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Actualités - Chronologie

La population de Freetown encerclée par les combats

Les combats se poursuivent entre troupes de la junte sierra-léonaise et soldats de la force ouest-africaine, l’ECOMOG, aux alentours de Freetown, où plus d’un demi-million de civils se retrouvent dos à la mer. Après une nuit ponctuée par des tirs, les affrontements, qui ont débuté jeudi dernier, se poursuivent tout près de la capitale, située à l’extrémité d’une péninsule. «Les bruits se déplacent autour de la ville et l’ECOMOG semble se rapprocher», ont affirmé des habitants, joints par téléphone. Au cours d’un point de presse, la junte a affirmé avoir repoussé les attaques de l’ennemi et délogé les soldats nigérians de l’ECOMOG de la ville de Regent, à moins de 10 kilomètres au sud de Freetown. A Lagos, le chef de l’état-major de l’ECOMOG, le général Abdul One Mohammad, a déclaré au contraire que ses troupes avaient pris les villes de Wellington, Calabar, Benguma Training Center et Waterloo, qui occupent des positions stratégiques aux environs de la capitale. Ces assertions n’ont toutefois pas pu être confirmées de source indépendante. Le nombre de victimes de ces affrontements n’est pas connu, le dernier bilan faisant état, le week-end dernier, de dix civils et treize soldats tués. «Nous recevons encore des civils blessés, dont certains grièvement», a affirmé à la presse un médecin de l’hôpital central. En ville, où bureaux, écoles et la plupart des boutiques sont restés fermés, l’ambiance était tendue. Les rares habitants qui s’aventuraient dans la rue avaient la mine sombre. «Je suis complètement déprimé par ce qui arrive», déclarait un homme, tandis qu’un pasteur, brandissant la Bible, implorait le Seigneur. La radio d’Etat ne diffusait que de la musique, à la grande déception des habitants, anxieux de connaître les dernières nouvelles et d’entendre les recommandations du gouvernement militaire. «Lamentable» Le Programme alimentaire mondial (PAM) a exprimé sa «profonde inquiétude» sur le sort des quelque 650.000 habitants de la capitale. Ces affrontements «vont avoir un effet désastreux sur des centaines de milliers de personnes, déjà confrontées à une situation alimentaire désastreuse», a affirmé cette agence des Nations Unies dans un communiqué publié à Abidjan. Selon le PAM, «plus de 200.000 Sierra-léonais et quelque 14.000 réfugiés libériens ont un besoin urgent de vivres». Depuis le coup d’Etat du 25 mai dernier, le Nigeria cherche à déloger la junte et ramener au pouvoir le président renversé Ahmad Tejan Kabbah. Sous couvert de l’ECOMOG, les troupes nigérianes ont mené de nombreuses attaques contre le pays, mais c’est la première fois qu’elles se rapprochent autant de la capitale. En ce début de semaine, le commandant en chef de l’ECOMOG s’est déclaré prêt à prendre la ville. Le ministre libérien de l’Information, porte-parole du gouvernement, Joe Mulbah, a qualifié l’offensive militaire nigériane sur Freetown de «lamentable», d’autant que la date prévue pour la restitution du pouvoir au président renversé approche. En vertu d’un plan de paix, signé le 23 octobre dernier à Conakry, la junte s’est engagée à rendre le pouvoir d’ici le 22 avril, mais a déjà relevé des «retards» dans le processus. Cette offensive ne peut «que provoquer une escalade de la violence», a affirmé le ministre libérien, qui a pressé le général Sani Abacha, chef de l’Etat nigérian et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui mandate l’ECOMOG, de convoquer une réunion d’urgence sur la Sierre Léone. (AFP)
Les combats se poursuivent entre troupes de la junte sierra-léonaise et soldats de la force ouest-africaine, l’ECOMOG, aux alentours de Freetown, où plus d’un demi-million de civils se retrouvent dos à la mer. Après une nuit ponctuée par des tirs, les affrontements, qui ont débuté jeudi dernier, se poursuivent tout près de la capitale, située à l’extrémité d’une péninsule. «Les bruits se déplacent autour de la ville et l’ECOMOG semble se rapprocher», ont affirmé des habitants, joints par téléphone. Au cours d’un point de presse, la junte a affirmé avoir repoussé les attaques de l’ennemi et délogé les soldats nigérians de l’ECOMOG de la ville de Regent, à moins de 10 kilomètres au sud de Freetown. A Lagos, le chef de l’état-major de l’ECOMOG, le général Abdul One Mohammad, a déclaré au...