de discussions stériles. Test difficile Le succès personnel de M. Annan a été ressenti comme celui de tous les fonctionnaires internationaux de l’organisation parce que le secrétaire général est «issu du terreau des Nations Unies», a estimé M. Miyet, responsable des opérations de maintien de la paix qui a succédé à ce poste à M. Annan. Kofi Annan, un diplomate ghanéen de 59 ans, a pris la direction de l’ONU en janvier 1997, après avoir gravi pendant trente ans tous les échelons de l’organisation. Le secrétaire général entend capitaliser son coup d’éclat à Bagdad en cherchant à mobiliser l’opinion en faveur de l’interdiction des mines terrestres, des droits de l’homme ou de la lutte contre la drogue, a-t-il dit. «La communauté internationale doit se rassembler à nouveau, comme elle l’a fait dans la crise irakienne», a dit M. Annan. Bernard Miyet affirme que la démarche de Kofi Annan à Bagdad «n’est pas un acte isolé: elle correspond à sa volonté de prendre l’initiative», comme il l’a déjà fait pour remettre le processus de paix sur les rails au Sahara occidental ou pour relancer les négociations sur Chypre, deux des plus vieux conflits dont l’ONU a la charge. Pour le secrétaire général adjoint de l’organisation, les Nations Unies sont ainsi «revenues au centre de la diplomatie internationale». Un diplomate occidental souligne de son côté que l’ONU est le seul lieu où l’influence des Etats-Unis peut être contrebalancée. Mais même auréolé de son succès en Irak, un test difficile attend la semaine prochaine Kofi Annan: une visite de trois jours à Washington. L’Irak sera bien sûr au menu des discussions avec le président Bill Clinton, mais l’objectif principal de cette mission doit être d’arracher aux parlementaires américains leur accord au paiement des arriérés de 1,6 milliard de dollars dus par les Etats-Unis à l’ONU. Des diplomates ont estimé que le Congrès républicain risquait d’être encore plus difficile à convaincre que Saddam Hussein. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les hourras et les applaudissements qui ont accueilli mardi le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, qui rapportait de Bagdad un accord avec l’Irak, ont exprimé de manière éclatante la crédibilité retrouvée d’une organisation en proie au doute. «Le personnel des Nations Unies a organisé aujourd’hui un accueil de héros pour notre secrétaire général», a déclaré la présidente du syndicat du personnel, Rosemarie Waters. «Nous souhaitons lui exprimer notre admiration et notre grande fierté pour ce qu’il a fait», a-t-elle dit. Kofi Annan, parti à Bagdad pour une mission de la dernière chance afin d’éviter la guerre avec l’Irak, est revenu avec un accord conclu avec le président Saddam Hussein, ce que peu osaient espérer. Un membre du personnel, Roy Pembrooke, venu acclamer le secrétaire général,...