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Actualités - Chronologie

Le mensonge, péché capital pour les américains

La notion de mensonge revient constamment dans le débat moral en Amérique et fait figure de péché capital pour les Américains qui seraient prêts à voir Bill Clinton, un président dont ils reconnaissent pourtant les qualités, démissionner s’il s’avérait qu’il a menti sous serment. Un sondage publié dans le «Washington Post» indiquait que 63% des Américains souhaiteraient voir Bill Clinton démissionner (contre 32%) s’il était prouvé que le président américain n’a pas dit la vérité lors de sa déposition sous serment, le 17 janvier. Selon la presse, Bill Clinton aurait démenti toute relation sexuelle avec Monica Lewinsky lors de cette déposition. Le président l’a du reste répété publiquement depuis le début de l’affaire. Et cependant, une très large majorité d’Américains considèrent, dans tous les sondages récents, que Bill Clinton est un bon président. Les Américains, explique Joseph Kupfer, de l’université d’Etat de l’Iowa, n’attendent pas de leur président «une honnêteté sincère et la candeur la plupart du temps». Ils comprennent notamment que les intérêts de sécurité nationale puissent amener l’hôte de la Maison-Blanche à ne pas dire toute la vérité à ses compatriotes. Néanmoins, souligne l’universitaire, il en est tout autrement devant la justice. «Vous devez respecter la loi», dit-il, faute de quoi «la démocratie s’effondrera». Le président, comme n’importe quel citoyen, après avoir juré «devant Dieu de dire la vérité», se doit de ne pas mentir devant un juge. La liberté de parole, fondamentale depuis les origines des Etats-Unis, a pour corollaire la responsabilité de ses propos, poursuit Joseph Kupfer. Et c’est bien la raison pour laquelle les actions ou déclarations pouvant remonter à des années sont inlassablement passées au crible en Amérique et que toute personne, l’hôte de la Maison-Blanche y compris, pourra éventuellement avoir à se justifier sur des mesures ou des propos anciens. Le phénomène est bien évidemment encore amplifié lorsque des considérations politiques entrent en ligne de compte. L’affaire Whitewater, un scandale financier dans lequel le couple Clinton a été mis en cause, remonte ainsi à la fin des années soixante-dix. La dépouille de l’ancien ambassadeur américain en Suisse, Larry Lawrence, a été exhumée en décembre du célèbre cimetière militaire d’Arlington (Virginie), lorsqu’il s’est avéré qu’il n’avait pas dit toute la vérité sur ses états de service pendant la Seconde Guerre mondiale. «USA Today» relève les dangers que présentait le démenti très ferme prononcé lundi par Bill Clinton dans l’affaire Lewinsky. «Un démenti catégorique est un risque catégorique», titre le quotidien, en soulignant que la stratégie adoptée par la Maison-Blanche pourrait s’avérer «un désastre si une preuve de l’affaire fait surface». (AFP)
La notion de mensonge revient constamment dans le débat moral en Amérique et fait figure de péché capital pour les Américains qui seraient prêts à voir Bill Clinton, un président dont ils reconnaissent pourtant les qualités, démissionner s’il s’avérait qu’il a menti sous serment. Un sondage publié dans le «Washington Post» indiquait que 63% des Américains souhaiteraient voir Bill Clinton démissionner (contre 32%) s’il était prouvé que le président américain n’a pas dit la vérité lors de sa déposition sous serment, le 17 janvier. Selon la presse, Bill Clinton aurait démenti toute relation sexuelle avec Monica Lewinsky lors de cette déposition. Le président l’a du reste répété publiquement depuis le début de l’affaire. Et cependant, une très large majorité d’Américains considèrent, dans...