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Actualités - Chronologie

Les indonésiens de souche chinoise payent le prix de la crise économique

Des dizaines de personnes ont pillé samedi, sous le regard bienveillant de la police, les magasins des commerçants d’origine chinoise de Sukamandi, une localité de Java secouée par de violentes émeutes. «Ce magasin est déjà détruit à quoi servirait d’intervenir», a déclaré aux journalistes le sergent Sutanto. Avec une douzaine de ses collègues en uniforme, il regarde le pillage systématique du magasin dont la devanture vient d’être enfoncée et fait remarquer que le propriétaire, un Indonésien de la communauté d’origine chinoise, avait été informé mais «a trop peur pour venir voir». «Nous sommes là pour protéger ces magasins qui appartiennent à des musulmans», ajoute-t-il montrant plusieurs boutiques aux volets fermés mais intactes. «Partagez la nourriture, partagez la nourriture», scande un groupe de 150 jeunes gens qui rient et chantent et, pour s’amuser, se lancent au visage des poignées de pop-corn. «Tout est trop cher, les prix sont trop élevés», explique l’un d’entre eux. Une douzaine de localités le long de la côte de la mer de Java dont la plus proche est à moins de 80 kilomètres à l’est de Jakarta et la plus lointaine à 200, ont été touchées par des scènes de violences visant les boutiques des Indonésiens d’origine ethnique chinoise. L’indifférence des autorités Non seulement des dizaines de magasins ont été incendiés et pillés à Sukamandi, Cisaem, Losari, Indramayu et autres mais des hôtels ou des usines appartenant à cette minorité ont été attaqués ou endommagés. Au moins cinq églises catholiques ont également été attaquées, pillées ou incendiées. Traditionnel bouc émissaire des temps difficiles, la minorité d’origine chinoise, souvent chrétienne au sein d’une population majoritairement musulmane, jalousée en raison de sa réussite économique, paye aujourd’hui la hausse des prix et les pénuries conséquence d’une crise économique provoquée par un endettement non productif et excessif. Les autorités n’ont rient fait pour éviter les violences qui ont éclaté au lendemain d’un nouvel appel du président Suharto à redoubler de vigilance et à empêcher toute menace à l’ordre public et que le commandement de l’armée multiplie les mises en garde contre tout éventuel fauteur de troubles. «Nous nous attendions à une telle situation mais il a fallu le temps pour que les renforts arrivent», a déclaré le colonel commandant la police de Pamanukan, la localité de moins de 100.000 habitants la plus touchée par les violences. «La population est très frustrée, c’est de la jalousie sociale», a-t-il ajouté en commentaire au lendemain d’une émeute qui a duré plus de 10 heures et détruit, selon son propre bilan, 23 maisons d’habitations, 15 boutiques, 4 églises catholiques et une dizaine de voitures. Un homme est mort, mais ce serait d’une crise cardiaque. Tjuna Huat, propriétaire d’une quincaillerie dont la femme pleure serrée contre lui, raconte: «Ils sont entrés dans la maison et ils ont tout pris. Ils ont pris le collier du cou de ma femme, ils m’ont arraché mon alliance du doigt et ils ont même pris ma chemise». Huat, comme des dizaines de membres de sa communauté, dont beaucoup ont été brutalisés par la foule, s’est réfugié au commissariat. Dès que la tension sera retombée, avec tous ceux qui savent où aller, il y ira se réfugier ailleurs, dans une plus grande ville où il espère être en sécurité. (AFP)
Des dizaines de personnes ont pillé samedi, sous le regard bienveillant de la police, les magasins des commerçants d’origine chinoise de Sukamandi, une localité de Java secouée par de violentes émeutes. «Ce magasin est déjà détruit à quoi servirait d’intervenir», a déclaré aux journalistes le sergent Sutanto. Avec une douzaine de ses collègues en uniforme, il regarde le pillage systématique du magasin dont la devanture vient d’être enfoncée et fait remarquer que le propriétaire, un Indonésien de la communauté d’origine chinoise, avait été informé mais «a trop peur pour venir voir». «Nous sommes là pour protéger ces magasins qui appartiennent à des musulmans», ajoute-t-il montrant plusieurs boutiques aux volets fermés mais intactes. «Partagez la nourriture, partagez la nourriture», scande un...