Un groupe de dissidents chinois a accusé mercredi le premier ministre Li Peng d’avoir «du sang sur les mains» et de n’être donc pas qualifié pour devenir président du Parlement le mois prochain. «Le premier ministre Li Peng a le sang de victimes sur les mains, en raison des crimes impardonnables qu’il a commis pendant le mouvement étudiant de 1989», ont affirmé 7 activistes dans une lettre ouverte aux députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP). «Il n’est plus qualifié pour le poste de dirigeant national et nous appelons les délégués de l’ANP à ne pas voter pour lui, car il a déjà une place dans l’histoire de l’humiliation de la Chine», ont-ils écrit. Les sept dissidents, originaires de la province orientale du Zhejiang, ont tous fait de la prison à la suite de l’écrasement du mouvement démocratique le 4 juin 1989 sur la place Tiananmen à Pékin. Aucun bilan officiel n’a jamais été rendu public sur ces événements dramatiques, mais selon des estimations faites par des témoins, plusieurs centaines de manifestants auraient été tués lors de l’intervention brutale de l’armée. Une deuxième pétition a été adressée à l’ANP par le dissident Wang Hongxue qui a appelé le Parlement à exercer son pouvoir suprême et à légiférer en faveur d’une Chine démocratique et libre. «Au cours de la dernière décennie, beaucoup d’enfants de Chine ont péri ou ont souffert de persécutions parce qu’ils œuvraient en faveur de la démocratie et la création d’une société satisfaisante», a déclaré Wang joint à son domicile de Bengbu, dans la province orientale de l’Anhui. «En tant que députés, vous devez adopter une attitude responsable et protéger pleinement les droits du peuple chinois», a-t-il ajouté. Wang Youcai, l’un des sept signataires de la pétition anti-Li Peng et également l’un des 21 meneurs des étudiants les plus recherchés à l’époque de Tiananmen, a déclaré dans une interview par téléphone qu’il n’était pas effrayé des conséquences de leur lettre. «Nous ne savons pas ce qu’il arrivera, et nous n’avons donc qu’à attendre de voir si les autorités vont bouger», a-t-il dit. Dans la pétition, les sept activistes ont accusé M. Li de ne croire qu’à la dictature et de refuser d’accepter les critiques. «Les délégués à l’ANP devraient se sentir responsables du peuple chinois et mettre sur pied une commission d’enquête sur l’incident du 4 juin. Ils doivent faire connaître la vérité et la liste de toutes les victimes et traduire les auteurs de la répression conformément à la loi», a estimé Wang Youcai. En mars, Li Peng, 69 ans, doit quitter son poste de premier ministre à l’issue de son deuxième mandat de 5 ans, conformément à la Constitution. Il devrait, selon toutes probabilités, être nommé à la tête du Parlement à l’occasion de la session plénière annuelle qui débutera le 5 mars. En 1989, c’est lui qui avait signé la loi martiale, ce qui lui avait valu d’être qualifié de «boucher de Pékin» en Occident après l’intervention sanglante de l’armée le 4 juin. Depuis cette date, M. Li, comme d’ailleurs la plupart des dirigeants du Parti et de l’Etat, a toujours défendu la décision d’ouvrir le feu sur les manifestants comme «nécessaire» pour maintenir l’unité de la Chine. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un groupe de dissidents chinois a accusé mercredi le premier ministre Li Peng d’avoir «du sang sur les mains» et de n’être donc pas qualifié pour devenir président du Parlement le mois prochain. «Le premier ministre Li Peng a le sang de victimes sur les mains, en raison des crimes impardonnables qu’il a commis pendant le mouvement étudiant de 1989», ont affirmé 7 activistes dans une lettre ouverte aux députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP). «Il n’est plus qualifié pour le poste de dirigeant national et nous appelons les délégués de l’ANP à ne pas voter pour lui, car il a déjà une place dans l’histoire de l’humiliation de la Chine», ont-ils écrit. Les sept dissidents, originaires de la province orientale du Zhejiang, ont tous fait de la prison à la suite de l’écrasement du mouvement...