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Actualités - Chronologie

Eltsine joue avec les nerfs des prétendants à sa succession

Boris Eltsine a joué avec les nerfs des candidats à sa succession, en annonçant que «son opinion était faite» sur son possible successeur sans révéler le nom de son candidat préféré. «Mon opinion est faite sur mon possible successeur. Je n’ai plus qu’un problème: quand en parler», a déclaré le président sans citer aucun nom, lors d’une rencontre avec les rédacteurs en chef des grands médias russes. En même temps, le président russe a annoncé qu’il était décidé à maintenir à son poste Viktor Tchernomyrdine, premier ministre depuis décembre 1992, jusqu’en 1999, l’année des prochaines élections législatives. Ces déclarations semblent indiquer que M. Tchernomyrdine est le candidat préféré du président pour la présidentielle de l’an 2000, selon certains analystes. Le chef de l’Etat, qui a eu 67 ans dimanche et a souffert encore récemment de problèmes de santé, a souligné qu’il n’avait l’intention de révéler à personne pour l’instant le nom de son candidat préféré. «Le candidat lui-même ne le sait pas. Il en rêve peut-être, mais il ne le sait pas (…) Il est inutile d’émouvoir la société avec cette question» deux ans avant l’élection , a déclaré le président. Dans le même temps, M. Eltsine a répété qu’il «ne violerait pas la Constitution et ne poserait pas sa candidature à un troisième mandat» — une allusion à la Loi fondamentale en vigueur depuis 1993 qui interdit de servir plus de deux mandats présidentiels consécutifs. Toutefois, les analystes soulignaient que cette nouvelle déclaration ne suffirait pas à faire taire les spéculations sur un éventuel 3e mandat de Boris Eltsine, d’autant que son proche entourage fait tout pour les entretenir. Le premier vice-premier ministre Boris Nemtsov a rappelé la semaine dernière que la restriction à deux mandats pourrait ne pas s’appliquer à M. Eltsine, car il fut élu pour la première fois en juin 1991 sous l’ancienne constitution soviétique. Et le porte-parole de M. Eltsine, Sergueï Iastrjembsjki, a souligné que la Cour constitutionnelle n’avait pas encore tranché. La Cour doit donner son avis après l’été 1998. La déclaration de M. Eltsine est «non contraignante» et «maintient ses successeurs potentiels en état de tension permanente», estime Iouri Korgouniouk, analyste à l’institut politique moscovite. «C’est typiquement dans son style». Néanmoins, le fait que M. Eltsine ait souligné qu’il serait «tactiquement juste de conserver le gouvernement dirigé par Tchernomyrdine» en 1999 «renforce les chances» de ce dernier d’être le successeur désigné du président pour l’an 2000, souligne un autre analyste, Andreï Piontkovski. Un député pro-gouvernemental, Alexeï Glavkov, s’est lui aussi déclaré «certain» que M. Eltsine pensait à M. Tchernomyrdine en parlant de son successeur. M. Tchernomyrdine, 59 ans, qui s’est montré globalement favorable aux réformes sans s’aliéner l’opposition communiste, n’a pas déclaré sa candidature à la présidentielle. Mais tout le monde subodore qu’il sera un des principaux candidats issus des rangs du pouvoir comme l’ambitieux maire de Moscou Iouri Loujkov, mieux placé dans les sondages. Certains analystes soulignent que plusieurs hommes d’affaires russes, qui avaient aidé à financer la campagne de réélection de Boris Eltsine, ont déjà apporté leur soutien au premier ministre. Il y a quelques mois à peine, pourtant, M. Eltsine présentait volontiers comme son dauphin le jeune Boris Nemtsov, 38 ans, arrivé au gouvernement en mars 1997. Le président soulignait qu’il voulait «un jeune démocrate énergique et combatif» pour lui succéder. Mais depuis l’automne, la position de M. Nemtsov au gouvernement s’est, comme celle d’Anatoli Tchoubaïs, sensiblement affaiblie au profit de M. Tchernomyrdine. Des rumeurs ont circulé récemment sur le limogeage de Nemtsov et Tchoubaïs, que M. Tchernomyrdine a démenties au Forum de Davos en déclarant qu’ils ne quitteraient pas le gouvernement. (AFP)
Boris Eltsine a joué avec les nerfs des candidats à sa succession, en annonçant que «son opinion était faite» sur son possible successeur sans révéler le nom de son candidat préféré. «Mon opinion est faite sur mon possible successeur. Je n’ai plus qu’un problème: quand en parler», a déclaré le président sans citer aucun nom, lors d’une rencontre avec les rédacteurs en chef des grands médias russes. En même temps, le président russe a annoncé qu’il était décidé à maintenir à son poste Viktor Tchernomyrdine, premier ministre depuis décembre 1992, jusqu’en 1999, l’année des prochaines élections législatives. Ces déclarations semblent indiquer que M. Tchernomyrdine est le candidat préféré du président pour la présidentielle de l’an 2000, selon certains analystes. Le chef de l’Etat, qui a...