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Actualités - Chronologie

Situation alimentaire délicate à Freetown

La situation alimentaire demeure délicate à Freetown, investie à la fin de la semaine dernière par les troupes nigérianes de l’ECOMOG, la force ouest-africaine qui a délogé la junte au pouvoir depuis le mois de mai dernier. La normalisation se poursuit sans incident et le commandant en chef de l’ECOMOG, le général nigérian Timothy Shelpidi, basé à Monrovia, a rendu sa première visite à ses troupes depuis leur offensive victorieuse, apportant une aide d’urgence. Tous les grands magasins et entrepôts de la capitale ont été pillés lors de la déroute de la junte et de ses alliés, les anciens rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF, en armes depuis mars 1991), aggravant la pénurie alimentaire née d’un strict embargo appliqué à l’encontre de la junte depuis le coup d’Etat. Une soixantaine de soldats et de rebelles en déroute, dont douze enfants-soldats, se sont noyés lorsque l’embarcation à bord de laquelle ils fuyaient la péninsule de Freetown a heurté un rocher, ont rapporté des pêcheurs. Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), un bateau du Programme alimentaire mondial (PAM) transportant 900 tonnes de nourriture est arrivé en provenance de Monrovia. Il est reparti aussitôt chercher des secours à Conakry pour les 650.000 habitants de la capitale sierra-léonaise. Flambée des prix Dans les rues, sur les marchés, les prix ont grimpé. L’assiette de riz qui constitue généralement l’unique repas de la journée et qui valait 300 leones la semaine dernière, est à 500 leones. La monnaie locale se redresse lentement et le dollar américain qui s’échangeait à 2.300 leones la semaine dernière, ne vaut «plus» que 1.300 leones. La pénurie de carburant affecte sérieusement la circulation automobile, multipliant le nombre de piétons dans les rues. Les barrages érigés au cours du week-end par des civils — sous prétexte de récupération des armes et des fuyards — se sont raréfiés après l’allocution dimanche du colonel Maxwell Kobe, chef d’état-major de l’ECOMOG en Sierra Leone et nouveau maître de la capitale, appelant un arrêt des pillages et annonçant que leurs auteurs seraient abattus à vue. Ces barrages étaient devenus de hauts lieux de racket. Seuls persistent les postes de contrôle tenus par les militaires nigérians qui surveillent qu’aucune arme ne circule. Les tas de marchandises récupérées sur les pillards et exposées devant le commissariat central ont eux aussi diminué. A l’hôpital Connaught, le principal de la ville, la situation se normalise. La Croix-Rouge locale a emmené les derniers cadavres en putréfaction de la morgue. L’électricité n’est toujours pas revenue dans l’hôpital et les cours et les couloirs se sont vidés. Outre les malades et les blessés, de nombreux habitants de la ville étaient venus s’y réfugier. Une équipe médicale de Médecins sans frontières composée d’une infirmière française, d’un chirurgien tchèque et d’un obstétricien allemand y a opéré sans trêve pendant les affrontements de la fin de la semaine. «D’abord on a eu des éclats d’obus, puis ces deux derniers jours des blessés par balles», explique Geneviève Jezequel, l’infirmière française. «Pour les médicaments, tout le monde a raclé les fonds de tiroir», ajoute-t-elle. (AFP)
La situation alimentaire demeure délicate à Freetown, investie à la fin de la semaine dernière par les troupes nigérianes de l’ECOMOG, la force ouest-africaine qui a délogé la junte au pouvoir depuis le mois de mai dernier. La normalisation se poursuit sans incident et le commandant en chef de l’ECOMOG, le général nigérian Timothy Shelpidi, basé à Monrovia, a rendu sa première visite à ses troupes depuis leur offensive victorieuse, apportant une aide d’urgence. Tous les grands magasins et entrepôts de la capitale ont été pillés lors de la déroute de la junte et de ses alliés, les anciens rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF, en armes depuis mars 1991), aggravant la pénurie alimentaire née d’un strict embargo appliqué à l’encontre de la junte depuis le coup d’Etat. Une soixantaine de soldats et...