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Actualités - Chronologie

Teheran ne veut plus entendre parler de dialogue critique avec l'UE

L’Iran a refusé samedi de voir ses relations avec l’Union européenne reprendre sous la forme du «dialogue critique», que les Européens envisagent de réactiver après presque dix mois d’interruption. Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi a jugé «exclue» une reprise du «dialogue critique» avec les Quinze, interrompu en avril dernier après un jugement de la justice allemande mettant en cause l’Iran dans des assassinats politiques à Berlin. M. Kharazi, qui venait de rencontrer son homologue français Hubert Védrine en Suisse et devait voir samedi le chef de la diplomatie italienne Lamberto Dini, a jugé que les relations euro-iraniennes devaient désormais se baser sur un «respect mutuel». Ces déclarations surviennent au moment où Bonn révèle qu’un tribunal de Téhéran a condamné à mort un Allemand pour avoir eu une liaison avec une musulmane, une affaire qui pourrait une nouvelle fois affecter sérieusement les relations entre l’Union européenne et l’Iran. La politique de dialogue critique avait été décidée en 1992 par les Européens pour réagir, entre autres, à l’absence de progrès de la part de l’Iran pour lever la condamnation à mort lancée par l’ayatollah Khomeiny contre l’écrivain britannique Salman Rushdie. Ce dialogue critique n’interdit pas les relations économiques — à l’exception des ventes d’armes — mais décourage des visites officielles de haut niveau en Iran. La prise de position de M. Kharazi survient alors que l’UE réfléchit à une éventuelle reprise de ce dialogue, pour tenir compte notamment de la nouvelle donne politique créée par l’élection en mai en Iran d’un président réputé modéré, Mohammad Khatami. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent à ce propos examiner le 23 février prochain des propositions de leurs experts sur ce sujet. «Le gouvernement incriminé en avril dernier par la justice allemande a changé. Le Guide Ali Khamenei est toujours là, mais le président, le ministre des Affaires étrangères et celui des Renseignements mis en cause ne sont plus en fonctions», fait observer un diplomate européen à Téhéran. Un tribunal allemand avait mis en cause en avril le régime iranien dans le meurtre d’opposants kurdes à Berlin, provoquant une crise diplomatique entre Téhéran et l’UE. Le chef de la diplomatie britannique, Robin Cook, dont le pays préside l’UE, a affirmé lundi dernier qu’après l’élection de M. Khatami «une politique d’isolement (de l’Iran) serait contre- productive». Côté iranien, un récent article du Tehran Times a résumé la position officielle selon laquelle le dialogue critique poursuivi jusqu’à présent était à sens unique, les critiques ne venant que des Européens. «Nous avons aussi nos propres critiques envers les Européens. L’Union européenne doit être prête à écouter les griefs de l’Iran», selon le journal de langue anglaise. Le Tehran Times suggère également une reprise des visites officielles européennes de haut niveau en Iran, qui seraient «le meilleur moyen de parvenir à une compréhension mutuelle». Le cas de l’homme d’affaires allemand condamné à mort risque toutefois d’affecter les relations entre Téhéran et Bonn, encore sous le choc de la crise de l’an dernier. Bonn a affirmé que cette condamnation pourrait «compromettre de la façon la plus grave» les relations entre l’Allemagne et l’Iran, et estimé qu’elle «suscitera le rejet non seulement en Allemagne mais dans le monde entier». De nouvelles tensions entre Téhéran et Bonn ne manqueraient pas de se répercuter sur l’ensemble des pays de l’UE, dont les règles prévoient de faire jouer la solidarité entre les Quinze dans ce genre de cas. (AFP)
L’Iran a refusé samedi de voir ses relations avec l’Union européenne reprendre sous la forme du «dialogue critique», que les Européens envisagent de réactiver après presque dix mois d’interruption. Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi a jugé «exclue» une reprise du «dialogue critique» avec les Quinze, interrompu en avril dernier après un jugement de la justice allemande mettant en cause l’Iran dans des assassinats politiques à Berlin. M. Kharazi, qui venait de rencontrer son homologue français Hubert Védrine en Suisse et devait voir samedi le chef de la diplomatie italienne Lamberto Dini, a jugé que les relations euro-iraniennes devaient désormais se baser sur un «respect mutuel». Ces déclarations surviennent au moment où Bonn révèle qu’un tribunal de Téhéran a condamné à mort...