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Actualités - Chronologie

Vent de panique sur l'immobilier en Serbie

Une nouvelle réglementation destinée à combattre la spéculation a provoqué un vent de panique sur le marché de l’immobilier en Serbie, où les transactions ne peuvent plus se faire que par virement bancaire et en monnaie locale en vertu d’un décret gouvernemental. En Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro), les transactions immobilières s’effectuaient jusqu’à présent en espèces et en devises, en raison de la dépréciation constante du dinar, la monnaie nationale. «Nous n’avons signé aucun contrat depuis que ce décret est entré en vigueur» il y a deux semaines, indique Petar Tomovic, président d’une association, Krov, qui regroupe à Belgrade 60 agences immobilières. Les Yougoslaves n’ont confiance ni dans le dinar ni dans les banques. Le dinar a perdu en un an et demi près de la moitié de sa valeur par rapport au dollar, tandis que 4,5 milliards de dollars de dépôts d’épargne sont gelés depuis le début des années 90 et ne pourront théoriquement être remboursés avant une douzaine d’années. Le gouvernement a voulu instaurer une «discipline financière», dans un pays où une part importante de l’économie échappe au contrôle de l’Etat et où l’argent liquide est roi. Le décret concerne également la vente de véhicules entre particuliers. Il fait aussi obligation aux habitants de la Serbie de prouver qu’ils se sont acquittés de leurs impôts pour pouvoir obtenir un passeport ou une carte d’identité. Les banques étant souvent insolvables, rien ne garantit cependant au vendeur d’un bien immobilier qu’il pourra voir rapidement la couleur de son argent. Quant à l’acheteur, qui garde précieusement ses économies en devises dans un bas de laine, il devra les vendre à la banque au taux officiel de 6 dinars pour un dollar, au lieu de 10 dinars sur le marché parallèle. «C’est une mesure antidémocratique, inconstitutionnelle et illégale», estime Ljubisa Vucetic, avocat de Krov. Si ce décret reste en vigueur, il tuera le marché de l’immobilier, estime Igor Ivanovic, porte-parole de l’association. «L’Etat sera le premier lésé, car il restera privé des rentrées, taxes et impôts liés aux transactions», note-t-il. A Belgrade, le mètre carré de surface habitable se négocie entre 550 et 1.100 dollars, les agences immobilières prenant une commission de 3%. Des dizaines de milliers de Yougoslaves ont pu racheter à bas prix au début des années 90 les appartements que les pouvoirs locaux ou leur entreprise leur avaient attribués. Aujourd’hui, avec un salaire moyen de 150 dollars, le chômage qui touche près d’un tiers de la population active et alors que les banques n’accordent pas de crédits, nombre d’entre eux sont contraints de vendre leur appartement pour acheter un logement plus petit. Les bénéfices de l’opération sont souvent investis dans la construction sauvage de locaux commerciaux ou de logements destinés à la revente. La presse fait état de 200.000 kiosques, caves ou greniers aménagés en boutiques ou appartements construits en toute illégalité ces dernières années dans la seule capitale. Le président serbe Milan Milutinovic a lui-même demandé au gouvernement de «revoir» certaines dispositions du décret. Les agents immobiliers ont porté plainte auprès de la Cour constitutionnelle de Serbie et celle de la RFY. Ils demandent au gouvernement de modifier ce texte et à être associés à la rédaction d’une nouvelle réglementation. «Si ce n’est pas fait, nous instruirons nos clients sur les moyens de tourner légalement ce décret», affirme M. Ivanovic. Une des possibilités évoquées par la presse serait d’accomplir les formalités administratives liées aux transactions immobilières au Monténégro, auquel le décret ne s’applique pas. (AFP)
Une nouvelle réglementation destinée à combattre la spéculation a provoqué un vent de panique sur le marché de l’immobilier en Serbie, où les transactions ne peuvent plus se faire que par virement bancaire et en monnaie locale en vertu d’un décret gouvernemental. En Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro), les transactions immobilières s’effectuaient jusqu’à présent en espèces et en devises, en raison de la dépréciation constante du dinar, la monnaie nationale. «Nous n’avons signé aucun contrat depuis que ce décret est entré en vigueur» il y a deux semaines, indique Petar Tomovic, président d’une association, Krov, qui regroupe à Belgrade 60 agences immobilières. Les Yougoslaves n’ont confiance ni dans le dinar ni dans les banques. Le dinar a perdu en un an et demi près de la moitié de sa...