Champ de bataille de la Première Guerre mondiale, la France va célébrer avec ses alliés et ses anciens ennemis allemands le 80e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, terme d’une guerre de huit millions de morts, dont 1,5 million de Poilus français.\ Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Jean-Pierre Masseret, a présenté mercredi à Paris le programme de ce 80e anniversaire, sur le thème de «La Grande Guerre, une mémoire partagée»: une série de cérémonies bilatérales et internationales, des milliers d’hommages devant les monuments aux «morts pour la France» des 36.000 communes françaises, onze opérations de «transmission de la mémoire». L’un des moments forts de cette célébration sera une cérémonie symbolique franco-allemande le 8 novembre à Vrigne-Meuse (Ardennes, est de la France), où sont tombés les tout derniers soldats français et allemands quelques heures avant l’armistice. Le président français Jacques Chirac se rendra à cette manifestation à laquelle il a invité le chancelier allemand. A Paris, la cérémonie du 11 novembre revêtira un aspect exceptionnel marqué notamment par l’inauguration d’une statue du «Vieux Lion» Winston Churchill en face de celle du «Tigre» Georges Clémenceau en bas de l’avenue des Champs-Elysées. 2.000 Légions d’honneur Par ailleurs, à la demande de M. Chirac, tous les soldats alliés survivants ayant combattu pendant la Grande Guerre sur le sol français et les combattants des anciennes colonies et anciens protectorats français, se verront attribuer la croix de la Légion d’honneur. Quelque 8,5 millions de soldats alliés ont participé aux combats sur le sol français aux côtés des 8,5 millions de Poilus: six millions de «Tommies» (surnom donné aux Britanniques), 1,4 million d’Américains, des centaines de Canadiens, d’Australiens, Néo-Zélandais, Portugais, des soldats de l’Empire britannique des Indes, des Italiens et des Russes Blancs. Sans compter 400.000 tirailleurs algériens, sénégalais ou indochinois venus des colonies et protectorats français. Les dossiers d’attribution de la prestigieuse décoration, créée par Napoléon, seront constitués par les ambassades de France et étudiés par la Grande chancellerie de l’Ordre national de la Légion d’honneur. M. Masseret a indiqué que ses services avaient évalué que deux milliers de Légion d’honneur pourraient être décernées à ces anciens combattants étrangers. La France, qui compte en 1998 moins de 2.000 Poilus survivants du conflit, avait déjà décoré en 1996 et 1997, 2.313 anciens combattants qui ne l’étaient pas. Les derniers Poilus, dont les plus jeunes sont âgés de 98 ans, seront au centre de toutes les commémorations même si, dans leur très grande majorité, ils ne pourront se déplacer pour raisons médicales. 1998 sera le dernier anniversaire décennal de l’Armistice à se dérouler avec ces survivants qui auront tous disparus dans quelques années. Ils restent les derniers témoins de Verdun et du Chemin des Dames, des mètres gagnés au prix de milliers de morts, du Bois de Caures défendu au corps à corps, de la boue et du sang, des obus et grenades dans les tranchées, et de tous leurs camarades morts ou blessés. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Champ de bataille de la Première Guerre mondiale, la France va célébrer avec ses alliés et ses anciens ennemis allemands le 80e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, terme d’une guerre de huit millions de morts, dont 1,5 million de Poilus français.\ Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Jean-Pierre Masseret, a présenté mercredi à Paris le programme de ce 80e anniversaire, sur le thème de «La Grande Guerre, une mémoire partagée»: une série de cérémonies bilatérales et internationales, des milliers d’hommages devant les monuments aux «morts pour la France» des 36.000 communes françaises, onze opérations de «transmission de la mémoire». L’un des moments forts de cette célébration sera une cérémonie symbolique franco-allemande le 8 novembre à Vrigne-Meuse (Ardennes, est de la...