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Actualités - Chronologie

Un coût financier désastreux pour les monarchies du golfe

Les monarchies du Golfe, où le coût de la guerre du Golfe se fait toujours sentir, pourraient difficilement financer une attaque contre l’Irak en raison de la chute des cours de brut, ont estimé dimanche des experts. Bien que les Etats-Unis n’aient pas précisé s’ils demanderaient à leurs alliés du Golfe de contribuer au financement d’une éventuelle frappe contre l’Irak, plusieurs responsables américains ont souligné à l’envi qu’une telle attaque viserait aussi à neutraliser toute menace de l’Irak contre ses voisins. «L’Amérique veut persuader les monarchies du Golfe qu’elle les défend contre l’Irak pour les pousser à payer», estime un diplomate arabe dans la région. Selon lui, «une attaque serait un désastre pour l’Irak, mais aussi un désastre financier pour les monarchies arabes du Golfe si elles devaient la financer ou contribuer à son financement». «Ces monarchies sont déjà confrontées à des difficultés de trésorerie à cause de la chute des cours de brut, du financement des deux précédents conflits (la guerre Irak-Iran et la guerre du Golfe de 1991) et de leurs besoins croissants de développement», souligne-t-il. Les cours du brut ont chuté à moins de 15 USD le baril, contre plus de 23 USD en janvier-février 1997. Un autre diplomate a estimé à «plusieurs milliards de dollars» le coût d’une opération militaire d’envergure contre l’Irak. «Je ne pense pas que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne supporteraient seuls ces coûts. Le Japon pourrait être sollicité comme en 1991», a-t-il ajouté. Le gros de dépenses à l’Arabie Selon lui, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie Séoudite, Oman, Qatar, Bahrein, Emirats arabes unis et Koweit) «pourraient payer mais secrètement pour éviter de paraître comme les financiers d’une agression contre un pays arabe». Mardi dernier, le ministre koweitien de l’Information, cheikh Saoud Nasser al-Sabah, avait affirmé que son pays n’avait pas été sollicité et ne le serait pas pour contribuer au financement du nouveau dispositif américain. Trois jours plus tard, le ministre d’Etat britannique à la Défense, Lord Gilbert, avait déclaré à Koweit que l’émirat contribuerait au financement du «stationnement» des appareils britanniques au Koweit. L’Arabie Séoudite a assuré qu’elle refuserait de permettre l’usage de ses bases pour une attaque contre l’Irak. Les pays du CCG, qui contrôlent près de 45% des réserves mondiales prouvées de pétrole, ont contribué pour plus de 60 milliards de dollars à la guerre de libération du Koweit (1991). Le gros des dépenses a été payé par l’Arabie Séoudite et le Koweit, qui avaient déjà dépensé plus de 30 mds USD pour soutenir l’Irak dans sa guerre contre l’Iran (1980-88), selon des estimations occidentales. La lourde contribution du Koweit à la crise du Golfe a provoqué une forte baisse de ses avoirs à l’étranger estimés avant la guerre à 100 mds USD. L’Arabie Séoudite avait dû contracter, pour la première fois, des emprunts sur le marché international. Selon des chiffres officiels, ces contributions ont provoqué en 1991 et 1992 une hausse de 50% des dépenses de ces deux pays. Malgré une hausse de la production et des cours du brut après la guerre, l’Arabie Séoudite avait accusé un déficit budgétaire record de près de 31,6 mds USD en 1991. Le Koweit a souffert d’un manque à gagner de 25,3 mds de dollars en raison de la guerre et de l’occupation irakienne. «Toute nouvelle contribution aggraverait leurs difficultés», a estimé un économiste qui craint qu’une telle contribution «ne se fasse au détriment du développement» de ces pays. (AFP)
Les monarchies du Golfe, où le coût de la guerre du Golfe se fait toujours sentir, pourraient difficilement financer une attaque contre l’Irak en raison de la chute des cours de brut, ont estimé dimanche des experts. Bien que les Etats-Unis n’aient pas précisé s’ils demanderaient à leurs alliés du Golfe de contribuer au financement d’une éventuelle frappe contre l’Irak, plusieurs responsables américains ont souligné à l’envi qu’une telle attaque viserait aussi à neutraliser toute menace de l’Irak contre ses voisins. «L’Amérique veut persuader les monarchies du Golfe qu’elle les défend contre l’Irak pour les pousser à payer», estime un diplomate arabe dans la région. Selon lui, «une attaque serait un désastre pour l’Irak, mais aussi un désastre financier pour les monarchies arabes du Golfe si...