Israël assure sa population qu’il n’y a pratiquement aucun risque d’une attaque irakienne mais d’un autre côté, il multiplie les mesures de précautions, comme si le pire était à craindre. Cette ambivalence, sensible depuis le début de la crise il y a trois semaines, a encore été exprimée dernièrement par le premier ministre Benjamin Netanyahu. Tout en proclamant qu’Israël était «prêt à faire face à toute éventualité», M. Netanyahu a, simultanément, assuré que «le risque qu’Israël soit impliqué d’une façon ou d’une autre dans un conflit dans le Golfe demeure très faible». Les dirigeants du pays distillent, progressivement, des instructions qui ne sont guère de nature à rassurer la population. Ils ont d’abord appelé leurs concitoyens à se munir de masques à gaz. Puis, ils leur ont «conseillé» d’acheter l’équipement nécessaire pour sceller hermétiquement des pièces où se protéger en cas d’attaque. Enfin, ils ont suggéré à la population de stocker nourriture en conserve et eau minérale, «au cas où». Depuis vendredi, ce sont les touristes et travailleurs étrangers, qui sont appelés à se rendre dans des centres de distribution de masques à gaz qui leur sont réservés. Le ministère de l’Intérieur et les représentants des municipalités ont annoncé la mise au point d’un plan d’hébergement pour des personnes qui fuieraient les zones à risque en cas d’attaque irakienne. Le premier ministre a affirmé qu’il avait lui-même son masque à gaz mais, curieusement, qu’il n’en avait pas pour ses enfants de 4 à 6 ans, tandis que le gouvernement, selon la presse, commandait aux Etats-Unis des lanceurs de missiles antimissile Patriot. Pourtant, le chef des Renseignements militaires, le général Moshé Yaalon, a assuré que le risque d’une attaque irakienne était «proche de zéro». L’ancien ministre de la Défense au moment de la guerre du Golfe en 1991, M. Moshé Arens, a de son côté affirmé au quotidien «Yediot Aharonot» que le «risque d’une attaque irakienne n’est pas seulement faible, il est nul». Et pour bien montrer le peu de cas qu’il faisait d’un tel risque, le ministre de l’Agriculture et ancien chef d’état-major Raphaël Eytan a confié qu’il «n’avait pas l’intention de renouveler son masque». Loin de calmer les frayeurs, cette ambivalence n’a fait que déboussoler la population, note le quotidien «Haaretz». «Les dommages sont considérables. Il ne s’agit pas seulement des retombées sur le tourisme, mais du fait qu’Israël apparaît comme terriblement vulnérable. C’est le seul pays au monde qui se prépare sérieusement à subir une attaque d’armes non conventionnelles», souligne le journal indépendant. Le journal accuse le premier ministre d’avoir délibérément réveillé la psychose d’une «menace contre l’existence d’Israël», qui correspond à sa vision du Proche-Orient où l’Etat juif serait isolé au milieu d’un monde arabe hostile. L’hebdomadaire spécialisé londonien Foreign Report accuse dans sa dernière livraison Israël d’avoir lui-même répandu les rumeurs sur les capacités non conventionnelles de l’Irak. «Israël fait tout ce qu’il peut pour répandre des informations fausses, notamment en exagérant l’arsenal chimique - bactériologique irakien», écrit le Foreign Report, cité par le quotidien «Maariv». L’Irak affirme ne pas avoir l’intention d’attaquer Israël et, selon les experts, il est douteux qu’il puisse le faire, après sept ans d’inspections des agents des Nations Unies. En 1991, l’Irak avait tiré 39 missiles balistiques sur Israël. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Israël assure sa population qu’il n’y a pratiquement aucun risque d’une attaque irakienne mais d’un autre côté, il multiplie les mesures de précautions, comme si le pire était à craindre. Cette ambivalence, sensible depuis le début de la crise il y a trois semaines, a encore été exprimée dernièrement par le premier ministre Benjamin Netanyahu. Tout en proclamant qu’Israël était «prêt à faire face à toute éventualité», M. Netanyahu a, simultanément, assuré que «le risque qu’Israël soit impliqué d’une façon ou d’une autre dans un conflit dans le Golfe demeure très faible». Les dirigeants du pays distillent, progressivement, des instructions qui ne sont guère de nature à rassurer la population. Ils ont d’abord appelé leurs concitoyens à se munir de masques à gaz. Puis, ils leur ont...