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Actualités - Conferences Internationales

L'euro et la tourmente asiatique au Forum de Davos

Quelque 2.000 décideurs venus du monde entier se réunissent cette semaine à Davos, l’élégante station de ski des Grisons, pour le traditionnel Forum économique mondial dominé cette année par la tourmente asiatique et le choix des premiers participants à la monnaie unique européenne. Le chancelier Helmut Kohl ouvre jeudi ce rassemblement annuel considéré comme le plus prestigieux au monde. La première dame des Etats-Unis, Hillary Clinton, présente cette année à Davos, suscitera sans doute une discrète curiosité à la lumière de l’affaire Monica Lewinsky, cette jeune stagiaire de la Maison-Blanche avec laquelle Bill Clinton est soupçonné d’avoir eu une liaison. L’épouse du président, dans une vigoureuse défense de son époux, a évoqué un gigantesque complot orchestré dans l’ombre par les ennemis républicains du président. A la lumière de la tourmente financière qui a ébranlé le Sud-Est asiatique fin 1997, le Forum a décidé d’en examiner les conséquences prévisibles sur la croissance régionale et mondiale. Les marchés auront donc les yeux tournés sur la station des Grisons pour apprécier les évaluations qu’en font des décideurs tels que le secrétaire adjoint américain au Trésor, Lawrence Summers, ou le directeur général adjoint du FMI, Stanley Fischer. Au lendemain de la démission du ministre nippon des Finances, Hiroshi Mitsuzuka, l’attention se portera sur les déclarations que pourrait faire au Forum le vice-ministre des Finances, chargé des questions internationales, Eisuke Sakakibara — baptisé «M. Yen» — sur les stimulants que le gouvernement de Tokyo pourraient décider pour relancer une économie dépressive. Le premier ministre thaïlandais, Chuan Leekpai, sera lui aussi présent pour tenter de rétablir la confiance de l’Europe dans les perspectives de rétablissement de l’économie thaïe, de même que des responsables de l’économie de Corée du Sud et de Hong Kong. Compte tenu de l’ampleur de la crise, et de la rigueur des remèdes du FMI, certains redoutent de voir des pays asiatiques tenter de se protéger de la mondialisation et, éventuellement, de renoncer à certains accords de libéralisation économique. Marchés émergents Parmi les «poids lourds» de l’économie mondiale présents sur les pentes de Davos, le chef de l’Organisation mondiale du commerce, Renato Ruggieri, le commissaire européen au commerce, Sir Leon Brittan et le représentant adjoint américain au commerce, Jeffrey Lang. Sur le front européen, la grande question sera l’euro, dont le lancement est prévu début 1999. L’Italie, qui a fait d’énormes progrès en vue de sa participation au premier train de la monnaie unique, continue cependant à susciter des interrogations sur sa stabilité à long terme. Le chancelier de l’Echiquier, Gordon Brown, a choisi de faire l’impasse sur ce Forum 1998, mais le commissaire européen aux affaires monétaires, Yves-Thibault de Silguy, et le ministre français des Finances, Dominique Strauss-Kahn, seront présents. En marge des grands débats sur la mondialisation et ses conséquences, le président de la Confédération, Flavio Cotti, aura des entretiens bilatéraux avec le sous-secrétaire d’Etat américain, Stuart Eizenstat et le commissaire européen chargé des relations extérieures, Hans van den Broek, à propos de la controverse sur ce qu’il est convenu d’appeler «l’or nazi». Pour débattre discrètement de ce dossier, seront également à Davos le diplomate suisse Thomas Borer et Jean-François Bergier, qui dirige une commission indépendante d’historiens chargés d’examiner tous les aspects de la neutralité helvétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Un moratoire de 90 jours a été fixé par certains Etats américains pour que les banques suisses aient le temps de trouver des arrangements avec les ayants-droit des comptes en déshérence de victimes du nazisme, faute de quoi elles s’exposeraient à des sanctions économiques. Sur le front russe, trois personnalités de l’entourage de Boris Eltsine, le premier ministre Victor Thernomyrdine et les deux jeunes réformateurs libéraux Anatoly Tchoubaïs et Boris Nemtov, feront le voyage de Davos. Mais l’Asie sera sous-représentée. Le président philippin Fidel Ramos a annulé sa participation. Dimanche, plusieurs chefs d’Etat, Carlos Menem (Argentine), Eduardo Frei (Chili), le vice-président Thambo Mbeki (Afrique du Sud) et le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif débattront de l’impact de la crise asiatique sur les marchés émergents. (Reuters)
Quelque 2.000 décideurs venus du monde entier se réunissent cette semaine à Davos, l’élégante station de ski des Grisons, pour le traditionnel Forum économique mondial dominé cette année par la tourmente asiatique et le choix des premiers participants à la monnaie unique européenne. Le chancelier Helmut Kohl ouvre jeudi ce rassemblement annuel considéré comme le plus prestigieux au monde. La première dame des Etats-Unis, Hillary Clinton, présente cette année à Davos, suscitera sans doute une discrète curiosité à la lumière de l’affaire Monica Lewinsky, cette jeune stagiaire de la Maison-Blanche avec laquelle Bill Clinton est soupçonné d’avoir eu une liaison. L’épouse du président, dans une vigoureuse défense de son époux, a évoqué un gigantesque complot orchestré dans l’ombre par les ennemis...