La guerre entre clans de la mafia napolitaine, la Camorra, a repris de plus belle à Naples (sud de l’Italie), faisant en dix jours dix morts dont un enfant de 14 ans, malgré les mesures de sécurité exceptionnelles prises par l’Etat en juillet dernier. «Une véritable guerre est en cours», a déclaré le maire de Naples, Antonio Bassolino. «Il y aura d’autres morts dans les prochains jours», a-t-il averti dans un entretien au quotidien «La Repubblica». Pour M. Bassolino, récemment réélu à une écrasante majorité sous les couleurs du Parti démocratique de la gauche (PDS), il s’agit de «règlements de comptes entre les grandes familles de la Camorra et à l’intérieur même des clans». Ces hypothèses sont également celles de la justice, qui enquête sur le meurtre du jeune Giovanni Gargiulo, 14 ans, abattu mercredi matin devant un supermarché de la banlieue napolitaine de trois balles dans la nuque par deux tueurs qui ont pris la fuite en scooter. Giovanni était le frère de Costantino Gargiulo, allié au puissant clan Mazzarella. Récemment arrêté, celui-ci avait décidé de collaborer avec la justice avant de se rétracter. L’adolescent aurait été supprimé par vengeance d’un clan rival, le clan Contini, ou parce qu’il risquait d’être un témoin gênant pour son propre clan, selon les hypothèses de la police. Selon des sources judiciaires, l’affrontement entre les clans Mazzarella et Contini, implantés dans les quartiers périphériques situés à l’est de Naples, n’est pas uniquement motivé par la lutte pour le contrôle du racket, du trafic de stupéfiants ou de la prostitution, mais aussi par l’appât d’énormes gains dans l’avenir proche. Transparence Naples s’apprête à lancer d’importants projets de développement dans la zone industrielle est de la ville, évalués à plus de 1.000 milliards de lires (environ 527,72 millions de dollars), et la mise en place d’une ligne ferroviaire à très grande vitesse entre Rome et Naples, pour un investissement de 5.000 milliards de lires (environ 2,78 milliards de dollars). La Camorra pourrait vouloir mettre la main sur ces fabuleux marchés comme elle l’a fait dans le passé. Les chefs historiques de la Camorra étant maintenant en prison, les petits chefs s’entretuent pour reprendre la succession. M. Bassolino a cependant assuré que «la plus grande transparence» régnerait dans l’adjudication des appels d’offres et la gestion des investissements. En juillet dernier, les autorités italiennes avaient décidé l’envoi de 500 militaires pour aider à combattre la Camorra, à la suite des règlements de comptes en série qui avaient fait des victimes parmi des passants. L’efficacité des soldats, dont la présence a été prolongée jusqu’en juin prochain, est cependant mise en cause. Mardi dernier, lors d’un double assassinat devant la prison centrale de Naples, les tueurs sont en effet intervenus au moment où le véhicule blindé chargé de la surveillance de l’établissement pénitentiaire faisait un tour de garde. Le chef de la police italienne, Fernando Masone, a annoncé jeudi, au terme d’une réunion avec les responsables des forces de l’ordre de la ville, un renforcement du contrôle du territoire. La cité du Vésuve, qui a effectué d’importantes transformations ces dernières années en rénovant ses infrastructures et en misant sur la culture et le tourisme, a décidément du mal à se séparer de son image sulfureuse: celle d’une cité gangrenée par le crime organisé, qui tire profit d’une situation sociale explosive avec un taux de chômage de 45%, voire de 90% dans certaines zones périphériques où sont implantés les clans. En 1997, plus de 130 personnes ont trouvé la mort à Naples dans des règlements de comptes mafieux. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La guerre entre clans de la mafia napolitaine, la Camorra, a repris de plus belle à Naples (sud de l’Italie), faisant en dix jours dix morts dont un enfant de 14 ans, malgré les mesures de sécurité exceptionnelles prises par l’Etat en juillet dernier. «Une véritable guerre est en cours», a déclaré le maire de Naples, Antonio Bassolino. «Il y aura d’autres morts dans les prochains jours», a-t-il averti dans un entretien au quotidien «La Repubblica». Pour M. Bassolino, récemment réélu à une écrasante majorité sous les couleurs du Parti démocratique de la gauche (PDS), il s’agit de «règlements de comptes entre les grandes familles de la Camorra et à l’intérieur même des clans». Ces hypothèses sont également celles de la justice, qui enquête sur le meurtre du jeune Giovanni Gargiulo, 14 ans, abattu...