Dans une déclaration faite hier à notre confrère de langue arabe «An-Nahar», le gouverneur de la Banque du Liban, M. Riad Salamé, a minimisé l’importance de la modification des prévisions de la société de «rating», «Standard and Poor’s», sur la situation financière du Liban en ramenant sa classification de «neutre» à «négative». M. Salamé a estimé que cette classification pourrait être remise en question au cours des trois prochaines années, pas nécessairement dans un sens négatif mais plutôt conformément à l’évolution de la conjoncture économique. Il a poursuivi en remarquant que les données sur lesquelles se sont basées ces prévisions n’émanent pas tant de la conjoncture libanaise que de la situation des marchés émergents, surtout ceux des pays asiatiques, de l’Europe de l’Est et d’Amérique latine. En outre, a ajouté M. Salamé, ces prévisions n’ont amené aucune donnée nouvelle, se contentant d’évoquer la dette publique et le déficit budgétaire, sujets qui font régulièrement l’objet de discussions. Il a, en outre, rappelé que les marchés internationaux ont traité avec les émissions obligataires libanaises, au cours des dernières années, sans tenir compte d’une quelconque classification. Sur le point de savoir dans quelle mesure les marchés internationaux seraient disposés à prêter au Liban les 2 milliards de dollars, M. Salamé a souligné que l’emprunt ne se fera pas en une seule traite, rappelant que le prêt des 900 millions de dollars n’a été réalisé dans son intégralité qu’au bout de quatre ans. Par conséquent, a-t-il ajouté, l’emprunt se fera en tranches, les taux d’intérêt devant se modifier régulièrement. Il y a lieu de rappeler que, dans ses prévisions, «Standard and Poor’s» a ramené sa classification de la situation financière du Liban de «neutre» à «négative», supputant une baisse des prix des émissions obligataires libanaises négociées à l’étranger et un «surplus de difficultés dans les tentatives de restructuration de la lourde dette publique intérieure». Toutefois, le rapport de «Standard and Poor’s» a fait état de la capacité d’emprunt à l’étranger du secteur public et des efforts déployés, en 1997, par la Banque du Liban, pour résorber l’inflation. Il a, enfin, fait état du scepticisme des intermédiaires quant à la possibilité, pour le Liban, de pouvoir emprunter à l’extérieur les 2 milliards de dollars.
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