Deux semaines après avoir applaudi le président Bill Clinton qui menaçait l’Irak d’une frappe militaire, le Congrès s’interroge toujours sur les objectifs politiques et le coût d’une telle intervention, reportant de jour en jour un vote sur la question. «Nous avons de vraies questions qui demandent toujours des réponses», affirme le président de la Chambre, Newt Gingrich, trois semaines après avoir promis un soutien franc et massif du Congrès à M. Clinton dans soin face-à-face avec le leader irakien Saddam Hussein. Et le leader de la majorité républicaine au Sénat, Trent Lott, a clairement fait entendre qu’un vote de la Chambre haute en faveur d’une intervention militaire n’aurait pas lieu avant dix jours, au retour de vacances parlementaires. «Il n’y a toujours pas de consensus (...) sur la formulation de la résolution», selon son porte-parole Susan Irby. «Il existe des différends entre républicains, entre démocrates, entre républicains et démocrates et entre la Chambre et le Sénat» quant à la formulation d’une telle résolution, relève le sénateur Joseph Biden, principale figure démocrate à la commission des Affaires étrangères, lors d’une audition du secrétaire d’Etat Madeleine Albright. Les parlementaires sont majoritairement favorables à une frappe militaire pour forcer l’Irak à ouvrir aux inspecteurs de l’ONU les sites susceptibles d’abriter des armes de destruction massive. Mais ils s’inquiètent des retombées — sur les relations avec les alliés, sur la situation géopolitique dans le Golfe et même sur le budget de la défense. Pas de caution par avance Et ils diffèrent de plus en plus publiquement sur les objectifs d’une intervention, certains souhaitant limiter toute action à un bombardement pour détruire les sites suspects, tandis que d’autres appellent à une action de grande envergure, susceptible de provoquer la chute de Saddam Hussein. Interrogé pour savoir si les hésitations du Congrès reflétaient un manque de soutien à la politique présidentielle, le porte-parole de la Maison-Blanche, Michael McCurry, affirmait jeudi que c’était «tout le contraire». «Le soutien des deux partis (à la Maison-Blanche) va en se renforçant», a-t-il assuré. Mais de nombreux sénateurs continuaient à exprimer leurs inquiétudes malgré les visites répétées au Capitole de hauts responsables du gouvernement, dont le secrétaire d’Etat Madeleine Albright, pour les rassurer. «Je ne connais toujours pas les aboutissants de la politique du président et je ne vais donc pas lui accorder ma caution par avance», affirmait ainsi récemment le sénateur républicain Phil Gramm. La direction républicaine a clairement fait savoir qu’elle souhaitait la tête de Saddam Hussein, un objectif que la Maison-Blanche récuse, expliquant qu’il est souhaitable mais difficilement réalisable à moins d’une invasion à grande échelle de l’Irak. Depuis quelques jours, le leadership républicain demande qu’une action militaire soit accompagnée de mesures de soutien à l’opposition irakienne, d’une extension des zones d’interdiction de survol, de la création de zones d’interdiction de circulation terrestre et de la mise en place d’une radio libre irakienne. Et jeudi, un sénateur républicain de l’Alaska, Frank Murkowski, appelait même à l’interdiction pure et simple des exportations de pétrole d’Irak pour faire tomber le régime de Saddam Hussein. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Deux semaines après avoir applaudi le président Bill Clinton qui menaçait l’Irak d’une frappe militaire, le Congrès s’interroge toujours sur les objectifs politiques et le coût d’une telle intervention, reportant de jour en jour un vote sur la question. «Nous avons de vraies questions qui demandent toujours des réponses», affirme le président de la Chambre, Newt Gingrich, trois semaines après avoir promis un soutien franc et massif du Congrès à M. Clinton dans soin face-à-face avec le leader irakien Saddam Hussein. Et le leader de la majorité républicaine au Sénat, Trent Lott, a clairement fait entendre qu’un vote de la Chambre haute en faveur d’une intervention militaire n’aurait pas lieu avant dix jours, au retour de vacances parlementaires. «Il n’y a toujours pas de consensus (...) sur la formulation...