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Actualités - Chronologie

Les chasseurs français ont réussi leur plus grande démonstration de force

Les chasseurs ont gagné samedi à Paris leur pari et réussi la plus grande démonstration de force de leur histoire, en faisant déferler dans les rues de la capitale environ 150.000 manifestants venus crier leur opposition farouche au ministre de l’Environnement Dominique Voynet et à l’Union européenne. Les manifestants étaient 130.000, selon la préfecture de police, «plus de 150.000», selon l’Union nationale des chasseurs. Au-delà des chiffres, la démonstration était impressionnante. Le «peuple» des chasseurs — du hobereau au petit paysan — a quitté la capitale dès la manifestation terminée, pour regagner ses terres de chasse qu’il juge menacées par une réglementation européenne «tatillonne et inadaptée» et par une ministre «verte» qu’il déteste cordialement. Dès le début de la matinée, les 2.500 cars affrétés par les 90 fédérations départementales fortes de leurs 1,5 million d’adhérents (record européen) ont débarqué aux abords de la Tour Eiffel des chasseurs en tenue ou pas, dépliant banderoles hostiles à Bruxelles voire mannequins de Dominique Voynet, tête de turc de cette grande journée de défoulement. Les consignes avaient été strictes et elles ont globalement été bien observées: pas de fusils bien sûr, pas de bouteilles mais des slogans, des banderoles, des emblèmes, des drapeaux des provinces et aucun signe distinctif politique. En première ligne des discours, les revendications précises de la chasse française, qui ne se sent pas vraiment menacée mais préfère prendre les devants : réduction des périodes de la chasse aux oiseaux migrateurs (directive Oiseaux), pratique de la chasse dans les zones Natura 2000 (directive Habitats) et remise en cause (européenne elle aussi) d’une loi qui oblige les petits propriétaires à ouvrir leurs terres aux chasseurs. L’Union nationale des Fédérations de chasseurs (UNC), à l’origine de la manifestation, demande au gouvernement d’engager «de véritables négociations auprès des instances européennes afin de garantir la pérennité de la chasse» en France où elle est pratiquée par plus d’un million et demi de personnes. L’Union est particulièrement hostile à la directive européenne de 1979 sur les oiseaux migrateurs. Cette année, la justice française a imposé pour la première fois la fermeture de cette chasse au 31 janvier en application des dispositions européennes. Faute de grives, on «chasse Voynet» Avec la Grèce, la France était le seul pays de l’UE autorisant encore la prolongation de la chasse aux oiseaux migrateurs au-delà du mois de janvier. Les cris de «Voynet démission» ont fusé de façon continue tout au long de ce défilé que les Parisiens ont regardé avec plus d’indifférence que de curiosité. A défaut de grives, la «chasse à la Voynet» ou à la «Voynette» était bien portée. «Touche à notre chasse, tu perds ta place» était presqu’un leitmotiv mais l’imagination du chasseur moyen pouvait aller plus loin. La défense du mode de vie des chasseurs et de «la» tradition a rejoint la perspective des prochaines élections régionales («un chasseur = une voix»), sur lesquelles les chasseurs comptent bien peser «pour que la vie rurale soit représentée». Plusieurs partis politiques ne s’y sont pas trompés, depuis le «Cercle national chasse pêche nature» du Front national jusqu’aux communistes et à la droite traditionnelle, tous présents pour dénoncer «la trop grande immixtion européenne dans les affaires françaises». (AFP)
Les chasseurs ont gagné samedi à Paris leur pari et réussi la plus grande démonstration de force de leur histoire, en faisant déferler dans les rues de la capitale environ 150.000 manifestants venus crier leur opposition farouche au ministre de l’Environnement Dominique Voynet et à l’Union européenne. Les manifestants étaient 130.000, selon la préfecture de police, «plus de 150.000», selon l’Union nationale des chasseurs. Au-delà des chiffres, la démonstration était impressionnante. Le «peuple» des chasseurs — du hobereau au petit paysan — a quitté la capitale dès la manifestation terminée, pour regagner ses terres de chasse qu’il juge menacées par une réglementation européenne «tatillonne et inadaptée» et par une ministre «verte» qu’il déteste cordialement. Dès le début de la matinée, les...