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Actualités - Chronologie

Clinton a essayé d'amener l'Amérique à changer de sujet

Empêtré dans un scandale sexuel qui pourrait compromettre son maintien à la Maison-Blanche, le président Bill Clinton a tenté mardi soir de convaincre l’Amérique de changer de sujet en faisant comme si de rien n’était. Mais s’il a bien pris soin de ne faire aucune allusion à ses ennuis dans son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès, Monica Lewinsky, la jeune femme de 24 ans par qui le scandale a éclaté il y a une semaine, était présente dans tous les esprits. Selon des allégations parues dans la presse, Mlle Lewinsky aurait eu une liaison de 18 mois avec M. Clinton et celui-ci lui aurait demandé de mentir à la justice. M. Clinton a eu le soulagement de voir que le Congrès avait choisi de se comporter, lui aussi, comme si rien ne s’était passé, l’accueillant sous les applaudissements et lui évitant une humiliation publique. Son épouse Hillary a également eu droit à une ovation. La cascade d’événements de la semaine passée avait toutefois donné à ce discours une allure quelque peu irréelle. Car si M. Clinton, souriant et apparemment sûr de lui, a fait de son mieux pour donner une impression de normalité, c’est un affrontement sans merci qui se déroule à Washington entre la Maison-Blanche et le procureur chargé de l’affaire Lewinsky, Kenneth Starr, un républicain. La Maison-Blanche, qui avait d’abord accusé le coup pendant plusieurs jours, a amorcé une contre-attaque sur plusieurs fronts. Dans la bataille de propagande entre les deux camps, c’est la «Première Dame» elle-même, Hillary Clinton, qui a pris les choses en main avec une interview télévisée choc mardi dans laquelle elle a mis le scandale au compte d’un «complot de droite». Elle devait donner une deuxième interview mercredi à une autre télévision. Le discours sur l’état de l’Union constituait le deuxième volet de cette contre-attaque. Une même tactique A chaque fois qu’il est en difficulté à cause d’un scandale, la réplique de M. Clinton est identique: montrer aux Américains qu’il est uniquement préoccupé par leurs problèmes quotidiens et par ses responsabilités présidentielles, alors que ses ennemis songeraient seulement à le détruire. L’allocution relève de la même tactique. Plutôt que d’essayer de se disculper une fois de plus, comme il l’avait fait la veille, M. Clinton a préféré consacrer tout son discours, qui a duré 70 minutes, à souligner combien l’Amérique était prospère et à présenter des programmes sociaux qu’une majorité d’Américains voient d’un très bon œil. Il est vrai que ce terrain lui est favorable. «C’est une belle époque pour l’Amérique», a-t-il lancé, énumérant une série de données sur le chômage, l’inflation et les revenus. Tous les sondages montrent que même dans la crise actuelle, les Américains, dans leur grande majorité, font la différence entre Clinton le président, dont ils apprécient la performance, et Clinton l’homme, au sujet duquel ils ne se font depuis longtemps plus aucune illusion. «Je serais surpris s’il y avait quelque chose qui amène les gens à ne plus se préoccuper du système de retraite, de l’éducation de leurs enfants, à ne plus se soucier de savoir s’ils ont une assurance médicale ou s’il y a une menace de l’Irak, à ne plus s’inquiéter de la délinquance ou de l’environnement», a commenté le principal conseiller économique de M. Clinton, Gene Sperling, comme on lui demandait s’il craignait que le scandale n’accapare l’attention du public. Les thèmes abordés par le président «sont les choses importantes auxquelles les gens s’intéressent», a-t-il poursuivi. Le principal élément de l’allocution, aux yeux de la Maison-Blanche, réside dans une proposition pour que tout excédent budgétaire soit intégralement utilisé afin de garantir la solvabilité du système de retraite. «C’est un message que l’Américain moyen comprend», a souligné M. Sperling. Personne à la Maison-Blanche ne s’imagine une seconde que cela suffira à calmer la presse américaine, plus préoccupée depuis une semaine par la vie sexuelle de M. Clinton que par la crise irakienne ou le retour à l’équilibre budgétaire. Mais M. Clinton pense visiblement que cela peut l’aider à gagner la bataille de l’opinion publique. (AFP)
Empêtré dans un scandale sexuel qui pourrait compromettre son maintien à la Maison-Blanche, le président Bill Clinton a tenté mardi soir de convaincre l’Amérique de changer de sujet en faisant comme si de rien n’était. Mais s’il a bien pris soin de ne faire aucune allusion à ses ennuis dans son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès, Monica Lewinsky, la jeune femme de 24 ans par qui le scandale a éclaté il y a une semaine, était présente dans tous les esprits. Selon des allégations parues dans la presse, Mlle Lewinsky aurait eu une liaison de 18 mois avec M. Clinton et celui-ci lui aurait demandé de mentir à la justice. M. Clinton a eu le soulagement de voir que le Congrès avait choisi de se comporter, lui aussi, comme si rien ne s’était passé, l’accueillant sous les applaudissements et lui...