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Actualités - Chronologie

Au Japon, les affaires de coeur des responsables ne font pas recette

Le grand déballage médiatique qui s’est abattu sur le président Bill Clinton avec l’affaire Monica Lewinsky offre un contraste saisissant avec la discrétion pudique des médias sérieux du Japon, quelles que soient les frasques de certains de ses hauts dirigeants. Ainsi, il n’y a eu que quelques hebdomadaires toujours friands des derniers scandales pour parler abondamment d’une liaison ancienne attribuée au premier ministre Ryutaro Hashimoto avec une Chinoise, qui aurait été une espionne à la solde de Pékin. «Les journaux japonais font grand cas (de l’affaire Lewinsky), mais pourquoi gardent-ils le silence sur un scandale potentiellement plus explosif touchant le premier ministre?», s’interroge l’hebdomadaire «Shukan Bunshun». Dans une société dominée par les hommes, les liaisons entre les politiciens et les geishas et autres maîtresses sont généralement considérées comme un signe de «kaisho», d’opulence. Et selon un dicton japonais «la personnalité n’existe pas au-dessous de la ceinture». Il arrive cependant que le scandale éclate au grand jour. En 1989, le premier ministre Sosuke Uno fut obligé de démissionner deux mois seulement après son arrivée à la tête du gouvernement lorsqu’une geisha s’ouvrit à un magazine de la liaison qu’elle entretenait avec lui. Elle avait dressé de M. Uno un portrait peu flatteur, le décrivant comme un personnage mesquin et égocentrique. Cet épisode qui s’ajoutait à de multiples affaires de corruption suscita la même année une défaite cuisante pour le Parti libéral-démocrate aux élections sénatoriales. Faux témoignage S’agissant de la liaison présumée de M. Hashimoto avec cette Chinoise âgée aujourd’hui de 44 ans, l’hebdomadaire a soutenu qu’elle a autrefois travaillé au Bureau de la sécurité publique (police) en Chine, notant que le premier ministre était devenu le défenseur enthousiaste d’une augmentation des aides financières du Japon à la Chine. «Bien que cette affaire soit plus qu’un simple cas de faux témoignage et de mensonge au peuple, les médias préfèrent détourner le regard», estime cet hebdomadaire à grand tirage. L’an dernier, le «Shukan Bunshun» a publié une profusion de détails sur la liaison qu’aurait entretenu M. Hashimoto. En octobre, ce dernier a finalement été contraint de reconnaître au Parlement qu’il avait connu cette personne en 1982, lorsqu’elle lui avait servi d’interprète à l’occasion d’un déplacement en Chine en tant que ministre de la Santé. «Je l’ai également invitée au restaurant lorsqu’elle est venue au Japon en qualité d’interprète pour le ministère de la Santé chinois», a-t-il dit pour répondre à des questions d’un élu de l’opposition sur cette affaire. «Je ne l’ai jamais rencontrée en pensant qu’elle puisse être un membre des services de renseignements». L’élu de l’opposition, Shingo Nishmura, s’est employé à démontrer que M. Hashimoto a plaidé pour la reprise d’une financière massive à la Chine, s’abstenant de critiquer les violations des droits de l’homme dans ce pays en dépit de condamnations internationales qui suivirent le massacre de la place Tiananmen en juin 1989. Les grands journaux ne parlèrent de l’affaire que fin novembre, mais pour rendre compte de la décision du gouvernement de ne pas ouvrir d’enquête sur les informations selon lesquelles cette Chinoise résidant au Japon serait une espionne. «Au Japon, le scandale est un domaine réservé des hebdomadaires», relève le critique Hiroyuki Shinoda, qui note que les grands quotidiens, distribués à domicile par porteurs, sont lus par un très large éventail de lecteurs, de l’adolescence à l’âge de la retraite. (AFP)
Le grand déballage médiatique qui s’est abattu sur le président Bill Clinton avec l’affaire Monica Lewinsky offre un contraste saisissant avec la discrétion pudique des médias sérieux du Japon, quelles que soient les frasques de certains de ses hauts dirigeants. Ainsi, il n’y a eu que quelques hebdomadaires toujours friands des derniers scandales pour parler abondamment d’une liaison ancienne attribuée au premier ministre Ryutaro Hashimoto avec une Chinoise, qui aurait été une espionne à la solde de Pékin. «Les journaux japonais font grand cas (de l’affaire Lewinsky), mais pourquoi gardent-ils le silence sur un scandale potentiellement plus explosif touchant le premier ministre?», s’interroge l’hebdomadaire «Shukan Bunshun». Dans une société dominée par les hommes, les liaisons entre les politiciens et les...