Rechercher
Rechercher

Actualités - Conferences Internationales

L'Europe îlot de stabilité et le Japon maillon faible

L’Europe est apparue à Davos comme un îlot de stabilité et de croissance, tandis que le Japon n’est pas parvenu à lever les vives inquiétudes sur la faiblesse de son économie et que l’Amérique latine semble s’être plutôt bien tirée de la crise asiatique. Les quelque 2.000 responsables économiques et politiques, réunis pendant six jours dans le cadre du Forum économique mondial, n’ont pas manifesté de préoccupation sur les perspectives économiques aux Etats-Unis. Croissance, plein emploi et faible inflation seront au rendez-vous, même si les Etats-Unis seront plus touchés que l’Europe par le ralentissement économique de l’Asie après la crise financière, ont estimé des économistes. Le risque principal est d’assister aux USA à une résurgence du sentiment protectionniste, encouragé par le déferlement d’exportations asiatiques à bas prix, ont souligné plusieurs participants. «Les fortes dépréciations des monnaies en Asie vont nettement améliorer la compétitivité des pays de la région» et risquent de creuser de quelque 50 milliards de dollars le déficit commercial américain, selon Fred Bergsten, directeur de l’Institut d’économie internationale aux Etats-Unis. La création de l’euro au 1er janvier 1999, qui devait occuper l’essentiel des débats à Davos avant que la crise asiatique ne lui vole la vedette, n’a pas suscité le moindre doute, d’autant que les monnaies européennes ont fait preuve d’une remarquable stabilité pendant la tourmente monétaire en Asie. «Nous percevons les bienfaits de l’euro avant même qu’il n’existe», a souligné le ministre espagnol de l’Economie Rodrigo de Rato. Quant aux Etats-Unis, ils n’ont «rien à craindre de l’euro», a estimé le secrétaire adjoint au Trésor américain Lawrence Summers. L’Europe sera «le principal pôle de croissance» dans le monde en 1998, a souligné le ministre français des Finances Dominique Strauss-Kahn. L’Union européenne devrait connaître une croissance de 3%. Mais banquiers et industriels ont averti que l’euro ne réglerait pas les problèmes de l’emploi. «L’existence de 18 millions de chômeurs enregistrés représente une menace très sérieuse pour la stabilité de l’euro à long terme», a déclaré Martin Kohlhaussen, président de la Commerzbank. L’Union monétaire va toutefois pousser selon lui les pays membres à réformer la protection sociale et le marché du travail. En Asie, le redémarrage de la croissance et le retour au calme sur les places financières dépendent désormais étroitement de l’évolution de la situation au Japon et en Chine. La Corée du Sud semblant désormais sortie d’affaires ainsi que les pays d’Asie du sud-est, malgré les incertitudes politiques en Indonésie, selon les participants. Le vice-ministre japonais des Finances chargé des affaires internationales, Eisuke Sakakibara, s’est évertué à convaincre que le Japon avait la «volonté politique» de stabiliser son secteur financier, de déréglementer son économie et de relancer la demande intérieure. Mais il a laissé de marbre les économistes, qui n’ont pas trouvé de mots assez durs pour condamner les erreurs de politique économique du Japon. «Le Japon est au bord d’une crise ouverte et profonde, trébuchant de quasi-récession en quasi-récession», a déclaré Rudy Dornbusch, professeur au Massachussets Institute of Technology, qui a déploré comme d’autres l’absence de véritable politique budgétaire de relance. L’autre gros souci en Asie concerne la Chine, que les pays industrialisés redoutent de voir dévaluer sa monnaie pour rétablir la compétitivité de ses exportations après les dépréciations enregistrées par ses voisins. Le vice-premier ministre chinois Li Yanqing s’est engagé à ne pas dévaluer et à investir 750 milliards de dollars sur trois ans dans les infrastructures pour consolider la croissance chinoise. Kenneth Courtis, économiste en chef et vice-président de Deutsche Bank Capital Markets (Asie), a prédit une «nouvelle période d’euphorie» pour les marchés européens et américains, mais suivi d’«une deuxième vague» de turbulences qui pourrait affecter des pays comme le Brésil ou la Russie. Malgré ces sombres prédictions, les pays latino-américains, dont les chefs d’Etat étaient venus en force à Davos, ont affiché un optimisme à toute épreuve, affirmant qu’ils avaient tiré les leçons de la crise mexicaine de 1995. «La crise ne nous a pratiquement pas touchés» et a au contraire permis au Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) d’attirer de nouveaux capitaux, a déclaré le président argentin Carlos Menem. (AFP)
L’Europe est apparue à Davos comme un îlot de stabilité et de croissance, tandis que le Japon n’est pas parvenu à lever les vives inquiétudes sur la faiblesse de son économie et que l’Amérique latine semble s’être plutôt bien tirée de la crise asiatique. Les quelque 2.000 responsables économiques et politiques, réunis pendant six jours dans le cadre du Forum économique mondial, n’ont pas manifesté de préoccupation sur les perspectives économiques aux Etats-Unis. Croissance, plein emploi et faible inflation seront au rendez-vous, même si les Etats-Unis seront plus touchés que l’Europe par le ralentissement économique de l’Asie après la crise financière, ont estimé des économistes. Le risque principal est d’assister aux USA à une résurgence du sentiment protectionniste, encouragé par le...