Le procès du pasteur sud-africain Allan Boesak, figure de la lutte anti-apartheid poursuivie pour des détournements d’aide, a été reporté au mois de mai, en raison d’un différend financier sur la rétribution de ses avocats. «Je suis profondément affecté par le nouveau renvoi de ce procès, j’ai eu 52 ans lundi et je veux savoir où va ma vie», a déclaré le pasteur sur les marches de la Haute Cour du Cap. Dans un nouvel épisode de la saga judiciaire entamée il y a quatre ans, le tribunal a renvoyé le procès au 18 mai en soulignant que cette date restait provisoire, faute de savoir si les problèmes pécuniaires seraient résolus d’ici là. Le pasteur s’est vu retiré le bénéfice de l’aide judiciaire légale après la proposition d’un donateur anonyme de prendre en charge ses frais de défense. Le pasteur a fait appel auprès de l’aide judiciaire et dans l’attente d’une décision finale, ses avocats se plaignent de ne pas être rétribués. Allan Boesak doit être jugé pour 12 affaires de fraudes et 20 de vol: il est accusé d’avoir détourné plus de huit millions de rands d’aide (1,8 million de dollars) reçue par son association, la Fondation pour la paix et la justice, à l’époque où il était un des plus célèbres porte-voix de la lutte anti-apartheid. Selon le dossier d’accusation, l’ancien responsable régional du Congrès national africain (ANC) se serait personnellement enrichi de 1,1 million de rands (247.000 dollars) sur les fonds destinés aux victimes de l’apartheid. Lundi, le pasteur a précisé qu’il vivait grâce au soutien de ses amis. «Tout, ma maison, mon appartement, la nourriture qui se trouve sur ma table, provient de personnes qui se soucient de moi et de ma famille», a-t-il affirmé, avant d’ajouter qu’il n’aimait pas «vivre en mendiant». Allan Boesak s’est aussi plaint de vivre «dans le stress» depuis trop longtemps. Les premières accusations furent lancées contre lui il y a quatre ans par des donateurs danois de la Dan Church. «Je pense que je peux encore apporter ma contribution à ce pays», a par ailleurs estimé celui qui bénéficie encore d’une popularité indéniable au sein de la communauté métisse du Cap, ainsi que de l’appui de ses anciens compagnons de lutte, dont le ministre de la Justice Dullah Omar. Les accusations de malversations ont mis un terme à la carrière politique de cet orateur charismatique, le forçant à démissionner en 1995 de son poste d’ambassadeur désigné aux Nations Unies, à Genève, auquel l’avait nommé le président Nelson Mandela. Il avait dû vendre sa luxueuse maison des environs du Cap avant de s’exiler volontairement aux Etats-Unis pour enseigner la théologie dans un séminaire de San Francisco. Fixé dans un premier temps en avril puis en août dernier, son procès a déjà été renvoyé par plusieurs fois pour des raisons de procédure. Jugé séparément, son comptable a été condamné en novembre à six ans de prison après avoir plaidé coupable pour le vol de plus de 770.000 dollars provenant de donateurs étrangers. (AFP)
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