Avec l’intensification de la coopération internationale, illustrée cette semaine encore par la mission franco-russe Pégase, réduire les barrières linguistiques est devenu un véritable enjeu de la conquête spatiale. Depuis l’arrimage du vaisseau Soyouz TM-27 à la station Mir, samedi, on parle trois langues en orbite: le russe (avec les cosmonautes Pavel Vinogradov, Anatoli Soloviev, Talgat Moussabaïev et Nikolaï Boudarine), le français (le spationaute Léopold Eyhards) et l’anglais (l’astronaute Andy Thomas). «J’ai l’intention de prendre des cours de russe dès que nous aurons fini le débriefing d’après-vol», a déclaré dimanche Terry Wilcutt, le commandant de la navette américaine Endeavour qui s’est posée la veille à Cap Canaveral après une mission de dix jours marquée par un nouveau rendez-vous avec la station orbitale russe Mir. Des astronautes et des responsables de la Nasa, Wilcutt est pourtant un de ceux qui a le plus étudié le russe. Ses propos en disent long sur les frustrations que ressentent Américains, Russes, Français, Allemands ou Japonais coopérant en orbite. Et Dave Wolf, qui vient de passer quatre mois à bord de Mir, ne dit pas autre chose lorsqu’il raconte les périodes de solitude intense dans lesquelles l’a plongé son incapacité à communiquer avec ses camarades russes Anatoli Soloviev et Pavel Vinogradov. Depuis les premiers séjours d’astronautes de la Nasa à bord de Mir, en 1996, il est devenu évident que, sortis des questions techniques et des préoccupations d’ordre pratique, les équipages de nationalités différentes éprouvaient des difficultés à discuter. Lors de son séjour, Norm Thagard, premier Américain à avoir vécu dans la station spatiale russe, avait traversé plusieurs phases dépressives à force de ne pouvoir parler. La question linguistique se posera avec plus d’acuité encore lorsque débutera l’assemblage en orbite de la station spatiale internationale, à la fin de l’année. Elle impliquera des astronautes américains, des cosmonautes russes mais aussi des Allemands, des Français, des Italiens et des Japonais, entre autres nationalités. «Il leur faudra avoir une maîtrise suffisante d’un langage commun pour faire leur boulot, mais aussi pour lier connaissance. Lorsque vous parlez une même langue, vous pouvez plaisanter, rire, et ceci, cette interaction entre les membres d’un équipage, est très, très importante», explique Terry Wilcutt. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Avec l’intensification de la coopération internationale, illustrée cette semaine encore par la mission franco-russe Pégase, réduire les barrières linguistiques est devenu un véritable enjeu de la conquête spatiale. Depuis l’arrimage du vaisseau Soyouz TM-27 à la station Mir, samedi, on parle trois langues en orbite: le russe (avec les cosmonautes Pavel Vinogradov, Anatoli Soloviev, Talgat Moussabaïev et Nikolaï Boudarine), le français (le spationaute Léopold Eyhards) et l’anglais (l’astronaute Andy Thomas). «J’ai l’intention de prendre des cours de russe dès que nous aurons fini le débriefing d’après-vol», a déclaré dimanche Terry Wilcutt, le commandant de la navette américaine Endeavour qui s’est posée la veille à Cap Canaveral après une mission de dix jours marquée par un nouveau rendez-vous...