Cirque médiatique pour une exécution au Guatémala (photo)
le 12 février 1998 à 00h00
Un homme de 42 ans reconnu coupable du meurtre d’une famille entière a été exécuté par injection mortelle, une première au Guatemala qui a pris les allures d’un véritable cirque médiatique. Afin de conférer une certaine dignité à l’événement, le Congrès guatémaltèque avait pourtant adopté l’année dernière la procédure d’injection pour la peine capitale après le fiasco d’un peloton d’exécution en 1996. Le commandant de la section chargée de l’exécution avait dû abattre les deux condamnés d’une balle dans la tête après l’échec du peloton. La scène avait été retransmise par des dizaines de chaînes de télévision. Les choses ne se sont guère mieux passées cette fois. Journalistes et photographes s’entassaient dans la pièce faisant face à la «chambre de la mort» où allait être exécuté Manuel Martinez. Tous jouaient des coudes, dans un brouhaha indescriptible, pour apercevoir le condamné à travers une porte vitrée. Dans une pièce attenante se trouvaient les trois enfants de Manuel Martinez, tous âgés de moins de six ans. Sa femme, qu’il a épousée lundi, se tenait auprès d’eux, en larmes. Seul le supplicié est resté digne jusqu’au bout. La première injection, d’anesthésants, a été administrée à 6h13 par un infirmier resté anonyme. Vinrent ensuite les injections de substance létale. Martinez a été déclaré mort sept minutes plus tard. Sans se laisser déconcerter par les cris des enfants, les journalistes ont retransmis en direct et étape par étape l’exécution grâce à leurs téléphones portables et talkies-walkies. Le Guatemala est le seul pays d’Amérique centrale à encore pratiquer la peine de mort. Les sondages montrent que 90% de la population, las d’une criminalité rampante, sont en faveur de la peine capitale pour les assassins et les kidnappeurs. A Washington, l’organisation Human Rights Watch a dénoncé cette exécution. «Le Guatemala a créé un précédent négatif pour tout l’hémisphère en 1996 en devenant le premier pays d’Amérique latine, à part la Guyana et les Caraïbes, à réintroduire la peine de mort», peut-on lire dans un communiqué. En 1995, la famille de Martinez disputait des terres à une famille de voisins. Manuel Martinez a admis avoir tué les sept membres de cette famille. Son père, trop âgé pour être exécuté, a été condamné à la prison à vie pour le même crime et son frère est en fuite. (Reuters)
Un homme de 42 ans reconnu coupable du meurtre d’une famille entière a été exécuté par injection mortelle, une première au Guatemala qui a pris les allures d’un véritable cirque médiatique. Afin de conférer une certaine dignité à l’événement, le Congrès guatémaltèque avait pourtant adopté l’année dernière la procédure d’injection pour la peine capitale après le fiasco d’un peloton d’exécution en 1996. Le commandant de la section chargée de l’exécution avait dû abattre les deux condamnés d’une balle dans la tête après l’échec du peloton. La scène avait été retransmise par des dizaines de chaînes de télévision. Les choses ne se sont guère mieux passées cette fois. Journalistes et photographes s’entassaient dans la pièce faisant face à la «chambre de la mort» où allait être...
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