Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les feux de forêt menacent à nouveau l'asie du sud-est

Feux de broussailles et de forêt ravagent à nouveau certaines régions de l’Indonésie et menacent le Sud-Est asiatique d’une pollution aussi grave que celle de l’automne 1997, estiment des spécialistes. Si ces incendies prennent de l’ampleur à Sumatra et Kalimantan, où plusieurs nouveaux «points chauds» ont été signalés, le sultanat de Brunei, la Malaisie, Singapour, le sud de la Thaïlande et les Philippines pourraient se couvrir une nouvelle fois d’un épais brouillard dû aux fumées, avec son lot de conséquences sanitaires et économiques, maladies respiratoires, allergies, fermeture d’aéroports, etc. Cela pourrait tourner à la catastrophe pour une économie régionale déjà malmenée ces derniers mois par la crise financière et bancaire. Trois mois de ce brouillard jaunâtre, de septembre à novembre derniers, avaient entraîné une baisse significative du nombre des visiteurs dans la région, selon des statistiques officielles, et l’impact sur l’économie des journées de travail perdues pour cause de maladie n’est pas encore complètement chiffré. «Nous nous retrouverions dans une situation analogue à celle de l’année dernière si les feux continuent de brûler», déclare Steve Tamplin, conseiller régional au bureau de Manille de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les autorités indonésiennes ont déjà signalé plus de 90 secteurs affectés par un regain de feux de broussailles dans les îles de Sumatra et Bornéo, une situation aggravée par l’absence actuelle de pluie de mousson. Un responsable du service des forêts à Djakarta a précisé que 51 zones en feu avaient été repérées à Sumatra et une quarantaine à Kalimantan, la partie indonésienne de l’île de Bornéo. Le nombre de ces zones en flammes a augmenté de façon inquiétante en peu de jours, puisque la semaine dernière il n’en avait été recensé que quatre à Sumatra et 19 à Kalimantan. La plupart des incendies sont déclenchés par des agriculteurs qui pratiquent la culture sur brûlis ou par des sociétés qui produisent de l’huile de palme et détruisent la forêt pour créer de nouvelles plantations. Ce processus existe depuis toujours, mais ces dernières années il s’est intensifié et la sécheresse, aggravée depuis l’automne par le phénomène climatique El-Niño, facilite la propagation des flammes. L’ASEAN s’organise Woon Shih Lai, directeur des services météorologiques de Singapour, estime cependant que la situation atmosphérique devrait rester claire en Asie du Sud-Est jusqu’à la fin mars. «Pendant un ou deux mois, car les vents viennent du nord, il y aura un peu de fumées mais elles seront pour l’essentiel envoyées vers le sud et n’affecteront pas Singapour ou la Malaisie», dit Woon. «A ce stade, les incendies affectent l’Indonésie elle-même, ajoute-t-il. Mais si les feux continuent et que le vent tourne, les régions qui seront sous le vent risquent d’être affectées». Divers groupes de pression ont promptement réagi à la nouvelle des nouveaux incendies. «Si Singapour commence à subir des nuages de fumées quand la mousson s’arrêtera, à la fin avril, il n’y aura plus de pluie en Indonésie et cela continuera à brûler et Singapour passera neuf mois sans voir le soleil», n’hésite pas à déclarer Peyton Coffin, président du Preserve Planet Earth Committee. A Djakarta, le secrétariat de l’Association des Nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) a d’ores et déjà proposé des mesures pour lutter contre la pollution due aux incendies et a précisé qu’un plan d’action serait en place à la mi-1998, avec coordination informatique des divers services météorologiques afin que tous les Etats membres disposent des images satellite, des cartes des vents et des données disponibles sur la qualité de l’air. Le secrétariat de l’ASEAN a ajouté que la Malaisie aurait en charge la prévention des incendies, par une meilleure politique d’utilisation des terres et des programmes de sensibilisation des agriculteurs, tandis que Singapour gérerait la mise en place des mécanismes de surveillance des feux. L’Indonésie coordonnera les efforts régionaux destinés à renforcer les dispositifs antifeux et la capacité de lutte contre les incendies au sein de l’ASEAN. L’ASEAN regroupe Brunei, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam. (Reuters)
Feux de broussailles et de forêt ravagent à nouveau certaines régions de l’Indonésie et menacent le Sud-Est asiatique d’une pollution aussi grave que celle de l’automne 1997, estiment des spécialistes. Si ces incendies prennent de l’ampleur à Sumatra et Kalimantan, où plusieurs nouveaux «points chauds» ont été signalés, le sultanat de Brunei, la Malaisie, Singapour, le sud de la Thaïlande et les Philippines pourraient se couvrir une nouvelle fois d’un épais brouillard dû aux fumées, avec son lot de conséquences sanitaires et économiques, maladies respiratoires, allergies, fermeture d’aéroports, etc. Cela pourrait tourner à la catastrophe pour une économie régionale déjà malmenée ces derniers mois par la crise financière et bancaire. Trois mois de ce brouillard jaunâtre, de septembre à novembre...