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Actualités - Chronologie

Un mois après la visite de Jean-Paul II, bilan positif pour Castro

Un mois après la visite historique du pape Jean-Paul II à Cuba, Fidel Castro en retire des résultats concrets qui apportent une bouffée d’oxygène au dernier régime communiste du monde occidental, même si c’est au prix d’une spectaculaire amnistie. La libération de quelque 300 détenus — dont 70 prisonniers politiques — constitue sans aucun doute le résultat le plus évident de la visite papale et Cuba commence à engranger des bénéfices autrement importants pour la survie du régime, même s’ils sont moins spectaculaires. La communauté internationale — suivant l’appel du pape pour que «Cuba s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba» — réexamine aujourd’hui l’état de ses relations avec l’île socialiste. Le Guatemala a ouvert la voie en rétablissant des relations diplomatiques rompues voici 37 ans tandis qu’Haïti a inauguré son ambassade à La Havane. Les Européens observent avec attention la tournure des événements tandis que Washington, sévèrement tancé par le pape pour l’embargo économique imposé à Cuba depuis plus de 35 ans, étudie la possibilité de «gestes» en direction de La Havane. «Nous devons réfléchir et étudier ce qui est en train de se passer» à Cuba et «s’il y a un vrai processus de changement, les Etats-Unis pourraient répondre d’une manière ou d’une autre», a indiqué récemment David Davidow, sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires interaméricaines. «La visite du pape a ouvert des espaces aux marges dans la situation politique cubaine et notre visite permettra d’ouvrir une ligne d’aide européenne plus large en faveur de Cuba», a indiqué en partant de Madrid pour La Havane un parlementaire européen espagnol, membre du Parti Populaire (PP, conservateur). C’est la première fois que des parlementaires du PP se rendent à Cuba depuis l’arrivée de ce parti au pouvoir. Le chef de l’opposition socialiste espagnole Joaquin Almunia se rendra de son côté à Cuba du 25 février au 1er mars. Sur le plan intérieur, la présence du Souverain pontife dans l’île du 21 au 25 janvier dernier a profondément impressionné les Cubains, qui ont été les témoins de déclarations et d’événements inédits allant jusqu’à des cris de la foule exprimant sa soif de liberté sur la Place de la Révolution de La Havane en présence de Fidel Castro. Pas de cataclysme politique Même si ces espaces ouverts le temps d’une petite semaine ne le sont pas tous restés, la population exprime à présent avec plus de confiance sa religiosité, même si cela ne signifie pas une ruée vers la foi catholique. Celle-ci reste en effet minoritaire dans une société profondément marquée par les croyances et cultes afro-cubains. Si le régime cubain a été la cible de dures critiques du pape, Fidel Castro a pu ouvrir une soupape sans provoquer le cataclysme politique annoncé par ses détracteurs. Le commandant-en-chef, a rapporté le théologien italien Giulo Girardi après s’être longuement entretenu avec lui, a lui-même tiré un bilan positif de l’aventure. Pourtant, a relevé Fidel Castro lors de son entretien avec le religieux, «toutes les conditions pour un coup d’Etat étaient réunies: foules dans les rues, discours critiques contre la Révolution, absence de militaires ou de forces de répression et présence de flots de journalistes». Le «Lider maximo» a également su faire taire les doutes dans ses propres rangs où, a-t-il reconnu, «beaucoup de Révolutionnaires» s’interrogeaient sur l’opportunité de la visite papale. Le chef de l’Etat a également mis à profit l’événement pour améliorer ses relations avec l’Eglise cubaine qui, après les années de tension, a demandé au régime d’engager avec elle «un dialogue franc» et de lui accorder les espaces nécessaires à son travail pastoral. Les grands perdants sont en tout cas les milieux anti-castristes extrémistes de l’exil cubain de Miami (Floride) dont les diatribes contre la visite papale n’ont pas trouvé d’écho. (AFP)
Un mois après la visite historique du pape Jean-Paul II à Cuba, Fidel Castro en retire des résultats concrets qui apportent une bouffée d’oxygène au dernier régime communiste du monde occidental, même si c’est au prix d’une spectaculaire amnistie. La libération de quelque 300 détenus — dont 70 prisonniers politiques — constitue sans aucun doute le résultat le plus évident de la visite papale et Cuba commence à engranger des bénéfices autrement importants pour la survie du régime, même s’ils sont moins spectaculaires. La communauté internationale — suivant l’appel du pape pour que «Cuba s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba» — réexamine aujourd’hui l’état de ses relations avec l’île socialiste. Le Guatemala a ouvert la voie en rétablissant des relations diplomatiques rompues...