Monnaie, enseignement, plaques minéralogiques ou policiers en uniforme croate: six ans après la rébellion serbe, Vukovar est à nouveau en Croatie, pas toujours sans difficultés. La mutation, par exemple dans l’économie ou dans les écoles, est parfois douloureuse. La kuna a remplacé le dinar yougoslave et les prix élevés croates, avec une TVA à 22%, ont fait irruption dans la vie des habitants. «Tous les prix ont augmenté d’environ 30%. Le pain qui valait en dinar l’équivalent de 3 kunas coûte à présent 4 kunas, l’huile de 6 kunas est passé à 10», se plaint une ménagère. Une kuna vaut environ 20 cents américains. «Tout est réintégré» à Vukovar, systèmes médical, social et des télécommunications, affirme le porte-parole de la mairie de Vukovar, Tomislav Corak. M. Corak admet quand même que dans le domaine scolaire persistent des difficultés. Les Serbes, minoritaires en Croatie mais majoritaires en Slavonie orientale, avaient vivement protesté fin 1997 contre la mise en place d’un système ne prenant pas en compte leur identité. L’ONU, avant de passer le relais à Zagreb le 15 janvier, avait arrangé un compromis: l’enseignement aurait lieu dans cette région en croate ou en serbe, selon le désir des parents, et les livres raconteraient l’histoire de la Croatie seulement jusqu’au début du conflit serbo-croate de 1991. Les autorités croates «n’ont pas montré de bonne volonté dans la réalisation de ce que nous avions convenu», a déclaré Djuro Podunavac, le président serbe du Comité pour l’éducation. Il explique que bon nombre d’enfants serbes reçoivent un enseignement en croate parce que les enseignants, envoyés par Zagreb, ne savent que le croate. «La Croatie n’a pas préparé les livres scolaires (…) en cyrillique comme elle l’avait promis», dénonce M. Podunavac, estimant que les autorités croates tentent «d’assimiler» les Serbes de Slavonie orientale. Pendant ce temps, la mairie a fait de 1998 «l’année de la reconstruction». Le marché a été reconstruit, la rue principale de Vukovar a retrouvé ses lumières, les décharges sauvages au centre-ville ont été nettoyées, souligne M. Corac. Des traces serbes Il reste bien quelques indices de l’occupation serbe. L’unique hôtel de Vukovar, le Dunav, la plupart des magasins et les noms des rues portent encore des inscriptions en alphabet cyrillique. «Après six ans, nous ne désirons pas tout changer en une nuit», explique M. Corak. Mais les policiers, qui nombreux patrouillent les rues de Vukovar, ont endossé l’uniforme croate, tout comme les douaniers à la frontière avec la République fédérale de Yougoslavie (RFY: Serbie et Monténégro). Les barrages de l’ONU entre la Slavonie orientale et le reste de la Croatie ont été levés. Plus aucune autorisation n’est nécessaire pour entrer dans cette région qui était de facto, jusqu’au 15 janvier, zone interdite pour la majorité des Croates. Si le trafic ferroviaire a été rétabli en novembre entre quelques villes de Slavonie orientale et la RFY, la gare de Vukovar est toujours sans voyageurs. Elle aussi attend la reconstruction. «La réintégration (de la Slavonie orientale) est inévitable», conclut pour sa part l’adjoint du chef de la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Vukovar, Carlo Ungaro. Même au prix des «douleurs» qu’il engendrera au sein de la population et du nombre de Serbes qui «découragés par sa lenteur quitteront la région», estime M. Ungaro. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Monnaie, enseignement, plaques minéralogiques ou policiers en uniforme croate: six ans après la rébellion serbe, Vukovar est à nouveau en Croatie, pas toujours sans difficultés. La mutation, par exemple dans l’économie ou dans les écoles, est parfois douloureuse. La kuna a remplacé le dinar yougoslave et les prix élevés croates, avec une TVA à 22%, ont fait irruption dans la vie des habitants. «Tous les prix ont augmenté d’environ 30%. Le pain qui valait en dinar l’équivalent de 3 kunas coûte à présent 4 kunas, l’huile de 6 kunas est passé à 10», se plaint une ménagère. Une kuna vaut environ 20 cents américains. «Tout est réintégré» à Vukovar, systèmes médical, social et des télécommunications, affirme le porte-parole de la mairie de Vukovar, Tomislav Corak. M. Corak admet quand même que dans le...