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Actualités - Chronologie

Indonésie : le nouveau gouverneur de la Banque Centrale prête serment

Le nouveau gouverneur de la Banque centrale, M. Sjaril Sabirin, a prêté serment jeudi devant le président Suharto, formalisant ainsi sa prise de fonction. M. Sjaril remplace à la tête de la Banque Indonésienne (BI) M. Sudrajad Djiwandono licencié par le président Suharto en raison, selon la majorité des analystes, de son opposition à l’institution d’un directoire financier. La mise en place de ce système qui fixe le taux de change de la roupie est combattue par l’ensemble de la communauté internationale qui estime que l’Indonésie n’a ni les réserves de change ni la rigueur économique et politique pour le faire fonctionner. Le promoteur de cette idée, M. Steve Hanke, un professeur d’économie américain et un directeur de fonds jouant sur les devises, a été recruté par des proches du président Suharto qui l’a nommé son conseiller économique. M. Hanke a réaffirmé dans une déclaration à la presse indonésienne publiée jeudi que si le taux de la roupie n’était pas liée au dollar «dans 4 mois, le pays sera mort». «Dans 4 mois, il n’y aura plus rien à faire, la partie sera finie pour vous et vous serez mort», a-t-il déclaré à l’issue d’une rencontre avec le président Suharto. Le Fonds monétaire international (FMI), appuyé par les Etats-Unis, l’Union européenne ainsi que les pays voisins de l’Indonésie, ont clairement indiqué au président Suharto que si le directoire financier était mis en place, l’aide internationale à l’Indonésie serait supprimée. Le «directoire financier», voulu par la famille du président, est au mieux considéré comme une solution simpliste pour régler une crise qui nécessite du temps et des efforts ou, au pire, comme il est de plus en plus souligné, comme un moyen pour les proches du pouvoir d’acheter à bon compte les devises fortes qui restent dans les coffres de l’Etat. Les réserves de devises de la Banque centrale, calculées selon les critères du FMI, se montaient, au 16 février, à 17.07 milliards de dollars, a confirmé jeudi l’agence officielle Antara. Le montant de la dette privée indonésienne est officiellement estimé à 73 milliards de dollars dont plus de 60% exigible à court terme. Hausse de la roupie D’autre part, La roupie soutenue par la perspective de la mise en place prochaine d’un directoire financier a confirmé jeudi sa tendance à la hausse, alors que de nouvelles émeutes étaient signalées notamment à Kendari (Célèbes) dans le nord-est de l’Indonésie. D’autres informations faisaient état de la persistance de la tension dans l’est et le centre de Java. Le sentiment que le président indonésien mettra en œuvre, malgré l’opposition générale, le directoire financier devant fixer un taux de change stable à la devise nationale par rapport au dollar, a confirmé la tendance à la hausse de la roupie. A l’ouverture jeudi, la roupie s’échangeait entre 8.700 et 8.800 pour 1 dollar en hausse après la clôture de mercredi à 9.400. Les cambistes redoutent en effet d’être pris de vitesse par une mesure qui fixerait un taux de change entre 5.500 et 6.500, la fourchette généralement avancée. Un tel taux accélérerait encore la fuite des capitaux hors de l’Indonésie et permettrait aux compagnies endettées en dollars de réduire le montant de leur dette, mais il ne pourrait être soutenu que tant que les réserves du pays le rendront possible. Les réserves de devises de la Banque centrale indonésienne, calculées selon les critères du FMI, se montaient, au 16 février, à 17, 07 milliards de dollars, a confirmé jeudi l’agence officielle Antara. Le montant de la dette privée indonésienne est officiellement estimé à 73 milliards de dollars dont plus de 60% exigible à court terme. Plus de 6.000 personnes, selon les informations de presse, ont manifesté à Kendari après une marche de protestation d’étudiants à travers la localité du Sud de Sulawesi et la manifestation a dégénéré en émeutes, la foule attaquant et pillant les magasins. Plus de 25 localités de Java, Sumatra, Célèbes ainsi que d’autres dans les îles de la Sonde ont été secouées depuis un mois par des émeutes de la faim qui visent les magasins de la communauté ethnique chinoise. Des jets de pierres sur les autobus et voitures ont également, selon les informations recueillies de plusieurs sources, considérablement réduit la circulation sur les routes de la grande île de gava et notamment les axes Jakarta-Bandung et Jakarta-Surabaya. Par ailleurs, le ministre allemand des Finances, Theo Waigel, a déclaré jeudi qu’il n’existait pas d’autre solution pour l’Indonésie que de se conformer au plan de réformes prescrit par le Fonds monétaire international (FMI). Il a aussi réaffirmé dans une interview à la revue Focus que le projet du président indonésien Suharto d’introduire un conseil monétaire pour indexer la roupie sur le dollar est prématuré et risquerait d’aggraver encore la crise économique dans laquelle le pays est plongé. Theo Waigel, qui venait de rencontrer Suharto et d’autres personnalités indonésiennes mercredi à Djakarta, a encore dit que le gouvernement indonésien lui avait promis de suivre les réformes recommandées par le FMI. «A court terme, (le lancement d’un conseil monétaire) exigerait que la monnaie soit stable. Ce n’est possible qu’avec des réserves de change élevées. Les taux d’intérêt devraient être relevés, exactement le contraire de ce dont l’économie a besoin», a noté Theo Waigel. Il a encore dit que les troubles sociaux en Indonésie résultent de la nécessaire suppression des monopoles et des subventions. Cela a pour conséquence à court terme d’augmenter les prix des produits mais c’est «la seule chance à long terme pour le pays de se redresser». Interrogé sur l’impact en Allemagne de la crise asiatique, le ministre des Finances a maintenu sa prévision de croissance économique de 2,5 à 3% pour cent cette année en Allemagne. Les recettes fiscales se révèlent plus stables cette année que dans un passé récent, a-t-il encore dit. (AFP-Reuters)
Le nouveau gouverneur de la Banque centrale, M. Sjaril Sabirin, a prêté serment jeudi devant le président Suharto, formalisant ainsi sa prise de fonction. M. Sjaril remplace à la tête de la Banque Indonésienne (BI) M. Sudrajad Djiwandono licencié par le président Suharto en raison, selon la majorité des analystes, de son opposition à l’institution d’un directoire financier. La mise en place de ce système qui fixe le taux de change de la roupie est combattue par l’ensemble de la communauté internationale qui estime que l’Indonésie n’a ni les réserves de change ni la rigueur économique et politique pour le faire fonctionner. Le promoteur de cette idée, M. Steve Hanke, un professeur d’économie américain et un directeur de fonds jouant sur les devises, a été recruté par des proches du président Suharto qui...