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Actualités - Chronologie

Les palestiniens réduits à un soutien silencieux

Les Palestiniens, empêchés de manifester par leurs autorités et craignant de possibles représailles israéliennes, en sont réduits à soutenir l’Irak en silence. Désespérés par le blocage du processus de paix, choqués de l’exigence d’un respect des résolutions internationales par les Irakiens mais pas par les Israéliens, les Palestiniens interrogés dans la rue sont unanimes. Le président irakien Saddam Hussein «est bien évidemment un dictateur, mais il soutient les Palestiniens», explique Karem Koustiro, un marchand de chaussures de 27 ans à Hébron, en Cisjordanie. «Nous sommes dans un tel désespoir que nous sommes prêts à soutenir quelqu’un qui, au moins, nous respecte», dit-il. Selon un sondage réalisé par le Centre palestinien de Jérusalem pour la communication et les médias (JMCC), pas moins de 94% des Palestiniens sympathisent avec l’Irak dans la crise qui l’oppose aux Etats-Unis. «Je soutiens l’Irak parce qu’il est le seul à véritablement soutenir la cause palestinienne. La preuve, il a attaqué Israël pendant la guerre du Golfe», affirme Hamdan Hatawil, 23 ans, un autre marchand de chaussures de Hébron. Pourtant, les manifestations pro-irakiennes dans les territoires ne mobilisent guère plus que quelques centaines de personnes à chaque fois. «On pourrait voir plus de gens dans les rues, mais les Palestiniens ont peur de l’Autorité palestinienne», explique M. Hatawil. Lui-même a arboré un drapeau irakien, il y a quelques jours, sur sa voiture. Des policiers palestiniens lui ont expressément ordonné de l’enlever. L’Autorité palestinienne, qui ne tient pas à heurter les Etats-Unis, grands parrains du processus de paix avec Israël, a interdit les manifestations pro-irakiennes et censuré les émissions radiotélévisées favorables à l’Irak. Depuis, les ventes de posters et de tee-shirts à l’effigie du président Saddam Hussein sont en baisse. «Les ventes ont nettement diminué, en raison de l’interdiction des manifestations», explique Abou Tareq, qui vend des portraits de Saddam Hussein dans son échoppe de Gaza. «Si nous manifestons, nous allons nous attirer des ennuis», confirme Mohammed Nouah Doufish, 61 ans, dans sa petite boutique de matériel hi-fi à Hébron. M. Doufish se souvient de la guerre du Golfe et du blocus que l’armée israélienne avait alors imposé pendant des semaines aux territoires palestiniens de Cisjordanie et Gaza. «Notre situation économique va encore empirer», prédit-il. «Depuis quatre jours, je n’ai rien vendu. Les gens n’achètent que des produits de première nécessité, car ils anticipent le bouclage qui nous attend», ajoute-t-il. Selon un rapport des Nations Unies, le dernier bouclage total des territoires, imposé l’été dernier par Israël après deux attentats intégristes sanglants à Jérusalem, a fait perdre plus de 200 millions de dollars à l’économie palestinienne. Pour Raïda Knebe, 26 ans, étudiante en sociologie à l’université de Hébron, les Palestiniens ont intérêt à ne «pas faire trop de bruit». «Sinon, cela ne nous amènera que du mal», dit-elle. Si les Palestiniens font corps avec la cause irakienne, moins d’un tiers expliquent leur sympathie par leur soutien à Saddam Hussein et à son régime. Pour la grande majorité d’entre eux, selon le sondage du JMCC, c’est une sympathie générale avec le peuple arabe d’Irak, ainsi que l’hostilité à l’égard des Etats-Unis, perçu comme pro-israéliens, qui les motivent. «Les Etats-Unis et Israël, c’est pareil. Ils sont sionistes», affirme M. Hatawil, le marchand de chaussures. Comme lui, 80% des Palestiniens, selon le JMCC, considèrent que les Etats-Unis mènent une politique de «deux poids, deux mesures» en n’exigeant pas d’Israël le respect des résolutions de l’ONU, qui stipulent son retrait des territoires occupés. (AFP)
Les Palestiniens, empêchés de manifester par leurs autorités et craignant de possibles représailles israéliennes, en sont réduits à soutenir l’Irak en silence. Désespérés par le blocage du processus de paix, choqués de l’exigence d’un respect des résolutions internationales par les Irakiens mais pas par les Israéliens, les Palestiniens interrogés dans la rue sont unanimes. Le président irakien Saddam Hussein «est bien évidemment un dictateur, mais il soutient les Palestiniens», explique Karem Koustiro, un marchand de chaussures de 27 ans à Hébron, en Cisjordanie. «Nous sommes dans un tel désespoir que nous sommes prêts à soutenir quelqu’un qui, au moins, nous respecte», dit-il. Selon un sondage réalisé par le Centre palestinien de Jérusalem pour la communication et les médias (JMCC), pas moins de...