L'OMS se défend d'avoir censuré son rapport sur le cannabis
le 21 février 1998 à 00h00
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a démenti avoir cédé à des pressions politiques et censuré un rapport affirmant que le cannabis était moins dangereux que l’alcool ou le tabac. L’OMS réagissait à un article paru dans le dernier numéro de l’hebdomadaire «New Scientist» publié à Londres. Dans un communiqué, l’organisation de l’ONU précise avoir publié un document intitulé «Cannabis: A Health Perspective and Research Agenda» à la suite de la réunion d’un groupe d’experts sur les effets de l’utilisation du cannabis sur la santé, qui s’est tenue à Genève en 1995. La section 13 du rapport publié en décembre dernier évoque la possibilité de comparer des drogues licites comme l’alcool et le tabac avec le cannabis. Mais un consensus s’est manifesté pour considérer qu’en raison du manque d’études fiables, de telles comparaisons restaient spéculatives, dit l’OMS. «Il n’y a donc eu aucune tentative de dissimuler la moindre information, car la décision de ne pas inclure une telle comparaison dans le rapport final n’a reposé que sur un jugement purement scientifique et n’a rien eu à voir avec des pressions politiques», dit l’OMS. L’agence a mis à la disposition des journalistes et de toute personne intéressée des copies du document de travail et du rapport final. Les auteurs du document de travail affirmaient bien en conclusion qu’«il y a des raisons d’affirmer que (le cannabis) n’est pas susceptible de rivaliser sérieusement avec l’alcool et le tabac en termes de risque pour la santé publique, même si les consommateurs de cannabis devenaient aussi nombreux que ceux qui boivent de l’alcool ou du tabac». Mais cette remarque reproduite dans le «New Scientist» contredit d’autres affirmations qui précèdent la conclusion. Les experts disaient par exemple: «Nous n’avons pas tenté d’évaluer ce que seraient les risques du cannabis pour la santé si la prévalence de son utilisation était proche de celle de l’alcool et du tabac. Tout ce qu’on peut dire de manière relativement sûre est que si la prévalence de l’utilisation de cannabis augmente pour atteindre les niveaux du tabagisme et de la consommation d’alcool, son impact sur la santé publique augmentera. Il est impossible de dire avec précision dans quelle mesure». L’agence rappelle dans sa mise au point qu’il y a 1,1 milliard de fumeurs de tabac dans le monde et que 3,5 millions en meurent chaque année. Elle dit aussi que l’alcool fait au moins 750.000 morts par an dans le monde. «En ce qui concerne le cannabis, de telles estimations globales ne sont pas possibles en raison du manque d’informations fiables. Il est évident toutefois que l’utilisation du cannabis provoque un certain nombre de problèmes de santé et qu’une augmentation de son utilisation ne ferait qu’aggraver la situation», note l’OMS dans son communiqué. (AFP)
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a démenti avoir cédé à des pressions politiques et censuré un rapport affirmant que le cannabis était moins dangereux que l’alcool ou le tabac. L’OMS réagissait à un article paru dans le dernier numéro de l’hebdomadaire «New Scientist» publié à Londres. Dans un communiqué, l’organisation de l’ONU précise avoir publié un document intitulé «Cannabis: A Health Perspective and Research Agenda» à la suite de la réunion d’un groupe d’experts sur les effets de l’utilisation du cannabis sur la santé, qui s’est tenue à Genève en 1995. La section 13 du rapport publié en décembre dernier évoque la possibilité de comparer des drogues licites comme l’alcool et le tabac avec le cannabis. Mais un consensus s’est manifesté pour considérer qu’en raison du...
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