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Actualités - Chronologie

Les modérés consolident leur pouvoir dans l'entité serbe de Bosnie

Les modérés, favorables à la présidente Biljana Plavsic, ont gagné une bataille cruciale pour l’avenir de l’entité des Serbes de Bosnie en prenant les rênes du pouvoir, aux dépens des ultranationalistes mis en minorité au Parlement. Fort du soutien de la communauté internationale, prête à lui fournir une aide financière substantielle pour la reconstruction de la Republika Srpska (RS), le nouveau gouvernement de Milorad Dodik, un réformateur de 38 ans, est parvenu à ses fins au cours d’une session parlementaire menée à sa guise, samedi à Banja Luka (nord-ouest), siège de la présidence. Les 21 membres du gouvernement Dodik, dont les ultranationalistes du SDS (Parti démocratique) et du SRS (Parti radical) ont été exclus le 18 janvier, ont prêté serment, condition posée par leurs adversaires pour une passation des pouvoirs en douceur. Avec l’appui des élus de la Fédération croato-musulmane (l’autre entité bosniaque), les modérés ont obtenu que le siège du gouvernement soit transféré de Pale (fief des ultranationalistes, près de Sarajevo) à Banja Luka. A la surprise générale, 13 membres du bloc ultranationaliste, dont deux députés SDS de la région de Banja Luka, ont voté pour ce transfert. Les partisans de Mme Plavsic ont aussi abrogé toutes les lois votées par l’ancienne législature après le 3 juillet, date de sa dissolution par la présidente. Ces textes concernaient notamment la défense, l’armée et le ministère de l’Intérieur. «Nous constatons que la coalition (pro-Plavsic) a pris les choses en main (…), tandis que nous passons dans l’opposition», a déclaré Aleksa Buha, président par intérim du SDS, parti fondé par l’ancien dirigeant Radovan Karadzic, recherché pour crimes de guerre par la justice internationale. «Nous continuons de contester la légitimité de ce gouvernement, élu grâce aux voix des députés de la Fédération dont les mandats électifs sont, à nos yeux, litigieux», a-t-il ajouté. M. Buha a dit «craindre que cette session ne marque le début de l’instauration d’une Bosnie unitaire qui, si elle avait été viable, n’aurait pas provoqué la tragédie que nous avons connue». Pour Nikola Poplasen (SRS), vice-président du Parlement, «le gouvernement a été élu conformément à la loi mais contre la volonté du SDS et du SRS». «Nous abordons une période qui sera marquée par des tentatives de renverser ce gouvernement», a-t-il dit. La passation de pouvoirs formelle entre le gouvernement sortant de Gojko Klickovic et la nouvelle équipe devait s’effectuer dimanche, selon M. Dodik. Le nouveau cabinet a déjà pris en main les ministères de l’Intérieur et de la Défense, deux leviers essentiels du pouvoir, où le transfert d’autorité s’est effectué la semaine dernière. Le gouvernement a déjà limogé 17 directeurs d’entreprise d’Etat, de l’administration des douanes, de la police financière et le rédacteur en chef du quotidien gouvernemental Glas Srpski. Il a annoncé la nomination prochaine d’une nouvelle direction des studios de télévision de Banja Luka, qui émettent depuis la fermeture en octobre de ceux de Pale, accusés de diffuser une propagande hostile à la communauté internationale. La réforme des médias sera «conforme aux exigences du Haut Représentant» civil en Bosnie, Carlos Westendorp, et mettra fin à «une politique contraire à l’esprit du processus de paix», a annoncé la présidence. Hanns Schumacher, adjoint de M. Westendorp, s’est félicité que la RS se soit dotée d’un «gouvernement capable d’aller de l’avant». Il a annoncé une aide «immédiate» d’environ 11 millions de dollars de l’Union européenne et d’autres pays au gouvernement Dodik. Le nouveau premier ministre s’est engagé à faire appliquer les accords de paix de Dayton et a dit s’attendre à recueillir dans les deux mois 100 millions de dollars de dons et de crédits étrangers. (AFP)
Les modérés, favorables à la présidente Biljana Plavsic, ont gagné une bataille cruciale pour l’avenir de l’entité des Serbes de Bosnie en prenant les rênes du pouvoir, aux dépens des ultranationalistes mis en minorité au Parlement. Fort du soutien de la communauté internationale, prête à lui fournir une aide financière substantielle pour la reconstruction de la Republika Srpska (RS), le nouveau gouvernement de Milorad Dodik, un réformateur de 38 ans, est parvenu à ses fins au cours d’une session parlementaire menée à sa guise, samedi à Banja Luka (nord-ouest), siège de la présidence. Les 21 membres du gouvernement Dodik, dont les ultranationalistes du SDS (Parti démocratique) et du SRS (Parti radical) ont été exclus le 18 janvier, ont prêté serment, condition posée par leurs adversaires pour une...