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Actualités - Chronologie

La longue quête de la monnaie unique européenne

Le vieux rêve d’une monnaie unique européenne, esquissé par quelques visionnaires dans les années 20, se réalisera selon toute vraisemblance avec la naissance de l’euro le 1er janvier 1999, après 30 ans de revers et de tentatives avortées. Le texte fondateur de ce qui deviendra l’UE, le Traité de Rome (25 mars 1957), ne prévoyait pas de création d’une zone monétaire européenne et les vicissitudes des relations entre Européens (refus de l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE, politique de la chaise vide de la France notamment) ont empêché longtemps d’avancer. Il faudra attendre la fin des années 60 pour voir les premières tentatives de créer une véritable «union économique et monétaire». Les propositions de Raymond Barre, alors vice-président de la Commission européenne, relancent le processus pour aboutir en octobre 1970 au rapport Werner (du nom du premier ministre luxembourgeois) sur «la réalisation par étapes de l’union économique et monétaire» dans la CEE. C’est la première tentative d’unification monétaire européenne. Elle devait intervenir au bout de 10 ans. Elle échouera avec la déliquescence progressive, au début des années 70, du système de taux de change fixe né de la conférence de Bretton Woods en juillet 1944. Créé en 1972, le «serpent monétaire», une tentative de stabilisation des monnaies des pays membres entre elles, va être mis à mal par le flottement du dollar mais surtout par le premier choc pétrolier. Le système monétaire européen (SME), porté sur les fonts baptismaux par Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt en 1979, pour remédier aux inconvénients du «serpent», sera lui aussi fortement secoué à plusieurs reprises en raison des écarts macro-économiques encore trop importants entre pays membres. Ce n’est qu’au Conseil européen de Hanovre en juin 1988 que les Douze remettent en selle l’idée d’union économique et monétaire et moins d’un an plus tard, Jacques Delors, président de la Commission européenne, produira un rapport détaillé et précis. La monnaie unique trouvera son impulsion décisive dans un bouleversement majeur du siècle: la chute du Mur et l’unification de l’Allemagne. Craignant que l’Allemagne ne s’isole au cœur de l’Europe, des partenaires européens, au premier rang desquels François Mitterrand, parient sur une intégration accélérée pour ancrer solidement l’Allemagne à l’Europe. Le projet, soutenu par le chancelier Helmut Kohl, débouchera sur le traité de Maastricht, signé le 7 février 1992. Le traité fixe un calendrier précis pour la création de la monnaie unique et d’une Banque centrale européenne (BCE), indépendante des Etats, qui en aura la garde. Il détermine aussi les critères de convergence économiques qu’il faudra respecter pour y participer. Après une longue querelle entre la France et l’Allemagne, la monnaie unique sera baptisée au sommet de Madrid en décembre 1995: ce sera l’euro et non l’écu comme l’auraient souhaité les Français. La marche à l’euro sera ensuite une longue succession de marchandages passionnés et de débats byzantins mais toujours dans le strict respect du calendrier. Les Allemands obtiendront le pacte de stabilité, pour garantir des politiques budgétaires vertueuses, les Français arrachent la création d’un Conseil de l’euro informel, un contrepoids politique à la BCE où l’on coordonnera les politiques économiques. Après des rumeurs périodiques de report, les Quinze ont réussi, depuis la mi-septembre, à convaincre les marchés et les partenaires internationaux que l’euro se ferait à la date prévue, à défaut d’avoir effacé toutes les craintes dans les populations. Selon les experts, 11 pays pourraient lancer l’euro dès 1999. Trois pays (Grande-Bretagne, Suède et Danemark) ont annoncé qu’ils ne voulaient pas y participer dès le début et la Grèce ne pourra pas se qualifier. (AFP)
Le vieux rêve d’une monnaie unique européenne, esquissé par quelques visionnaires dans les années 20, se réalisera selon toute vraisemblance avec la naissance de l’euro le 1er janvier 1999, après 30 ans de revers et de tentatives avortées. Le texte fondateur de ce qui deviendra l’UE, le Traité de Rome (25 mars 1957), ne prévoyait pas de création d’une zone monétaire européenne et les vicissitudes des relations entre Européens (refus de l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE, politique de la chaise vide de la France notamment) ont empêché longtemps d’avancer. Il faudra attendre la fin des années 60 pour voir les premières tentatives de créer une véritable «union économique et monétaire». Les propositions de Raymond Barre, alors vice-président de la Commission européenne, relancent le processus...