La veuve de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos menacée de la prison, un ex-acteur de cinéma partant favori, et 81 autres candidats allant du «play-boy international» à l’«ennemi des agents de Satan», sont en lice pour l’élection présidentielle philippine de mai prochain. Fameux ou obscurs, tous les candidats à la présidence sont maintenant sur la liste du comité officiel des élections (COMELEC), close définitivement en début de semaine, et se sont officiellement lancés déjà dans la course au palais de Malacanang. Un seul grand absent parmi les candidats, le président Fidel Ramos à qui la Constitution interdit de briguer un second mandat de six ans. Parmi les candidats les plus obscurs figure Cesar Escosa, à la tête du parti «contre les traîtres et les agents de Satan aux Philippines», un candidat proposant un «gouvernement spirituel de l’horoscope», et un «play-boy international». Mais même les candidats «sérieux», au nombre de neuf, ne manquent pas d’être hauts en couleurs. Les chances d’Imelda Marcos, 68 ans, à qui la Cour suprême vient de confirmer une candamnation – dont elle a de nouveau fait appel – à 12 ans de prison pour corruption, ne sont surestimées par personne, malgré l’existence d’un noyau opiniâtre d’adorateurs des Marcos. Au dernier scrutin de 1992, elle n’était sortie qu’en cinquième position avec un peu plus d’un million de voix. Tous les sondages d’opinion conduits pour l’heure font apparaître comme grand favori l’actuel vice-président, Joseph Estrada, toujours admiré et connu dans la population pour ses rôles de «durs» dans des films de série B. Estrada, qui a récolté une réputation de cancre à l’école, courtisait encore il y a dix ans la carrière cinématographique alors qu’il était sénateur. Enfants illégitimes Connu sous le surnom de «ERAP», Estrada admet bien volontiers dans son anglais chancelant qu’il aime taquiner la bouteille, et qu’il est devenu le père d’une ribambelle d’enfants illégitimes à la suite de nombreuses liaisons extraconjugales. Ces traits ne font qu’ajouter à sa popularité auprès des grandes masses. Le rival le plus sérieux de ERAP est le président de l’assemblée nationale sortante, Jose de Venecia. Politicien austère et sans grand charisme, De Venecia a été choisi par Fidel Ramos pour représenter le parti Lakas au pouvoir. A défaut de popularité, il bénéficiera donc de l’appui de toute la machine du parti. Alfredo Lim, le maire du vieux Manille surnommé «Dirty Harry» pour ses actions spectaculaires écornant parfois les droits du citoyen contre le crime, la drogue et la prostitution, a aussi fait acte de candidature. Il est sur la liste de ceux qui briguent la présidence aux côtés d’un ancien ministre de la Défense, Renato de Villa, personnage sec et peu populaire, d’un ancien gouverneur de province, du chef de la loterie nationale, et de trois sénateurs. Une candidature surprise et de dernière heure a été celle de Juan Ponce Enrile, 73 ans, un sénateur qui a fait la une de la presse ces dernières semaines non pour sa plate-forme politique mais pour de supposées aventures extraconjugales. Mais alliances et retraits peuvent encore aller bon train jusqu’au scrutin du 11 mai. «Beaucoup de candidats peuvent encore être retirés en faveur d’autres en cours de campagne» commentait cette semaine un analyste politique. Pour le commissaire aux élections Regalado Maambong à l’opposé, certains persisteront à rester en lice malgré une quasi-certitude de ne pas gagner. Le système électoral philippin est un modèle de simplicité: le candidat qui remporte le plus de voix remporte l’élection, quel que soit le nombre des suffrages recueillis: ainsi Fidel Ramos n’était monté à Malacanang en 92 qu’avec 23 pour cent des voix. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La veuve de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos menacée de la prison, un ex-acteur de cinéma partant favori, et 81 autres candidats allant du «play-boy international» à l’«ennemi des agents de Satan», sont en lice pour l’élection présidentielle philippine de mai prochain. Fameux ou obscurs, tous les candidats à la présidence sont maintenant sur la liste du comité officiel des élections (COMELEC), close définitivement en début de semaine, et se sont officiellement lancés déjà dans la course au palais de Malacanang. Un seul grand absent parmi les candidats, le président Fidel Ramos à qui la Constitution interdit de briguer un second mandat de six ans. Parmi les candidats les plus obscurs figure Cesar Escosa, à la tête du parti «contre les traîtres et les agents de Satan aux Philippines», un candidat...